Québec veut rendre la francisation plus accessible aux immigrants

Le ministre de l’Immigration, Simon Jolin-Barrette, a mentionné qu’il voulait «élargir» l’accès aux cours aux immigrants au-delà de leurs cinq premières années au Québec.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le ministre de l’Immigration, Simon Jolin-Barrette, a mentionné qu’il voulait «élargir» l’accès aux cours aux immigrants au-delà de leurs cinq premières années au Québec.

Le gouvernement songe à augmenter l’aide financière donnée aux immigrants qui suivent des cours de francisation à temps plein. Il leur serait aussi possible d’accéder au programme même s’ils résident au Québec depuis longtemps.

À l’heure actuelle, les immigrants qui suivent les cours reçoivent une allocation de 141 $ par semaine. Mais le ministre de l’Immigration, Simon Jolin-Barrette, pense que ce n’est « pas beaucoup » pour une personne qui doit se loger, se nourrir, etc.

« Je suis extrêmement sensible à cette question-là », a-t-il dit lors de l’étude de crédits mardi en réponse à une question de Québec solidaire. « Toute bonification sera à mon avis une bonne chose. » Reste à savoir jusqu’à quel point l’allocation serait augmentée. Le ministère, a-t-il dit, étudie « plusieurs scénarios » à ce sujet.

M. Jolin-Barrette a aussi mentionné qu’il voulait « élargir » l’accès aux cours. À l’heure actuelle, les nouveaux arrivants ont accès aux cours gratuits du ministère pendant les cinq années suivant leur arrivée. Or, les gens n’ont pas « nécessairement le temps à l’arrivée », a-t-il dit en laissant entendre qu’il leur serait possible de le faire au-delà des cinq premières années au Québec.

Enfin, le ministre a laissé entendre que les travailleurs temporaires auraient accès aux mêmes services gratuits de francisation et d’intégration que les immigrants reçus.

Les programmes de francisation ont cumulé les échecs ces dernières années au Québec. Dans un rapport dévastateur déposé en 2017, la vérificatrice générale Guylaine Leclerc avait révélé que seulement une minorité des immigrants ne maîtrisant pas le français suivaient des cours. Parmi les 14 955 immigrants admis au Québec en 2013 qui ne parlaient pas le français, seulement 28 % avaient suivi des cours de français offerts par le ministère au cours des deux années suivant leur arrivée.

Le portail Arrima

C’est toutefois le portail d’Arrima qui a dominé les échanges lors de l’étude de crédits, les libéraux bombardant le ministre de questions à ce sujet.

On a ainsi appris que le portail, mis sur pied par le gouvernement pour permettre aux employeurs de recruter des travailleurs immigrants, ne sera pleinement opérationnel qu’en février 2020.

La plateforme sera disponible à compter de l’été prochain, mais les employeurs ne pourront pas l’utiliser en « totale autonomie », a reconnu M. Jolin-Barrette. D’ici là, ils devront être accompagnés par des agents du ministère de l’Immigration, a-t-il expliqué.

« Ce qu’on comprend, c’est qu’il n’est pas prêt », a dénoncé le député libéral Monsef Derraji. « L’élément le plus central n’est pas prêt. »

Créé en août 2018 par le gouvernement libéral, Arrima vise — comme son nom l’indique — à « arrimer » les candidatures à l’immigration avec les besoins de main-d’oeuvre au Québec. Plus de 100 000 emplois sont vacants à l’heure actuelle sur le territoire.

Le nouveau système prend la forme d’une banque de candidats en ligne. Les candidats à l’immigration peuvent s’y inscrire gratuitement. Le ministère lance ensuite des invitations, et les personnes dans la banque peuvent alors soumettre officiellement leur dossier si elles sont intéressées.

À l’heure actuelle, plus de 100 000 candidats à l’immigration s’y sont inscrits ; or, aucune invitation n’a encore été lancée.

Le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) a décidé de limiter à 40 000 personnes le nombre d’immigrants permanents reçus au titre du Programme régulier des travailleurs qualifiés accueillis en 2019. Il veut attendre que sa réforme de l’immigration soit adoptée pour lancer des invitations sur le portail Arrima, a expliqué le ministre Jolin-Barrette.

L’opposition libérale plaide qu’il pourrait le faire tout de suite. « Le milieu économique est venu clairement dire qu’il ne peut pas attendre », a plaidé la députée Dominique Anglade.

Lors des échanges, la députée de Saint-Henri–Sainte-Anne a voulu savoir comment le portail Arrima allait fonctionner à partir de juin.

Selon ce que le ministre a expliqué, les employeurs qui cherchent du personnel du côté de l’immigration « vont pouvoir soit se déplacer dans le bureau de Services Québec de leur région » ou contacter le ministère directement.

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