Le gouvernement Legault veut affranchir Hydro-Québec de la Régie de l’énergie

Au total, ce sont «près de 1,5 milliard de dollars sous forme de remise et d’économies» qui seront alloués aux clients d’Hydro-Québec en cinq ans.
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne Au total, ce sont «près de 1,5 milliard de dollars sous forme de remise et d’économies» qui seront alloués aux clients d’Hydro-Québec en cinq ans.

La hausse des tarifs d’électricité sera dorénavant indexée sur l’inflation, tranche le gouvernement caquiste. Hydro-Québec se frotte les mains.

Finis les « soubresauts » tarifaires. « Après avoir écouté les Québécois, le gouvernement a décidé de simplifier la manière dont les tarifs d’électricité du Québec sont établis », a fait valoir le ministre de l’Énergie, Jonatan Julien, après avoir déposé le projet de loi 34 à l’Assemblée nationale, mercredi.

Celui-ci prévoit un gel des tarifs d’Hydro-Québec en 2020, puis leur indexation sur l’indice du coût de la vie en 2021, 2022, 2023 et 2024. « En gelant les tarifs en 2020, on permet d’économiser pour l’ensemble des clients 195 millions pour [2020]. Donc sur cinq ans, puisque ce gel va se traduire dans les quatre prochaines années, ce sont des économies de 1 milliard de dollars qui seront engendrées par cette réforme », a suggéré M. Julien, flanqué de deux téléviseurs sur lesquels des graphiques défilaient. « À la fin des cinq ans, il y aura tout un processus avec la Régie de l’énergie pour voir si ces tarifs-là qui sont basés sur les revenus et les dépenses sont concordants », a-t-il poursuivi.

L’élu libéral Gaétan Barrette appréhende une « hausse brutale » de la facture d’électricité au terme des cycles de cinq ans. Le ministre Jonatan Julien lui a reproché d’agiter des « épouvantails ». Il « n’y aura pas de surprise » pour les clients d’Hydro-Québec en 2025, lui a-t-il assuré par médias interposés.

Puisque ses tarifs croîtront au gré de l’inflation, Hydro-Québec n’aura plus à demander à Régie de l’énergie de fixer son taux de rendement. « C’est Hydro-Québec qui devra assumer les risques liés à la fluctuation des revenus. La société d’État sera, par le fait même, incitée à fonctionner avec encore plus d’efficacité », a souligné M. Julien, se félicitant d’avoir « allégé » un « mécanisme très dispendieux, très énergivore » de fixation des tarifs devant la Régie de l’énergie. Il ne faut pas voir dans le projet de loi 34 un « désaveu du rôle de la Régie » de la part du gouvernement caquiste, a mentionné M. Julien. « La Régie a un rôle hyper important pour protéger les consommateurs, faire le suivi des plaintes tant au niveau de l’électricité que du gaz naturel et de toutes les sources d’énergie », a-t-il soutenu.

La vice-présidente d’Hydro-Québec, Élise Proulx, était ravie. « Nos revenus sont maintenant connus. Alors, ça va être à nous de gérer de manière efficace pour nos coûts soient inférieurs à nos revenus », a-t-elle déclaré dans un impromptu de presse. « On est extrêmement satisfaits. On est favorables au projet de loi 34. » Le programme d’investissements de la société d’État demeure intact, a-t-elle assuré à la presse.

D’autre part, la société d’État offrira un « rabais » de quelque 500 millions à ses clients en guise de compensation pour les « trop-perçus » qu’elle a engrangés — soit 94,4 millions en moyenne par année. Dès le début de l’année 2020, les clients résidentiels se verront allouer une remise 250 millions ; les clients commerciaux, institutionnels et petits industriels, 190 millions ; et les clients grands industriels ; 60 millions. Hydro-Québec puisera ce demi-milliard dans une réserve pour éventualités (380 millions) et des trop-perçus de 2018 (120 millions). Une famille de quatre personnes habitant une maison unifamiliale dont le compte d’électricité oscille autour de 150 $ bénéficiera d’un rabais 215 $ sur cinq ans, a illustré M. Julien.

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