Manifestation à l’école secondaire Westmount contre le projet de loi sur la laïcité

Plusieurs dizaines d’opposants au projet de loi 21 sur la laïcité ont formé une chaîne humaine autour de l’école secondaire anglophone Westmount mercredi matin.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Plusieurs dizaines d’opposants au projet de loi 21 sur la laïcité ont formé une chaîne humaine autour de l’école secondaire anglophone Westmount mercredi matin.

Des enseignants et des membres de la communauté ont formé une chaîne humaine à l’extérieur de l’école secondaire anglophone Westmount, mercredi matin, pour protester contre le projet de loi sur la laïcité du gouvernement Legault.

Plusieurs des manifestants — ils étaient environ 150 — portaient fièrement la kippa ou le hidjab en solidarité avec ceux et celles qui pourraient être exclus d’un futur emploi dans la fonction publique.

C’est un enseignant de l’école, Robert Green, qui avait lancé un appel aux opposants. Son initiative semblait endossée par la direction de l’école secondaire de l’île de Montréal, qui avait affiché sur sa page Facebook la convocation à la manifestation.

Le projet de loi 21 du gouvernement de la Coalition avenir Québec prévoit d’interdire le port de signes religieux par des employés de l’État en position d’autorité, afin de garantir la laïcité de l’État québécois.

Farhana Begum, professeure d’anglais, expliquait mercredi que certains de ses élèves portent des symboles religieux et elle ne veut pas devoir leur dire qu’un poste d’enseignante, de juge ou de policière leur est interdit au Québec. Mme Begum estime qu’il est ridicule de croire que les enseignantes qui affichent leur croyance religieuse sont moins en mesure de faire leur travail ou qu’elles essaieraient de convertir leurs élèves.

Le gouvernement du Québec soutient que le projet de loi est raisonnable et qu’il cadre avec les valeurs de neutralité religieuse des Québécois. Les opposants soutiennent que le projet de loi constitue une atteinte à la liberté de religion, surtout pour les musulmanes.

Vendredi dernier, la mairesse de Westmount, Christina Smith, écrivait dans un communiqué que le projet de loi 21 stigmatisait un groupe de personnes et légitimait la discrimination.