Confusion sur le visage découvert chez Québec solidaire

Le co-porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois
Photo: Guillaume Levasseur Archives Le Devoir Le co-porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois

La nouvelle politique de Québec solidaire pour restreindre le port du voile intégral chez les employés de l’État semble avoir semé une certaine confusion chez les députés et les militants au conseil national du parti, qui s’est terminé dimanche.

En mêlée de presse le matin, la députée Ruba Ghazal n’était pas en mesure de dire si la résolution adoptée la veille par les 330 délégués permettrait ou non à une femme de travailler le visage couvert par un niqab dans le secteur public. Elle a toutefois affirmé être à l’aise avec cette idée dans le cas précis d’une téléphoniste avant de se faire rabrouer par l’un des co-porte-parole du parti.

« Si ça lui permet de gagner sa vie, pourquoi pas, a affirmé Mme Ghazal. Moi, c’est ça qui est important, c’est que les femmes puissent avoir la totale liberté de gagner leur vie. »

Quelques heures plus tard, Gabriel Nadeau-Dubois a souligné que la députée avait erré.

« Nous, on a dit qu’on ne ferait pas de cas par cas, a-t-il dit. Ruba ce matin a répondu à vos questions, elle n’aurait pas dû faire du cas par cas. Nous, on ne le fera pas et on ne le fera plus. »

Mme Ghazal a par la suite corrigé le tir sur Twitter. « C’est une évidence que je n’ai aucune sympathie pour le niqab, a-t-elle écrit. Je suis tombée dans le piège de ce qu’il ne faut pas faire : statuer sur des cas hypothétiques et imaginaires. »

Abandon du compromis

Les 330 délégués du parti réunis au Cégep de Limoilou à Québec au cours du week-end ont choisi de permettre le port de tous types de signes religieux pour les fonctionnaires en position d’autorité coercitive — juges, procureurs de la Couronne, policiers, gardiens de prison — de même que le président et vice-président de l’Assemblée nationale. Une position contraire à celle qui avait été adoptée par le parti après la publication du rapport Bouchard-Taylor en 2008.

Ils ont également adopté une résolution pour restreindre les « vêtements couvrant le visage » pour les fonctionnaires et autres employés de l’État en vertu de quatre critères déjà inscrits dans leur programme, soit le prosélytisme, le devoir de réserve, l’exercice de la profession ou les normes de sécurité.

Contrairement à sa collègue Ruba Ghazal, le député Andrés Fontecilla avait indiqué en entrevue au Devoir samedi que ces critères allaient couvrir une vaste majorité d’emplois. « Pour moi, ce que je comprends, c’est que le visage couvert pour un employé de l’État est en fait pratiquement impossible », avait-il tranché.

Les députés n’étaient pas les seuls à être embrouillés. Quelques militants à qui Le Devoir avait parlé à l’issue du vote samedi ne semblaient pas avoir compris ce que la résolution signifiait.

Les co-porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois et Manon Massé, ont refusé de définir dimanche quel type d’emploi pourrait occuper une femme au visage couvert.

« Des femmes qui portent le niqab et qui veulent devenir rectrice de l’UQAM, ça n’existe pas », s’est impatienté M. Nadeau-Dubois en mêlée de presse dimanche.

« Et à partir d’aujourd’hui, vous ne nous entendrez plus alimenter une crise qui n’existe pas en faisant des scénarios hypothétiques et imaginaires. »

Il avait pourtant cité l’exemple, la veille, d’une enseignante qui devrait exercer son métier à visage découvert pour communiquer avec ses élèves.

« Ces critères-là sont restrictifs, ils sont clairs et, moi, je pense que, lorsque Ruba vous a répondu, elle a répondu dans le meilleur de sa connaissance », a soutenu Manon Massé.

Les quatre critères pour le visage découvert de Québec solidaire s’appliqueraient au cas par cas par l’entremise des employeurs.

Denise Veilleux, déléguée de Sainte-Marie–Saint-Jacques, craint un retour « aux déchirements » qui avaient entouré le débat sur les accommodements raisonnables.

« Renvoyer la patate chaude comme ça à chaque [employeur], ça ouvre la porte à toutes sortes de problèmes », a dit la militante féministe qui aurait préféré une interdiction complète du voile intégral pour la prestation de services publics.

Cap sur l’environnement

Même si la question de la laïcité a occupé les délégués une bonne partie de leur avant-midi samedi, le discours de clôture de Mme Massé et de M. Nadeau-Dubois en a peu fait mention.

« […] c’est ensemble que nous construirons le pays du Québec avec les Québécois et les Québécoises de toutes les régions, de toutes les origines, de toutes les religions, de toutes les générations, c’est ensemble que nous le ferons, ce pays d’égalité et de justice parce que la liberté, c’est le meilleur antidote à la peur et que les peuples libres et forts n’ont pas besoin d’exclure pour se sentir fiers », a clamé le jeune député, déclenchant une longue salve d’applaudissements.

