Québec solidaire abandonne le compromis Bouchard-Taylor

Les solidaires avaient le choix entre deux options, soit de continuer à soutenir l’interdiction des signes religieux pour les policiers, les juges, les procureurs de la Couronne et les gardiens de prison comme le recommandait le rapport Bouchard-Taylor en 2008 ou l’absence d’interdiction.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne Les solidaires avaient le choix entre deux options, soit de continuer à soutenir l’interdiction des signes religieux pour les policiers, les juges, les procureurs de la Couronne et les gardiens de prison comme le recommandait le rapport Bouchard-Taylor en 2008 ou l’absence d’interdiction.

Les militants de Québec solidaire ont renié la position traditionnelle de leur parti samedi et rejetteront dorénavant toute interdiction de signes religieux à l’exception de certaines balises pour ceux qui couvrent le visage. C’est ce qu’ont décidé quelques centaines de délégués réunis en Conseil national au Cégep de Limoilou à Québec.

Le parti demeure toutefois pour la laïcité de l’État comme l’indique son programme tant que cette laïcité ne brime pas les droits et libertés individuelles.

« À notre retour en chambre la semaine prochaine devant la CAQ nous aurons les coudées franches, a réagi la coporte-parole de Québec solidaire, Manon Massé, en conférence de presse. Nous défendrons certes mieux que jamais le principe de laïcité de l’État et non pas de laïcité des individus. »


« C’est une laïcité bien comprise: une laïcité de l’État, une laïcité des institutions », a renchéri le coporte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois.

« Ça veut dire la fin des subventions aux écoles confessionnelles, la fin des exemptions de taxes aux organismes religieux, ça veut dire le déplacement du crucifix pour préserver et souligner son caractère patrimonial, ça veut aussi dire l’interdiction du prosélytisme religieux de la part des employés de l’État », a-t-il détaillé.

Débat serein
Les solidaires avaient le choix entre deux options, soit de continuer à soutenir l’interdiction des signes religieux pour les policiers, les juges, les procureurs de la Couronne et les gardiens de prison comme le recommandait le rapport Bouchard-Taylor en 2008 ou l’absence d’interdiction.

Malgré ce sujet délicat, le débat en atelier et en plénière s’est déroulé calmement. Il faut dire que les militants se sont fait rappeler à plusieurs reprises d’échanger de manière respectueuse en prenant le soin d’écouter la position inverse.

Une jeune femme contre l’interdiction des signes religieux a appelé ses camarades à être « cohérents avec les valeurs » du parti et à « ne pas faire de sacrifices » puisque des gens vont en souffrir.

« La CAQ nous entraîne vers un débat qui n’en vaut pas la peine », a fait valoir un homme également en faveur de cette option.

Les tenants de la laïcité ont plutôt fait valoir qu’un État laïque se devait d’en avoir l’apparence. 

« L’État doit servir tout le monde, donc il doit être neutre, laïque de manière visible », a affirmé Denise Veilleux, déléguée de Sainte-Marie-Saint-Jacques en atelier.

D’autres militants craignaient que leur parti perde l’appui d’une partie de la population québécoise. Aucun des députés n’est allé au micro en plénière.

Mme Veilleux qui avait défendu la position traditionnelle du parti en plénière s’est dite déçue du résultat, mais elle entend tout de même continuer à militer avec les solidaires.

« Je crois que l’option A comme je l’ai fait valoir au micro permettait de tracer une ligne très claire à l’encontre du projet de loi de la CAQ en disant que c’était aller trop loin, a-t-elle soutenu. Mais en même temps en faisant une forme de pédagogie ou, en tout cas, en expliquant un principe qui est facile à comprendre, et qui est déjà là, qui est l’impartialité des tribunaux et de l’appareil judiciaire dans son ensemble. »

Ismaël Seck, un jeune enseignant de 29 ans qui a été candidat pour Québec solidaire lors de la dernière élection, s’est réjoui du résultat du vote.

« C’est un message d’espoir qu’on envoie à beaucoup de personnes aussi parce qu’on est un parti indépendantiste qui souhaite bâtir un pays avec l’ensemble de la société que ce soit les Québécois d’origine canadienne-française ou les néo-Québécois », a-t-il dit. 

Visage découvert
Les militants se sont ensuite prononcés sur les règles pour encadrer le port du voile intégral. Ils ont adopté une résolution pour restreindre « le port de vêtements couvrant le visage » pour les fonctionnaires et autres employés de l’État en vertu de quatre critères déjà inscrit dans leur programme, soit le prosélytisme, le devoir de réserve, l’exercice de la profession ou les normes de sécurité.

