Uber demande à Québec une baisse de la redevance pour les taxis

Des chauffeurs d’Uber et de Lyft ont manifesté dans dix grandes villes américaines, jeudi, pour réclamer de meilleures conditions salariales.
Photo: Eric Risberg Associated Press Des chauffeurs d’Uber et de Lyft ont manifesté dans dix grandes villes américaines, jeudi, pour réclamer de meilleures conditions salariales.

Les services d’Uber seront parmi les plus dispendieux en Amérique du Nord si le gouvernement impose la redevance de 0,90 $ par course pour indemniser les chauffeurs de taxi, selon le porte-parole de la multinationale du Canada. L’entreprise entrera en bourse aux États-Unis vendredi.

« Nous prenons acte de la volonté du gouvernement du Québec de dédommager les propriétaires de taxi traditionnel, mais suggérons fortement de réduire la redevance à 0,30 $ sur toutes les courses partagées comme UberPool, ce qui équivaut à diviser la redevance par rapport au nombre de sièges disponibles », a proposé Jean-Christophe de Le Rue en commission parlementaire jeudi lors de l’étude du projet de loi 17.

Cette législation libéralisera l’industrie du taxi et ouvrira la porte à de nouveaux joueurs, comme Uber, Lyft et Eva.

M. de Le Rue a invité le ministre des Transports, François Bonnardel, à trouver un équilibre entre le fait « d’encourager la nouvelle mobilité et la compensation » des chauffeurs, mais a dit du même souffle faire « confiance au législateur québécois ».

Cette demande a été accueillie avec scepticisme par les partis d’opposition qui n’ont pas manqué de souligner la grève récente des chauffeurs aux États-Unis, qui demandent une meilleure rémunération.

« [Ça] va peut-être être le prix Uber le plus élevé en Amérique du Nord, mais ça ne sera certainement pas le prix net aux chauffeurs », a remarqué le député libéral Gaétan Barrette.

« Qui devrait payer la compensation des chauffeurs de taxi pour la perte de valeur de leurs permis ? », a demandé la députée solidaire Ruba Ghazal.

Le député du Parti québécois, Joël Arseneau, a exposé l’achat par Uber de l’entreprise Careem au Maroc pour 3,1 milliards. « Et si le gouvernement du Québec vous avait proposé d’acquérir l’ensemble de la flotte de taxi pour 1,3 milliard ? », a-t-il suggéré.

« Notre compétiteur à nous, c’est l’auto solo, a répondu M. de Le Rue. Dans le cas de Careem, ce sont des compagnies similaires avec qui nous avons eu des discussions. »

Face à la grogne des chauffeurs, le ministre des Transports, François Bonnardel, a annoncé en avril son intention d’imposer une redevance de 0,90 $ par course pour générer 260 millions supplémentaires pour compenser la perte de valeur des permis de taxi. Cette somme s’ajouterait aux 500 millions déjà annoncés et au fonds de modernisation de l’industrie de 44 millions.

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1 commentaire
  • Gilles Théberge - Abonné 10 mai 2019 13 h 33

    Je sais que mon commentaire ne sera pas écouté ni même entendu par la direction du Devoir qui se fiche bien de l'opinion de ses lecteurs après tout. Mais malgré cet article de bonne tenue, bien écrit et tout, la vignette qui le coiffe exprime des événement et une culture étrangère !.

    Autrement dit, les gens du devoir se fichent absolument de ses lecteurs, en mettant une photo sans aucun rapport avec le texte de madame Crète. C'est quoi le rapport entre ce américains sur la photo et le contenu de cet article... ?

    Madame Crète qui ne peut être blâmée pour cet impair qui a tendance à se répéter....

    Misère de misère...