Des fonds publics pour promouvoir la laïcité de l’État

Le premier ministre François Legault
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le premier ministre François Legault

Le débat en cours sur la laïcité de l’État et le port de signes religieux a son prix : le gouvernement Legault a consacré à ce jour 63 262 $ pour convaincre la population d’adhérer à sa vision des choses.

Au total, début avril, Québec a dépensé 52 183 $ en achat de pleines pages couleur de publicité dans huit quotidiens francophones et un anglophone, pour faire écho au message à la nation livré par le premier ministre François Legault le dimanche 31 mars sur sa page Facebook.

Le gouvernement Legault a de plus allongé 11 079 $ pour promouvoir sur Facebook et Google son controversé projet de loi 21, qui définit sa conception de la laïcité de l’État.

Sur le Web, les fonds publics ont servi à acheter des mots-clés sur Google et assurer du placement sponsorisé sur Facebook.

Ces informations ont été obtenues par La Presse canadienne, à la suite d’une demande d’accès à l’information.

L’offensive publicitaire gouvernementale diffusée dans les quotidiens reprenait essentiellement le même message que la capsule vidéo de quelques minutes préparée fin mars par le premier ministre.

Autour du thème : « Laïcité : se rassembler pour une avancée historique », le message misait sur la nécessaire séparation à assurer entre la religion et l’État, et s’achevait sur ces mots, « au Québec, c’est comme ça qu’on vit ».

La campagne publicitaire a été conçue par les services de communication du gouvernement, sans recourir à une firme extérieure.

La consultation publique autour du projet de loi 21 débute mardi. Ce projet de loi prévoit interdire à toute une série d’employés de l’État de porter des signes religieux dans l’exercice de leurs fonctions, qu’ils soient issus du secteur scolaire (enseignants et directeurs d’école au primaire et au secondaire du réseau public) ou reliés au secteur judiciaire avec pouvoir coercitif (policiers, gardiens de prison, procureurs).

Il inclut une clause de droits acquis pour les employés actuels et une clause dérogatoire pour le soustraire à d’éventuelles contestations judiciaires.

LE COURRIER DE LA COLLINE

Chaque jeudi, l'équipe du Devoir à Québec résume l'essentiel de la semaine parlementaire. Retrouvez aussi la note de Michel David, notre chroniqueur politique. Inscrivez-vous, c'est gratuit!


En vous inscrivant, vous acceptez de recevoir les communications du Devoir par courriel.