Drame de Granby: le ministre Roberge à la défense de la Commission scolaire

Un mausolée de peluches a été érigé en face de la maison de l’enfant décédée mardi à Granby des suites de sévices.
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne Un mausolée de peluches a été érigé en face de la maison de l’enfant décédée mardi à Granby des suites de sévices.

Les enfants qui font l’objet d’un signalement à la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) ne devraient jamais être retirés de leur école, selon la députée libérale de Saint-Laurent, Marwah Rizqy.

« L’école est un refuge pour les enfants abusés par leurs parents, a fait valoir Mme Rizqy vendredi. Il faudrait modifier le protocole pour que, dès qu’il y a un signalement à la DPJ, on ne puisse plus retirer un enfant de son école. »

La députée réagissait aux révélations selon lesquelles la fillette décédée mardi à Granby avait été renvoyée chez elle par la Commission scolaire du Val-des-Cerfs.

Selon les explications fournies jeudi par le ministre de l’Éducation Jean-François Roberge, l’enfant âgée de 7 ans avait quitté son école « il y a quelques semaines » et devait normalement être « scolarisée à la maison ».

C’est la Direction de la protection de la jeunesse qui aurait dû prendre le relais. L’enfant aurait dû recevoir de l’aide des services sociaux.

 

Son père et la Commission scolaire auraient convenu de ce plan en raison des « difficultés » vécues par la petite fille en milieu scolaire, a-t-il expliqué.

À l’origine, la Commission scolaire devait prendre en charge l’enseignement à domicile. Or, le père aurait finalement décidé de s’en charger lui-même et fait savoir à la Commission scolaire qu’il allait s’inscrire au programme du gouvernement d’école à la maison.

Or, « on ne s’est jamais rendus là », a mentionné le ministre Roberge. Jointe vendredi après-midi, la Commission scolaire n’a pas rappelé Le Devoir.

Les services sociaux

Jeudi, le ministre s’était toutefois porté à sa défense de la Commission scolaire en laissant entendre qu’elle n’était pas responsable de la triste fin de la petite. « Bon, sincèrement, ce n’est pas ça qui aurait changé quoi que ce soit », a-t-il avancé en faisant valoir que c’est davantage les services sociaux qui sont en cause.

« C’est la Direction de la protection de la jeunesse qui aurait dû prendre le relais, a-t-il dit. L’enfant aurait dû recevoir de l’aide des services sociaux. »

Vendredi, son collègue ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux Lionel Carmant s’est rendu à Granby pour rencontrer les dirigeants du Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Estrie et de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ).

Accompagné du ministre et député de Granby, François Bonnardel, il est également allé se recueillir devant le mémorial érigé, ces derniers jours, par la population devant le domicile de la petite.

La veille, le premier ministre François Legault avait annoncé que le gouvernement allait mener une révision « complète » des services à l’enfance. Cet exercice, a-t-il dit, sera non partisan, à l’image de la Commission sur la question de mourir dans la dignité.

« Il faut soulever toutes les pierres et puis en arriver aussi à des solutions concrètes. On doit ça à nos enfants », avait-il déclaré.

L’exercice s’ajoute à l’enquête publique ordonnée par la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, ainsi qu’à l’enquête policière, l’enquête interne et celle que prévoit aussi de mener la Commission des droits de la personne et de la protection de la jeunesse.