Quelques militants à qui Le Devoir a parlé à l’issue du vote ne semblaient pas avoir compris ce que cela signifiait. Une confusion qui s’est également traduite durant la conférence de presse des deux porte-parole du parti.

Manon Massé et Gabriel Nadeau-Dubois ont eu de la difficulté à préciser à quelles professions cette politique s’appliquerait, si bien que M. Nadeau-Dubois est revenu quelques heures plus tard pour s’expliquer.

« Tout à l’heure, il y a eu un peu de confusion sur notre résolution fraîchement adoptée au sujet du port de vêtements qui couvrent le visage », a-t-il reconnu.

« Ce n’est pas un feu vert au visage couvert, a précisé le député de Gouin. C’est au contraire une résolution qui dit on peut et il faut l’interdire dans plusieurs situations et on donne des critères pour identifier ces situations-là. »

Il refusait auparavant de dresser la liste des emplois du secteur public qui pourraient être touchés et s’était limité à donner l’exemple d’une enseignante qui ne pourrait travailler le visage couvert.

Pour le député Andrés Fontecilla, la politique claire couvre une vaste majorité d’emplois. « Pour moi, ce que je comprends, c’est que le visage couvert pour un employé de l’État est à toute fin pratiquement impossible », a-t-il tranché.

Il reviendrait toutefois aux employeurs d’assumer la responsabilité de son application avec un accompagnement du gouvernement, selon M. Nadeau-Dubois.

Tourner la page
Le député espère que cette nouvelle prise de position des solidaires permettra de tourner la page sur cet épineux débat. Le projet de loi 21 sur la laïcité de l’État déposé par le ministre Simon Jolin-Barrette jeudi, ne doit pas «détourner l’attention du grand défi» de la lutte contre les changements climatiques, selon lui.

Le nouveau slogan «Résistance climatique» imprimé en bleu et blanc était bien en vue devant son lutrin. Il était également visible la veille lors du discours des députés Catherine Dorion et Sol Zanetti.

Les deux élus de la région de Québec avaient alors tenté de centrer le message du parti autour de la protection de l’environnement, de la lutte contre les changements climatiques et de l’anticapitalisme.

« On est en train à Québec solidaire de redessiner un indépendantisme qui assume profondément son antiracisme », avait clamé la députée de Taschereau.

« Il va falloir le dire partout que ce qui menace notre culture et notre territoire, ce n’est pas l’islam — et lâchez-nous avec l’islam — ce n’est pas les musulmans qui sont partout dans les couloirs avec du gros “cash” pour influencer nos gouvernements, avait-elle continué en déclenchant peu après une salve d’applaudissements. C’est le capitalisme qui couche dans le lit de nos gouvernements… »

La laïcité qui devrait obséder les solidaires, a-t-elle dit, est celle qui « détacherait le pouvoir de l’État du clergé de l’argent et de la croissance à tout prix ».

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71 commentaires
  • Pierre-Alain Cotnoir - Abonné 30 mars 2019 13 h 09

    Une prise de position écrite d'avance...

    Christophe Guilluy dans "No Society La fin de la classe moyenne occidentale" (Flammarion 2018) écrit: "Sur les ruines de la classe moyenne occidentale, porté par des catégories hier opposées socialement ou culturellement, mais qui aujourd'hui partagent la même perception de la mondialisation, le monde des périphéries a émergé. À l'écart des grandes métropoles, sans conscience de classe, ces ouvriers, employés, paysans, indépendants, représentent dans l'ensemble des pays développés un potentiel majoritaire [...] En reléguant et en ostracisant culturellement les catégories qui incarnaient le mode de vie et les valeurs des sociétés occidentales, la classe dominante allait délégitimer le système de valeurs auquel les nouveaux arrivants s'intégraient. C'est dans ce vide culturel que se lovent aujourd'hui le multiculturalisme, le relativisme culturel, le communautarisme ou l'islamisme [...] Le multiculturalisme est, de façon intrinsèque, une idéologie faible qui divise et fragilise. Portée par quelques lobbys communautaires et instrumentalisée par la classe dominante et les partis politiques, elle apparaît pourtant comme un horizon indépassable [...] C'est dans ce vide que s'engouffrent aujourd'hui les communautarismes. Dans tous les pays occidentaux, les nouveaux arrivants préfèrent ainsi très logiquement préserver leur capital social et culturel protecteur plutôt qu'épouser des modèles en voie de décomposition. Cette réaffirmation identitaire, qui émane de minorités qui n'ont évidemment aucun désir de ressembler aux perdants économiques et culturels de la mondialisation, accélère la marginalisation culturelle des classes populaires occidentales et aboutit à la phase terminale d'ethnicisation de l'ancienne classe moyenne occidentale"

