L’interdiction de signes religieux n’affectera pas plus les femmes, selon Québec

Mardi, la mairesse de Montréal, Valérie Plante, a affirmé s’inquiéter de l’impact de l’interdiction du port des signes religieux sur le taux d’emploi des femmes immigrantes.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Mardi, la mairesse de Montréal, Valérie Plante, a affirmé s’inquiéter de l’impact de l’interdiction du port des signes religieux sur le taux d’emploi des femmes immigrantes.

L’interdiction du port de signes religieux chez les employés de l’État en position d’autorité n’affectera pas plus les femmes que les hommes, dit le gouvernement Legault.

Mercredi, le ministre de l’Immigration, Simon Jolin-Barrette, a refusé de faire une analyse différenciée selon les sexes, comme le lui avait demandé la Ville de Montréal la veille.

Selon lui, le projet de loi 21 s’applique de manière égale aux femmes, aux hommes, aux chrétiens, aux musulmans, aux juifs, aux sikhs, etc.

« Le projet de loi touche toutes les religions, autant les hommes que les femmes, donc […] il n’y a pas de nécessité de faire une analyse différenciée selon les sexes », a déclaré M. Jolin-Barrette en mêlée de presse.

De l’aveuglement volontaire, rétorque la porte-parole libérale en matière de laïcité, et ex-ministre responsable de la Condition féminine, Hélène David. Au moins 80 % des enseignants au Québec sont des femmes.

« Pas besoin d’être mathématicien pour savoir que si on parle de 80 %, on parle de beaucoup plus de femmes qui sont touchées que d’hommes », a-t-elle affirmé en entrevue dans son bureau du parlement.

« Quand le ministre dit : “Non, on n’a pas besoin de [l’analyse] et non les femmes ne sont pas plus touchées que les hommes”, bien je regrette, j’appelle ça de l’aveuglement volontaire », a-t-elle renchéri.

Il est clair pour la députée de Marguerite-Bourgeoys que ce sont les femmes qui portent le hidjab qui sont visées, parce qu’elles sont les plus visibles dans les circonstances.

Elle fait le même constat que le sociologue émérite Guy Rocher, qui la veille avait dit en commission que les signes associés à l’islam sont aujourd’hui beaucoup plus visibles que ceux issus du catholicisme. « Les signes visibles vont être plus faciles à repérer et à demander à la personne de ne plus le porter, ou ne pas lui accorder de promotion ou ne pas lui permettre de changer de commission scolaire, dit Mme David, et c’est clair que c’est beaucoup des femmes. »

Selon elle, peu d’enseignants portent la kippa juive. N’eût été du hidjab, « est-ce qu’on serait allé jusqu’à un projet de loi comme ça ? La question se pose très sérieusement ».

Mardi, la mairesse de Montréal, Valérie Plante, a affirmé s’inquiéter de l’impact de l’interdiction du port des signes religieux sur le taux d’emploi des femmes immigrantes.

D’après elle, le taux de chômage est deux fois plus élevé chez les femmes issues de l’immigration que chez celles natives du Québec ou qui sont arrivées dans les cinq dernières années. Elle a exhorté le gouvernement à faire une analyse différenciée selon les genres pour mesurer l’impact du projet de loi sur les femmes.

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