Le plan d’action que Carmant destine à la DPJ n’est pas prêt

«Mes attentes personnelles sont élevées dans ce dossier-là. Je pense qu’il n’y a personne qui se met plus de pression que moi pour régler ce dossier-là», a affirmé le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne «Mes attentes personnelles sont élevées dans ce dossier-là. Je pense qu’il n’y a personne qui se met plus de pression que moi pour régler ce dossier-là», a affirmé le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant.

Les impatients devront ravaler leur sentiment d’urgence : le ministre Lionel Carmant n’est toujours pas prêt à présenter un plan d’action destiné à s’attaquer au problème des listes d’attente de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ).

Lors d’un bref entretien avec La Presse canadienne, le ministre a accepté d’ouvrir un peu son jeu dans ce dossier pour la première fois, lundi en fin de journée, alors que les voix se multiplient pour faire pression sur lui en vue de réclamer de toute urgence un plan d’action crédible, avec un échéancier et des mesures concrètes, pour venir en aide aux enfants vulnérables.

« Mes attentes personnelles sont élevées dans ce dossier-là. Je pense qu’il n’y a personne qui se met plus de pression que moi pour régler ce dossier-là », a commenté le ministre, qui sortait de la commission parlementaire chargée d’étudier le projet de loi 2 sur le cannabis.

Mais il admet qu’il est toujours incapable de tracer un portrait général des besoins en matière de ressources additionnelles à fournir aux DPJ de tout le réseau, pour raccourcir les délais entre un signalement et l’évaluation.

Il admet aussi qu’il n’a pas été très « précis » jusqu’à maintenant, en matière d’échéances à fournir et de mesures à prendre pour mieux répondre aux besoins.

« La raison pourquoi je ne suis pas précis », dit-il, c’est que le processus prend du temps : il a demandé à toutes les DPJ du réseau (par l’entremise des CISSS et des CIUSSS desquels ces organismes relèvent) de lui fournir un « plan d’action » local décrivant leurs besoins pour améliorer les services aux enfants.

Mais le réseau n’a pas d’échéance précise à respecter et cette étape n’est pas encore complétée.

Quand elle le sera, le ministre dit qu’il pourra alors avoir une vue d’ensemble des besoins pour tout le territoire québécois et « on va établir notre plan d’attaque ».

Et quand cela aura-t-il lieu ? « Le plus tôt possible », répond le ministre, qui refuse toujours de fixer une date.

Il rappelle qu’il a réussi à débloquer 18 millions dans le dernier budget du gouvernement, ce qui devrait permettre de procéder à l’embauche de 150 personnes « pour consolider les équipes ».

Questionné sur le pourcentage des besoins budgétaires auquel cette somme correspond, il a dit refuser « de spéculer ». Il faut d’abord connaître « les besoins de chaque région avant de répondre à cette question », dit-il, disant avoir confiance d’obtenir les budgets additionnels nécessaires.

Il reconnaît cependant que les 18 millions annoncés au printemps seront loin d’être suffisants pour éliminer les listes d’attente. « Ça va aider, mais pour vider les listes d’attente, ça va prendre un autre geste significatif. Ça, c’est sûr. »

Le Québec a dépassé le cap des 100 000 signalements annuels — un bond de 12 % l’an dernier seulement —, laissant des milliers d’enfants vulnérables sur des listes d’attente, et de plus en plus longtemps, faute de personnel pour s’en occuper.

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