Lacombe interpelle les garderies non régies

La CSDM avait prévu d’ouvrir dix maternelles 4 ans de plus en septembre prochain, mais il n’y en aura finalement que quatre de plus.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne La CSDM avait prévu d’ouvrir dix maternelles 4 ans de plus en septembre prochain, mais il n’y en aura finalement que quatre de plus.

Le ministre de la Famille, Mathieu Lacombe, souhaite que les propriétaires de garderies privées non régies reviennent dans le giron public.

« On a un inventaire à donner en milieu familial, a expliqué M. Lacombe en entrevue jeudi. Je les invite à se rallier au réseau et à permettre aux parents de bénéficier des places subventionnées à 8,25 $. »

Les garderies non régies sont des garderies privées en milieu familial qui fonctionnent sans permis du ministère et bureau coordonnateur. Le gouvernement estime que 19 000 enfants les fréquentent au Québec.

Le ministre aimerait qu’elles reviennent dans le réseau, notamment pour qu’elles se soumettent à des normes plus sévères en matière de santé et de sécurité par l’entremise d’inspections, par exemple.

Écoutez les explications des ministres de la Famille et de l'Éducation, Mathieu Lacombe et Jean-François Roberge

 

 

« Quand c’est un milieu non régi, c’est difficile d’exercer une vigilance. On peut seulement agir quand il y a des plaintes. Comme ministre de la Famille, c’est difficile de dire que c’est le scénario le plus souhaitable. »

Quand on lui fait remarquer que certains parents envoient leurs enfants dans ces établissements, faute de places ailleurs, il concède « qu’il y a de fortes pénuries de places dans certaines régions », mais souligne que 8000 places sont disponibles « demain matin » en milieu familial.

Comme le fait remarquer la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec (FIPEQ), il s’agit d’un changement de position important pour la CAQ, qui dans l’opposition avait soutenu ces garderies quand le gouvernement libéral avait voulu leur imposer des règles plus sévères. Pour sa présidente, Valérie Grenon, le signal envoyé par M. Lacombe est « très important ».

Les règles, qui doivent entrer en vigueur à l’automne, obligent les propriétaires de ces garderies à suivre un cours de secourisme, à se doter d’une assurance en responsabilité civile, mais les empêchent de se faire remplacer.

Cela fait dire au ministre que c’est « le moment idéal » pour avoir cette discussion. « Elles auraient intérêt à rallier le réseau pour se faire remplacer lorsqu’elles doivent s’absenter », dit-il.

Le Devoir n’a pas été en mesure jeudi de joindre l’Association québécoise des milieux familiaux éducatifs privés. Or sa représentante Audrey Blouin a récemment déclaré à Radio-Canada que ses membres préféraient rester à l’écart du réseau public pour ne pas avoir à payer de cotisations et se soumettre à des règles.