    QS entend donc jouer dans cette fanfare regroupant des élites supposément éclairées vivant essentiellement dans les métropoles, alliées involontaires de l'oligarchie mondiale pour laquelle n'existe qu'une collection de particularismes

    • Christian Montmarquette - Abonné 30 mars 2019 14 h 12

      @ Pierre-Alain Cotnoir,

      "C'est dans ce vide que s'engouffrent aujourd'hui les communautarismes. Dans tous les pays occidentaux, les nouveaux arrivants préfèrent ainsi très logiquement préserver leur capital social et culturel protecteur plutôt qu'épouser des modèles en voie de décomposition." - Pierre-Alain Cotnoir

      Si je vous ai bien compris, c'est exactement le contraire que fera l'interdiction des signes religieux stigmatisant les communautés culturelles et les repoussant dans les bras d'un communautarisme protecteur. Car ne facilitera certainement pas l'intégration des musulmanes et autres à la société québécoise en entravant leur droit au travail qui constitue avec la langue un des premiers, sinon LE premier facteur d'intégration.

      Et il est même démontré qu'une telle entrave aux communautés musulmanes favorise au contraire le repli identitaire et le communautarisme ethnique et religieux*.

      * Référence :

      "L’invisibilité de ces femmes trop visibles "

      - Mariam Hassaoui, professeure de sociologie de l'UQÀM

      https://www.youtube.com/watch?v=dInXDh6lek0

      .

    • Charles-Étienne Gill - Abonné 30 mars 2019 17 h 07

      Monsieur Montmarquette,

      On s'en fout de ladite réaction d'une frange communautariste déjà en opposition radicale avec la société d'accueil. On s'en fout parce qu'il n'y a rien à faire, rien à espérer, rien à en tirer. Si des gens ont un idéal de vie bonne qui est celle de la ségrégation et du retrait, qu'ils pataugent dedans, tant qu'ils veulent. Par contre, c'est pour les autres qu'on agit.

      En d'autres mots, j'ai absolument aucun espoir de voir Ève Torres s'intégrer, elle peut fonder une école privée intégriste si elle le veut. Par contre, la fille de Madame Benhabib (un cas de figure), n'aura pas comme enseignante une Ève Torres voilée qui normaliserait ce qui demeure un symbole intégriste, quoi qu'on en dise.

      Diantre, le voile couvre les oreilles, les oreilles, vous vous rendez compte? C'est un symbole de ségréagation puissant. Dans votre commentaire, vous amalgamez immédiatement les musulmanes à des femmes portant un signe religieux ostentatoire, c'est indubitablement réducteur, alors que de telles femmes écrivent au Devoir pour vous dire exactement le contraire.

      Enfin, il n'y a abolument aucune oligation d'accommoder des « communautés culturelles » comme vous l'intimez, c'est une invention. Trudeau a ce mot-là à tout bout de champ, mais une communauté politique n'est pas une communauté culturelle.

      Le Québec a la responsabilité d'intégrer des individus, pas des communautés. Il a des responsabilités envers la communauté anglophone (la plus choyée au monde) et envers les communautés autochtones. Vous victimisez des groupes et des individus qui ont toute l'agentivité nécessaire pour comprendre ce qui se passait au Québec et qui ont essayé, à leur façon, d'influencer le débat politique pour avoir le beurre et l'argent du beurre; jouir d'un certain filet social en français, des opportunités qu'offre une démocratie et un pays développée, mais sans subir autant le poids d'un déracinement comme tant d'immigrants ont eu à le faire ici avant eux.

