Québec bonifie son offre aux chauffeurs de taxi, qui la rejettent aussitôt

Les chauffeurs de taxi n’ont pas mis de temps à rejeter la nouvelle proposition du revers de la main.
Photo: Guillaume Levasseur Archives Le Devoir Les chauffeurs de taxi n’ont pas mis de temps à rejeter la nouvelle proposition du revers de la main.

Alors que la grogne des chauffeurs de taxi ne semble pas vouloir s’estomper, le ministre des Transports, François Bonnardel, a bonifié son offre lundi, ajoutant une aide financière de 260 millions $, qui, additionnée aux sommes déjà annoncées, permettrait de payer à tous les chauffeurs l’équivalent du coût d’acquisition de leurs permis.

M. Bonnardel a ainsi annoncé son intention de déposer un amendement au projet de loi 17 pour ajouter cette somme de 260 millions $, qui proviendrait d’une redevance de 0,90 $ introduite pour chacune des courses effectuées au Québec — pour une période limitée. Une somme de 10 millions $ est aussi prévue, à même la redevance temporaire, pour aider les propriétaires de permis ayant des besoins particuliers.

L’aide totale du gouvernement québécois à l’industrie du taxi et aux chauffeurs atteindrait ainsi 814 millions $, selon le ministre.

Cette somme est détaillée de la façon suivante : 250 millions $ versés en 2018 aux titulaires de permis, 250 millions $ annoncés en mars 2019, les 270 millions $ ajouté lundi, et la somme de 44 millions $ offerte à l’industrie pour se moderniser, provenant des redevances payées par Uber.

Les chauffeurs de taxi n’ont toutefois pas mis de temps à rejeter la nouvelle proposition du revers de la main.

Dans un communiqué publié au moment où le ministre Bonnardel s’apprêtait à prendre la parole, les représentants de l’industrie du taxi ont fait savoir qu’ils estiment que la nouvelle proposition du ministre des Transports se résume de la sorte : « le ministre bonifie sa prestation de décès, mais tient quand même à tuer l’industrie québécoise du taxi ».

« La proposition du ministre revient à dire que nous aurons de meilleures funérailles, mais qu’il va quand même tuer l’industrie du taxi pour faire plaisir à Uber », a dénoncé Abdallah Homsy, porte-parole de l’industrie du taxi.