Il a appelé les solidaires à poursuivre la mobilisation citoyenne pour lutter contre les changements climatiques et à rallier l’ensemble de la population. Le parti prévoit dix rassemblements dans chacune de ses circonscriptions ce printemps.

Québec solidaire s’est donné pour objectif de talonner le gouvernement Legault sur l’environnement durant 18 mois pour qu’il se dote d’un plan crédible pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre qui inclurait l’interdiction des projets d’exploitation pétrolière ou gazière. S’il refuse d’obtempérer, les députés solidaires tenteront de retarder l’adoption des projets de loi caquistes à compter du 1er octobre 2020.

37 commentaires
  • Pierre Beaulieu - Abonné 1 avril 2019 00 h 04

    Quelle ânerie !

    Le QS ne fait pas sérieux dans l'arêne poilitique et il n'a pas besoin d'opposants pour s'embourber: ils s'enfargent les pieds sur un sujet qui fait presque l'unanimité au Québec, imaginez lorsque qu'il faudra débattre de choses essentielles et qu'ils viendront prétendre qu'ils veulent se prononcer sur un seul sujet, l'environnement, et qu'ils n'auront aucune solution efficace réalisable à proposer.
    Je ne peux pas croire que Gabriel Nadeau Dubois ait dit ce qu'il a dit sans éclater de rire en le faisant.

    • Christiane Gervais - Inscrite 1 avril 2019 08 h 05

      Aucune confusion dans les propos de la députés qsiste Ruba Ghazal, elle nous a donné le fond de sa pensée et, comme QS a caché aux Québécois qu'il allait faire sauter toute forme de laïcité dans le Québec qu'il souhaite gouverner on peut logiquement penser, que toutes les formes de fondamentalisme religieux ou politico-religieux seraient acceptées dans ce même Québec des religions. La députée n'a pas errée, elle a péché par trop de franchise et de transparence ce qui n'est guère qsiste.

    • Christian Dion - Abonné 1 avril 2019 09 h 05

      Je rajouterais qu'il doit être pénible d'assister à pareil rassemblement.
      Je pense que cela me rendrait fou.
      Christian Dion, abonné.

    • Nadia Alexan - Abonnée 1 avril 2019 11 h 32

      Le port du voile intégral est une aberration, une insulte à l'intégrité et la dignité de la femme. Ce voile de honte est interdit même dans les pays arabes. Comment peut-on parler de droits individuels quand il s'agit d'une dérive vestimentaire qui infériorise la femme, contre toute logique?

  • Gilles Théberge - Abonné 1 avril 2019 05 h 19

    Monsieur Dubois Nadeau... erre !

    Si une femme portant Niqab ne peut pas aspirer à être Rectrice d’université, il y a un problème... Un problème de taille, monsieur Dubois. Du moins dans votre logique.

    Comment se fait-il que vous ne montiez pas au créneau devant ce que vous devriez conidérer comme une injustice ? Un cas ce n’est pas assez...?

    Vous commettez une grave erreur de jugement, en ne prenant pas la part d’une pauvre femme, bafouée dans ce que vous considérez comme étant un droit fondamental protégé par la charte de Trudeau.

    Accessoirement je vous dirai que vous avez besoin de plus qu’un argument pour me convaincre qu’il s’agit de droits fondamentaux, qui sont le droit à la vie, et à la sécurité de la personne notamment. Se mettre un foulard sur la tête, n’est pas un droit fondamental !

  • Richard Maltais Desjardins - Abonné 1 avril 2019 06 h 01

    Fausse alternative

    La position de Québec Solidaire n'a JAMAIS été d'interdire le port des signes religieux d'entrée de jeu. S'il s'est rallié à Bouchard Taylor, ce n'était déjà que dans la mesure où les encadrements proposés étaient compatibles avec la position de principe inscrite au programme et pour autant qu'ils semblaient justifiés par la conjoncture de l'époque. Pour les mêmes raisons que Charles Taylor, le parti croit que ce genre d'aménagements n'est plus nécessaire et qu'il est même dangereux. Au lieu donc de faire des règles pour gérer des cas, avec tout l'arbitraire qu'une telle approche comporte et dont l'incohérence est le seul point sur lequel les défenseurs et les adversaires du projet de loi s'entendent, il est temps de réitérer des principes qui seuls peuvent déterminer une véritable politique.

