Pas de réforme électorale sans parité

En octobre dernier, les électeurs ont permis au Québec de rattraper son retard en matière de parité en envoyant 42,2% de femmes sur les bancs de l’Assemblée nationale, contre au plus 30% par le passé.
Photo: Renaud Philippe Le Devoir En octobre dernier, les électeurs ont permis au Québec de rattraper son retard en matière de parité en envoyant 42,2% de femmes sur les bancs de l’Assemblée nationale, contre au plus 30% par le passé.

La réforme du mode de scrutin que Québec pourrait mettre en marche en octobre prochain devrait impérativement inclure des « mesures concrètes et vérifiables » pour rendre obligatoire la parité entre hommes et femmes au sein de l’Assemblée nationale. C’est du moins le message envoyé dimanche au premier ministre François Legault par une imposante coalition qui estime que la transformation du mode de représentation politique au Québec doit tenir compte du fait que la moitié de la population est composée de femmes.

« L’amélioration, de manière durable, de la représentation paritaire des femmes est indissociable d’une réforme du mode de scrutin, qui vise à corriger les défauts de représentation citoyenne, a indiqué Thérèse Mailloux, présidente du Groupe Femmes, Politique et Démocratie, lors d’une conférence de presse tenue à Montréal. Actuellement, aucune disposition de la loi électorale ne contraint les partis à une représentation équilibrée des femmes et des hommes, de telle sorte que des reculs sont tout à fait possibles si rien n’est fait. »

Québec s’est engagé à déposer un projet de loi le 1er octobre prochain visant à revoir les règles de fonctionnement des élections pour que la représentation politique au sein de l’Assemblée nationale reflète davantage le vote exprimé par les électeurs, particulièrement pour les tiers partis.

Avec la montée des valeurs de droite et du populisme, nous savons que les avancées relatives à l’égalité entre les femmes et les hommes sont fragiles

Ce nouveau mode de scrutin proportionnel mixte compensatoire est soutenu par l’ensemble des partis politiques, incluant la CAQ, qui se sont entendus sur des principes, dont celui d’une meilleure représentation des femmes.

« Ce mode de scrutin offre plusieurs possibilités de mesures, comme l’alternance femme-homme dans les listes de candidates et de candidats présentés par les partis, a indiqué Françoise David, vice-présidente du Mouvement démocratie nouvelle et porte-parole de la coalition, qui rassemble les principales organisations syndicales du Québec, des groupes de femmes et des étudiants. Plusieurs pays dans le monde les utilisent d’ailleurs pour une meilleure parité dans la représentation. »

Le groupe exige que la réforme ne passe pas à côté de cette transformation « historique » du mode de scrutin en inscrivant à l’intérieur cette « valeur fondamentale du Québec » sur l’égalité homme-femme. Il réclame également une rencontre avec le premier ministre afin de s’assurer de son appui sur cette question.

En octobre dernier, les électeurs ont permis au Québec de rattraper son retard en matière de parité en envoyant 42,2 % de femmes sur les bancs de l’Assemblée nationale, contre au plus 30 % par le passé. La province a ainsi atteint le 11e rang mondial dans la représentation des femmes, alors que le Canada est au 62e rang. Les femmes représentent 50 % des ministres du gouvernement, mais aussi 47 % des cadres de la fonction publique québécoise. Cependant, des contraintes légales restent nécessaires pour maintenir et améliorer ce portrait, croit la coalition.

« Avec la montée des valeurs de droite et du populisme, nous savons que les avancées relatives à l’égalité entre les femmes et les hommes sont fragiles », a indiqué Mme Mailloux.