Québec verse 17 millions pour un projet en cybersécurité

<p>De passage dans le nouvel incubateur d’innovation baptisé LABoite du cégep de l’Outaouais, M. Legault a déclaré qu’il faut «changer notre culture» de l’éducation au Québec et arrêter d’avoir peur de «créer de la richesse».</p>
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne

De passage dans le nouvel incubateur d’innovation baptisé LABoite du cégep de l’Outaouais, M. Legault a déclaré qu’il faut «changer notre culture» de l’éducation au Québec et arrêter d’avoir peur de «créer de la richesse».

Le premier ministre François Legault avait promis de faire de la création d’emplois bien rémunérés une « obsession ». C’est donc avec le sourire fendu jusqu’aux oreilles qu’il a annoncé la participation du gouvernement du Québec pour la création d’un consortium en cybersécurité, qui pourrait mener à la création de 400 emplois de 90 000 $ par année en moyenne dans les cinq prochaines années.

Québec injecte 17 millions de dollars — soit le quart de l’enveloppe totale de 68 millions de dollars — dans cette nouvelle initiative qui permettra de favoriser la réalisation de partenariats entre les grandes entreprises, les PME, les universités et les centres de recherche. Les efforts seront menés par le consortium de recherche PROMPT, décrit par son directeur général Luc Sirois comme « l’entremetteur en chef ici au niveau des technologies de l’information au Québec ».

De passage dans le nouvel incubateur d’innovation baptisé LABoite du cégep de l’Outaouais, M. Legault a déclaré qu’il faut « changer notre culture » de l’éducation au Québec et arrêter d’avoir peur de « créer de la richesse ».

« J’ai été trois années ministre de l’Éducation. […] On m’accusait à l’époque d’être utilitariste parce que j’étais un méchant homme d’affaires qui voulait utiliser les établissements d’enseignement », a-t-il lancé. Pourtant, les alliances entre éducation et entreprises privées existent dans des pays sociaux-démocrates, comme la Suède, a comparé M. Legault. Mais ce sont plutôt les comparaisons entre le Québec et l’Ontario qui ont accaparé l’essentiel du discours du premier ministre québécois, vendredi. M. Legault a répété qu’il existe encore un « écart » à combler entre les salaires du Québec et de l’Ontario, question de ne pas perdre les Québécois « de l’autre côté » de la rivière des Outaouais.

C’est pourquoi il dit qu’il « adore » ce genre d’annonces qui promettent de créer des emplois bien payés, tout en remplissant les coffres de l’État avec les impôts supplémentaires, dit-il. « On a l’air ben généreux avec notre 17 millions de dollars, mais si vous faites le calcul, des revenus additionnels qui vont rentrer au gouvernement du Québec, on va se payer ben rapidement. C’est “smatte” au niveau économique ! » s’est-il vanté.

L’initiative annoncée vendredi a pour objectif de faire croître ou de retenir des PME qui développent des solutions en cybersécurité, mais aussi de favoriser l’attraction des grandes entreprises. Il est prévu que ce bassin de chercheurs « profite » aux établissements universitaires québécois tout en « renforçant des partenariats » avec des entreprises.

Pour l’heure, le projet regroupe quelque 50 sous-projets, dont quatre grandes entreprises — Deloitte, Desjardins, la Banque Nationale du Canada et Groupe RHEA —, 11 PME, la Ville de Gatineau, 8 universités et centres de recherche publics, ainsi que l’incubateur Galilei, affilié à l’Université Concordia.

M. Legault s’est défendu de vouloir utiliser des fonds publics pour favoriser des entreprises qui ont déjà les moyens de financer la recherche. « Il faut se sortir de cette dynamique-là où on essaie de laisser entendre que ce n’est pas une bonne idée d’aider une grande entreprise qui a un projet intéressant pour créer des emplois payants », a-t-il dit.

Le directeur général de PROMPT rappelle que même si le Québec veut être un chef de file dans l’intelligence artificielle, les « menaces dans le monde du numérique sont de plus en plus présentes ». « À la base, il faut être capable, aussi, de protéger nos données, de protéger nos citoyens, nos entreprises, nos institutions, protéger nos villes, nos gouvernements. Pour ça, il faut innover », dit-il.