    Fausse alternative, donc. Du fait que QS réaffirmait - j'y insiste - sa position de principe à l'effet de ne rien interdire d'emblée, on a conclu très vite qu'il soutenait désormais qu'il fallait tout permettre. Une confusion que nos bons journalistes se sont empressés d'alimenter, ne se privant pas pour ce faire de tendre des pièges aux membres mêmes du parti. Il faut d'ailleurs en convenir : ces questions sont délicates et demanderont infiniment plus de doigté et de discernement que le grossier décret qu'icitte, c'est ça qui est ça que nous sert le PM en guise de pédagogie. Si donc les adversaires du projet de loi auront l'air de n'y voir pas si clair, il faudra quant à moi préférer cela à l'aveuglement avec lequel on prétend «régler» un problème en grande partie fantasmé seulement avec une fendeuse à bois.

    • Françoise Labelle - Abonnée 1 avril 2019 08 h 29

      Les journalistes ont simplement voulu savoir où se situait la limite dans ce «rien n'interdire d'emblée mais ne pas tout permettre». Avouez qu'on peut vous reprocher une certaine improvisation. Il est temps qu'on vous pose des questions embarrassantes.

      Les choses viennent de changer? Il n'y a rien de bien nouveau dans cette problématique, il me semble.
      Vous lirez les propos de Catherine Kinzler dans la chronique de Christian Rioux, ce matin. Il n'y a rien d'évident dans cette volte-face de QS. Et beaucoup de doutes subsistent. Comment évalue-t-on le devoir de réserve d'une personne qui tient à travailler avec un signe publicitaire?

    • André Joyal - Inscrit 1 avril 2019 09 h 01

      Monsieur RMD : vos propos sont bien rédigés. Je laisse à d'autres le soin de les appuyer ou de les critiquer. Aujourd'hui, je fais abstinence en sachant que l'on aura d'autres occasions de croiser le fer en toute civilité. Sachez que je n'ai aucune inimitié envers vous.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 1 avril 2019 09 h 40

      Merci, monsieur Joyal. Au plaisir, donc.

      Madame Labelle,volontaire ou pas, le piège de la question consiste en ceci qu'elle force l'interlocuteur à produire une limite de fait (comme le faisait BT) plutôt que d'inviter à justifier une position de principe qui justement nous fait prendre un pas de recul par rapport au cas par cas. Le choix de QS ne plaît pas aux pragmatiques, même dans ses rangs. Mais je ne crois pas qu'il mérite les railleries et la désinformation dont il est l'objet.

    • Françoise Labelle - Abonnée 1 avril 2019 12 h 22

      Je réponds à votre réponse, M.Maltais Desjardins.
      En effet, pour les pragmatiques, le diable est dans les détails, si vous permettez cette allusion religieuse. Le cas par cas, c'est le «On verra» que donnait M.Legault quand il n'avait pas de réponse à une question. Qui tranchera le cas par cas? C'est un retour des accommodements, qui sont tout sauf raisonnables puisque ce qui est accordé à l'un devrait l'être à l'autre.
      On a soumis un cas qui pourrait se présenter et on a mesuré une certaine confusion dans l'application des principes. La confusion serait un pas en avant? Est-ce raillerie et désinformation?
      En France, il y a une gauche qui défend la laïcité.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 1 avril 2019 16 h 06

      Vous demandez «qui» tranchera? La réponse de Legault est claire comme une recette de Ricardo. De quelle autorité? Celle dont il estime avoir été investi lors de la dernière élection. Si cela vous suffit, pas à moi. Je préfère devoir délibérer pour accorder mes principes et leur application au prix même de devoir éventuellement renoncer aux uns, aux autres ou à tous entsemble, que de me rabattre sur le poids du nombre (d'ailleurs pas si clair) des appuis. Ces principes sont ceux qui inscrits dans la charte canadienne et la charte québécoise. Ce sont eux qui commandent les accommodements. Si vous estimez qu'ils n'ont rien de raisonnable, c'est que vous estimez aussi que ces principes ne le sont pas. On peut discuter de cela. On le doit.

    • Claude Bariteau - Abonné 1 avril 2019 18 h 09

      M. Maltais-Desjardins, vous savez que rien dans les Chartes stipulent que les gouvernements du Canada et des provinces ne peuvent pas, sur la base des libertés individuelles à l'expression de signes religieux, adopter des principes et des lois validant la laïcité et faisant en sorte que leurs employé/e/s ne peuvent pas porter des signes religieux dans l'exercice de leurs fonctions.

      Par ses avis, la Cour suprême a restreint les pouvoirs politiques en octroyant des droits à des individus qui s'identifient par ces signes à une confession religieuse à l'encontre des principes et des lois. C'est d'ailleurs par crainte de tels avis ou de tels jugements de cette Cour que les gouvernements ont pratiqué une autocensure en postulant qu'ils n'avaient pas de pouvoir pour s'affirmer, renforçant l'idée que des droits individuels auraient préséance sur un parlement et banaliserait les pouvoirs des élus et du gouvernement.