    • Cécile Comeau - Abonnée 31 mars 2019 02 h 19

      Ce qui me répugne dans la position de QS en matière de laïcité est son reniement de 90 à 95 % des musulmanes du Québec qui ne portent pas le voile et qui, pour certaines, se sont battues pour l'enlever. Les intégristes sont aux anges avec une telle position en accord avec leur charia. Le voile est le porte-étendard des intégristes. Toutes les femmes musulmanes dévoilées vous le confirmeront. Beaucoup ont fui leurs pays d’origine afin de ne plus avoir à subir le joug des islamistes, salafistes, frères musulmans et intégristes de tout poil. Le Québec était devenu leur refuge, une terre promise où la femme est l’égale de l’homme. Comment une enseignante voilée et ne voulant plus le porter, mais forcée de le faire par son mari ou son père pourra-t-elle se justifier? QS a-t-il oublié que les trois filles Shafia étaient forcées de porter le voile? Oui, ces femmes subissent des pressions énormes et elles ont besoin de l'aide de tous les partis politiques du Québec. Qui se soucie d'elles?

    • Pierre-Alain Cotnoir - Abonné 31 mars 2019 09 h 17

      @Christian Montmarquette Votre point de vue est intéressant. Néanmoins, ce débat dure depuis de nombreuses années. Or l'analyse de Christophe Guilluy a le mérite d'explorer en quoi la gauche a laissé toute la place à une droite populiste pour répondre à la réalité vécue ou appréhendée par "le monde des périphéries", comme il la nomme. Comment, selon vous, la prise de position de QS peut-elle permettre de rallier la majorité francophone (formant tout de même 80% de l'électorat) bien représentée au sein de cette classe moyenne qui semble désirer le virage proposée par la CAQ? C'est, il me semble, une question légitime pour un parti qui entend un jour gouverner.
      Évidemment, si l'on revient aux enjeux les plus cruciaux qui nous pendent au bout du nez, je suis amplement d'accord avec vous. Cependant, les gens ne votent pas de manière rationnelle, selon cette vision chère aux économistes pour qui homo economicus évaluerait les avantages en fonction des inconvénients, mais ils prennent position de manière bien plus irrationnelle, dans ce cas-ci en réagissant de manière identitaire. Or l'identité est au cœur de l'affect. Comment concilier, sinon se réconcilier, avec l'affectivité identitaire d'une population se sentant menacée, voire honnie par l'Amérique anglo-américaine?

      Enfin comment se mettre au diapason d'une population qui se distingue de la majorité nord-américaine par un attachement plus marqué qu'ailleurs aux normes et valeurs du groupe d'appartenance, tel que mesuré plusieurs fois sur l'échelle "Individualism-Collectivism Scale".

      (pour saisir l'importance de cette dernière dimension de la société distincte, voyez http://lempreinte.quebec/valeurs-vehiculees-par-la )

    • Claude Bariteau - Abonné 31 mars 2019 09 h 25

      Selon Mme Dorion, le problème du Québec se résume au capitalisme qui couche dans le lit de nos gouvernements et pollue l'environnement, aucunement la valorisation des croyances religieuses individuelles en concordance avec les vues canadiennes et celles du PLQ alors qu'elles ne reçoivent pas un appui d'une majorité de Québécois et de Québécoises toutes origines confondues. C'est sa position.

      QS a pris cette direction après avoir mis de l'avant l'environnement, les emplois et les valeurs individuelles. C'est le choix des membres.

      QS a aussi prôné l'extraction du crucifix de l'enceinte de l'Assemblée nationale pour que la laïcité qu'il propose s'y exprime sans référence à une religion en ajoutant que les avantages octroyés aux institutions religieuses disparaissent. Je partage ce point sachant qu'il aura aussi des impacts sur des personnes à l'emploi de ces institutions, probablement plus que celles affichant des signes religieux, car elles bénéficieront d’une clause grand-père.

      Il y a toutefois deux autres symboles dans l’enceinte de l’Assemblée nationale qui rappellent qu’au Canada de 1982 la Couronne royale est toujours présente et que la constitution inscrit la suprématie de Dieu. Ces symboles se retrouvent sur le « trône » du président et la « masse » déposée sur une table face au PM lorsque siègent les parlementaires de l’Assemblée nationale.

      Ce sont là des symboles qui témoignent de la liaison entre Dieu et la royauté à la base du type de laïcité théorique propre au Canada à la manière canadienne puisque le Canada a une Couronne différente de celle de la Grande-Bretagne ou de la Nouvelle-Zélande.

      Aussi, je ne comprends pas que ces signes religieux aux antipodes de la laïcité de l’État prônée par QS n’aient pas incité ce parti, comme tous les autres d’ailleurs, à les exclure de l’enceinte du Salon bleu, car, y étant présents, ils révèlent que les parlementaires du Québec couchent lorsqu'ils siègent dans le lit du Canada.

