Le ministre Carmant demande à la DPJ de mieux communiquer

La Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse a dévoilé mercredi les conclusions d’une enquête sur la mort de la petite Rosalie Gagnon, une fillette de deux ans qui avait été retrouvée sans vie dans un bac à ordures dans le secteur de Charlesbourg à Québec en avril 2018.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne La Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse a dévoilé mercredi les conclusions d’une enquête sur la mort de la petite Rosalie Gagnon, une fillette de deux ans qui avait été retrouvée sans vie dans un bac à ordures dans le secteur de Charlesbourg à Québec en avril 2018.

La Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) est de nouveau mise en cause dans la mort d’une fillette, alors que le gouvernement Legault s’apprête à rencontrer les partis d’opposition pour poser les premiers jalons de sa grande révision des services à l’enfance.

La Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse a dévoilé mercredi les conclusions d’une enquête sur la mort de la petite Rosalie Gagnon, une fillette de deux ans qui avait été retrouvée sans vie dans un bac à ordures dans le secteur de Charlesbourg à Québec en avril 2018. Sa mère, Audrey Gagnon, est accusée de meurtre non prémédité et d’outrage à un cadavre. Elle doit subir son procès le 3 septembre.

Six jours avant la découverte du corps, la jeune mère avait été expulsée avec son enfant de la Maison Marie-Rollet, une maison d’hébergement pour femmes en détresse. Un manque de communication avec la DPJ aurait contribué au drame.

« L’enquête a effectivement démontré qu’une incompréhension du rôle, du mandat et des attentes, entre la DPJ et la maison d’hébergement, a occasionné des problèmes de collaboration et de transmission d’informations essentielles à la protection de cette enfant », a écrit l’organisme dans un communiqué mercredi, sans dévoiler l’entièreté du rapport d’enquête pour des raisons de confidentialité.

« C’est le genre de pratiques que nous, on ne veut plus voir se reproduire, puis c’est pour ça qu’on compte mettre en avant cette commission, qui va regarder différents intervenants dans la protection de nos jeunes », a réagi le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant.

Il a demandé au Directeur de la protection de la jeunesse de la Capitale-Nationale de corriger le tir. « Ce qu’on a dit à la DPJ de la Capitale-Nationale, c’est qu’elle avait trois mois pour instaurer ce genre de communications là et également pour demander aux organismes communautaires qu’ils soient mieux informés sur les procédures de la DPJ si on ne veut pas que ces choses-là se reproduisent. »

Il rencontrera également les gestionnaires des autres DPJ dans toutes les régions du Québec jeudi pour leur envoyer un message similaire.

Rencontre avec les partis d’opposition

Entre-temps, l’élaboration de la commission spéciale sur les services à l’enfance est en cours. Une rencontre entre le gouvernement et les partis d’opposition aura lieu jeudi, a confirmé une source gouvernementale. Il sera question des modalités de cette révision complète et non partisane promise par le premier ministre François Legault, au début du mois, 48 heures après la mort tragique d’une fillette à Granby.

Plusieurs médias ont rapporté que le gouvernement avait approché l’ex-présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ), Régine Laurent, pour diriger cette commission. Celle qui est désormais analyste à l’émission La joute de TVA n’était pas à l’antenne mercredi parce qu’elle a reçu une offre d’emploi, a confirmé Le Devoir.

« On a soumis une liste d’une dizaine de noms, et c’est en train de se travailler », a indiqué le ministre Carmant. « On n’a pas parlé à Mme Laurent encore », a-t-il ensuite répondu, lorsqu’un journaliste lui a demandé si elle avait pris sa décision.

Pour le député de Québec solidaire, Sol Zanetti, la solution est simple : le gouvernement doit injecter de l’argent. « Il faut aussi qu’on remette des moyens dans le système pour que les gens aient le temps de communiquer, qu’ils aient le temps de faire les choses, puis de suivre leur monde jusqu’au bout, parce que ce qui s’est passé dans Charlesbourg, ce qui s’est passé à Granby, ça peut se passer en ce moment partout au Québec dans toutes les municipalités », a-t-il déploré.

Avec La Presse canadienne

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