      Que vous questionnez l'angle d'approche de la CAQ ou que vous valorisiez l'approche de QS importe peu. Que vous accordiez préséance aux droits individuels de pratiquants religieux sur un État de droit en vous référant à des chartes qui ne précisent pas que ces États ne puissent pas voter des lois pour rendre le principe de la laïcité effectif dans les institutions qui relèvent de son autorité et de son financement, c'est autre chose et ce, d'autant plus que ces États ne limitent en rien des expressions religieuses hors de leurs institutions.

      Devrait plutôt vous préoccuper que des pratiquants religieux cherchent à transformer un État de droit en organisme permissif à toutes expressions religieuses laisant entendre que le politique n'existe qu’au travers un œcuménisme, ce qu'ils font parce que le Canada, dans sa constitution, reconnaît la suprématie de Dieu en référence à toutes religions révélées, car là se trouve le tremplin qu’utilisent ces pratiquants en prônant la liberté qu’ils ont d’agir selon un principe général inscrit dans les chartes.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 1 avril 2019 22 h 29

      Monsieur Bariteau, pour une fois, je n'arrive pas à décrypter le contenu exact de votre commentaire. Dommage. On se reprendra.

    • Charles-Étienne Gill - Abonné 1 avril 2019 22 h 56

      La syntaxe de ce paragraphaphe, Monsieur Bariteau, c'est de la haute voltige :

      «Devrait plutôt vous préoccuper que des pratiquants religieux cherchent à transformer un État de droit en organisme permissif à toutes expressions religieuses laisant entendre que le politique n'existe qu’au travers un œcuménisme, ce qu'ils font parce que le Canada, dans sa constitution, reconnaît la suprématie de Dieu en référence à toutes religions révélées, car là se trouve le tremplin qu’utilisent ces pratiquants en prônant la liberté qu’ils ont d’agir selon un principe général inscrit dans les chartes.»

      Il y a là une structure emphatique, une inversion et surtout une économie pour viser la précision. Je ne dis pas ça pour faire têteux. J'ai lu ça et j'ai sifflé.

      Le Devoir ne profite pas assez de sa tribune de commentaire pour générer du trafic. Au NPost , c'est pas sur FB que l'on «aime», les lecteurs restent «captifs» de la page. Très souvent, je me moque de la chronique initiale. Je me régale des commentaires.
      Votre dernier paragraphe est un foie gras.

  • Hélène Gervais - Abonnée 1 avril 2019 06 h 28

    Ce qu'ils sont mêlés ....

    et mêlants ces gens de qs. Comment font-ils pour s'y retrouver en disant ceci et en faisant le contraire? Comment Gabriel Nadeau Dubois peut-il affirmer que le cas par exemple« Des femmes qui portent le niqab et qui veulent devenir rectrice de l’UQAM, ça n’existe pas », mais dans 5 ans? dans 10 ans? rien n'est plus farfelu que de penser connaître l'avenir.

    • Louise Collette - Abonnée 1 avril 2019 09 h 51

      Une chatte n'y retrouverait pas ses petits.

    • Pierre Bernier - Abonné 1 avril 2019 10 h 08

      "Ce qu'ils sont mêlés" ... !

      C'est peu dire.

    • Claude Bariteau - Abonné 1 avril 2019 18 h 14

      Je ne pense pas qu'ils puissent se rendre compte qu'ils sont mêlés du simple fait que leur approche est doctrinaire comme le fut le clergé catholique au Canada après 1867. Il ne pouvait pas voir ce qu'il faisait parce qu'il avait la permission des autorités du Dominon pour agir comme il l'a fait. Dans le cas présent, QS s'appuie sur des chartes, dont la Canadienne, qui a priorité sur celle du Québec et sur sa Cour suprême qui sert d'arbitre.

  • Diane Guilbault - Abonnée 1 avril 2019 08 h 08

    Solidaires avec le niqab??!!!

    Le niqab est une atteinte à la dignité des femmes. Les Qs pensent-ils sérieusment que cette prison ambulante pour les femmes est un choix de vie enviable? Alors pourquoi les hommes ne se précitpitent-ils pas pour le passer ce niqab? De qui se pensent-ils solidaires avec ce vote? Les seuls qui rigolent ce matin, ce sont les intégristes qui n'en reviennent pas que ce soit la «gauche» qui se porte ainsi à la défense de cette caricature de la religion musulmane.

    • Claude Bariteau - Abonné 1 avril 2019 18 h 17

      Je ne dirais pas la gauche, mais une certaine gauche qui a des appuis particuliers pour réaliser des percées politiques dans divers milieux.