    • Claude Bariteau - Abonné 31 mars 2019 10 h 36

      J'ajoute d'autres éléments.

      En fin de semaine, il a débattu deux propositions traitant de la laïcité : a) l’alignement Bouchard-Taylor et b) le retour à la base. Ce fut le cadre choisi par les dirigeants. Aussi, faut-il analyser la base.

      À l’évidence, il s’agit de l’importance donnée à la protection des emplois publics et à leur accès en affichant ses convictions religieuses au nom des libertés individuelles reconnues dans les chartes et les organismes internationaux., une posture cohérente avec son programme.

      La France, une république, interdit les signes religieux chez ses employé/e/s et sa position est reconnue, la France soutenant à juste titre qu’elle respecte, ce faisant, les libertés individuelles.

      L’URSS, quasi-empire avant sa dilution, voulut façonner un homme nouveau en banalisant la religion dite l’opium du peuple. Devant la résistance, elle changea d’alignement et, toujours quasi-empire, appliqua la façon britannique qui a pour assises la monarchie et la suprématie de Dieu.

      Le Canada est un pays indépendant qui reconnaît la suprématie de Dieu et celle de la Couronne de la Reine de 1982 et a introduit des règles assurant, entre autres, les libertés religieuses, chez ses employé/e/s au nom des libertés individuelles. Il s’agit d’une position en concordance avec la suprématie de Dieu et son choix de demeurer une monarchie constitutionnelle.

      Conséquemment, l’État de droit canadien ne peut pas appliquer l’approche française et ne peut voir que d’un mauvais œil qu’une province s’y aventure. C’est ainsi parce que ce pays n’a pas fait ce choix pour des motifs d’emploi mais parce qu’il ne se conçoit pas l’émanation du peuple, l’étant plutôt de la Couronne et de Dieu.

      QS ne s’est pas posé ces questions. Il faudrait bien qu’il se les pose, ce qui l’amènerait à se rendre compte qu’il refuse de promouvoir un État de droit émanant du peuple et à découvrir que le Salon bleu est orné de symboles monarchistes et de ceux de l’Église anglicane.

    • Christian Montmarquette - Abonné 31 mars 2019 10 h 57

      @Claude Bariteau,

      "Je ne comprends pas que ces signes religieux (monarchiques) aux antipodes de la laïcité de l’État prônée par QS n’aient pas incité ce parti, comme tous les autres d’ailleurs, à les exclure de l’enceinte du Salon bleu.." - Claude Bariteau

      1 ) Je crois qu'il n'y aurait AUCUN problème à faire admettre ça à QS qui s'est déjà objecté clairement au serment à la reine; ce qui constitue un positionnement de base.

      2 ) Dans ce cas particulier, c'est un crucifix adopté par nous-mêmes et qui est donc plus significatif, contrairement aux symboles monarchiques imposés de l'extérieur.

      3 ) En ce qui me concerne, toute cette polémique construite autour du crucifix de l'Assemblée nationale n'a qu'une importance stratégique et exemplaire dans le débat et ne change pas grand chose dans la réalité vécue des citoyens. Car il y a une méchante différence d'effet et d'importance entre se désoler de voir des religieux ou monarchiques hanter le Salon bleu et perdre son emploi par discrimnation religieuse.

      Christian Montmarquette

    • Claude Bariteau - Abonné 31 mars 2019 11 h 50

      M. Montmarquette, si l'emploi et la langue constituent le premier facteur d'intégration, pourquoi alors faire des signes religieux un incontournable et ce, d'autant plus que leur exclusion des emplois dans les institutions publiques ne constitue pas une dérogation à la liberté des individus de pratiquer leurs religions, mais seulement une concordance avec la conception canadienne des libertés individuelles à la manière britannique, voire russe, les deux étant aussi une des assises du capitalisme avec lequel Mme Dorion dit que les dirigeants du Québec couchent.

      Nde trouvez-vous pas qu'il y a là une certaine anomalie en plus de celles découlant des symboles présents au Salon bleu ?

      Cela dit, je ne lis pas comme M. Cotnoir les vues de la majorité des Québécois et des Québécoises parce que je ne les décode pas comme celles des Québécois d'origine canadienne-française, mais plus comme celles des Québécois et Québécoises de toutes origines qui entendent instituer au Québec un « vivre-ensemble » défini par ses habitants plutôt que par des partis politiques.

