La voie de contournement de Lac-Mégantic sera prête en 2022

La voie de contournement qui permettra que les convois ferroviaires ne traversent plus le centre-ville de Lac-Mégantic aura une longueur de 12,4 km.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir La voie de contournement qui permettra que les convois ferroviaires ne traversent plus le centre-ville de Lac-Mégantic aura une longueur de 12,4 km.

Le ministre de l’Environnement du Québec a annoncé lundi qu’il mandate le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) pour étudier le projet de voie ferrée de contournement de Lac-Mégantic. Selon les documents publiés par le gouvernement, la mise en service de la voie est prévue pour « l’automne 2022 », soit près de dix ans après la tragédie.

« Les enjeux que soulève le projet, notamment au sujet de la sécurité du public et l’acceptabilité sociale du projet, justifient la tenue d’une audience publique », a fait valoir le ministre Benoit Charette, dans la « lettre mandat » du BAPE, qui doit débuter le 10 juin.

Selon la « description du projet » qui sera soumis au processus d’audiences publiques, la voie qui permettra que les convois ferroviaires ne traversent plus le centre-ville de Lac-Mégantic aura une longueur de 12,4 km.

La voie sera située sur le territoire des municipalités de Nantes, de Lac-Mégantic et de Frontenac. Le projet comprend également la construction de cinq passages à niveau publics et de deux ponts routiers. Un nouveau pont ferroviaire doit également être construit au-dessus de la rivière Chaudière.

Automne 2022

Selon l’évaluation inscrite dans l’étude d’impact, le projet doit coûter 133 millions de dollars. La facture sera payée à 60 % par le gouvernement fédéral et à 40 % par le gouvernement provincial.

Après des années d’attente des citoyens de la région, on prévoit finalement que « les travaux débuteront en 2021 », mais aussi que la mise en service de la nouvelle voie intervienne « pour l’automne 2022 ».


Le tronçon sera donc achevé près de dix ans après la tragédie de Lac-Mégantic, survenue dans la nuit du 5 au 6 juillet 2013. Un convoi transportant du pétrole brut destiné à la raffinerie Irving au Nouveau-Brunswick avait alors déraillé, puis explosé au coeur de Lac-Mégantic, tuant 47 personnes.

Plusieurs personnes ont aussi souffert de séquelles psychologiques importantes, selon une étude menée par la Santé publique de l’Estrie. Qui plus est, le pétrole a lourdement contaminé la rivière Chaudière.

 

Rencontre publique

Pour le maire de Frontenac, Gaby Gendron, il est toutefois important que le gouvernement fédéral soit à l’écoute des demandes de sa municipalité concernant la future gare de triage.

Selon les plans actuels, elle doit être située sur le territoire de Frontenac, ce que conteste le maire. Celui-ci souhaiterait plutôt que l’infrastructure soit aménagée dans le parc industriel de Lac-Mégantic.

Le ministre des Transports, Marc Garneau, aurait d’ailleurs démontré « une ouverture » à ce sujet, a expliqué M. Gendron au Devoir, lundi. « Mais il y a une différence entre une ouverture et un projet concret », a-t-il ajouté.

Il compte donc présenter cette demande lors d’une rencontre prévue ce jeudi dans la région et à laquelle assisteront notamment des représentants de Transport Canada. Des représentants du gouvernement du Québec doivent aussi participer à cette rencontre publique.

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