      Dès que l'on raisonne ainsi, on voit l'enjeu qu'est la laïcité dans une perspective d'un État de droit délié des contraintes monachiste et déiste du Canada, ce qui en fait un État de droit qui repose avant tout sur les choix des citoyens et des citoyennes.

    • Christian Montmarquette - Abonné 31 mars 2019 12 h 21

      @ Claude Bariteau,

      "Si l'emploi et la langue constituent le premier facteur d'intégration, pourquoi faire des signes religieux un incontournable et ce, d'autant plus que leur exclusion des emplois dans les institutions publiques ne constitue pas une dérogation à la liberté des individus de pratiquer leurs religions" - CB

      Vous le dites vous même, ce sont l'emploi et la langue qui sont les premiers facteurs d'intégration; les premiers, mais pas les seuls. Et c'est la discrimination à l'emploi qui fait obstacle à l'intégration, en plus d'une atteinte à la liberté d'expression religieuse.

    • Jean Jacques Roy - Abonné 31 mars 2019 12 h 29

      « Aussi, je ne comprends pas que ces signes religieux aux antipodes de la laïcité de l’État prônée par QS n’aient pas incité ce parti, comme tous les autres d’ailleurs, à les exclure de l’enceinte du Salon bleu,« @C. Bariteau.
      Vous parlez évidemment de tous les signes et symboles qui affirment bel et bien qu’audessus du législateur provincial se trouve l’État et la monarchie constitutionnelle.

      Il faudra bien un jour s’attaquer non seulement au symbole. il faudra pour le faire se « séparer » polititiquement et juridiquement du pouvoir réel que ces signes monarchiques représentent. Alors seulement, tout comme pour le crucifix, on pourra les déplacer dans une pièce, dans un musée témoignant de notre histoire.

      Il y a une longue côte à remonter pour remobiliser les forces vives du Québec vers l’objectif de l’indépendance. Pour cela, il nous faudra aussi pour nous réapproprier d’un projet de vivre ensemble, de nous reconnaître comme des « citoyens et des citoyennes » à part entière devant la loi... Certes, les idéologues vont reprocher à QS d’utiliser les « Chartes » des droits et Liberté et des instruments juridiques fédéraux. Si on allait au bout de ce raisonnement, il faudrait alors renoncer à se battre comme sos prétexte qu’il serait pas permis de retourner les armes de l’adversaire contre lui-même...

      à suivre...

    • Christian Montmarquette - Abonné 31 mars 2019 15 h 40

      @ Charles-Étienne Gill ,

      "On s'en fout de ladite réaction d'une frange communautariste déjà en opposition radicale avec la société d'accueil. On s'en fout parce qu'il n'y a rien à faire, rien à espérer, rien à en tirer. " - Charles-Étienne Gill

      Le Devoir a censuré ma réplique.

      Je ne vous répondrai donc que je vous laisse à votre enchevêtrement de préjugés.

      Un tel je m'en foutisme ne peut conduire qu'au clivage social que vous dénoncez.

  • Yves Laframboise - Abonné 30 mars 2019 13 h 36

    LES ASTRES

    Ainsi donc, après avoir consulté les astres, s'être épanchés en considérations diverses sur l'oppression de l'individu dans notre société québécoise, s'être épuisés dans des argumentaires aussi profonds que nébuleux, un rayon de lumière est enfin apparu au-dessus des têtes des délégués de QS. Ce rayon, doux et apaisant, vient de les enrober de sa tranquillité d'esprit. Un peu comme le cobra tente de paralyser sa proie par son regard, l'idée de s'opposer à toute interdiction de port de signes religieux, défendu de défendre finalement, cette idée vient enrober les esprits et détendre les corps, encore crispés par les débats houleux des dernières années.

    Ainsi vogue la galère QS, vers un horizon coupé de la réalité, sur une mer imprévisible, avec à son bord des passagers quasi scizophrènes...

  • Donald Bordeleau - Abonné 30 mars 2019 14 h 01

    Du racisme envers les institutions et partenaire du multiculturalisme

    Pas une bonne nouvelle pour le fédéralisme, le multiculturalisme et bonne chance à Justin Trudeau.

    Valérie Plante fait beaucoup d'amalgame et de désinformation. Elle cherche la confrontation sur les réseaux sociaux, pas une bonne idée selon certains pour elle.

    Les signes antireligieux sont porteur d'un message à la fois politique et religieux.

    Comment peut-on se dire intégré à son nouveau pays, tout en refusant de reconnaître (à cause de sa religion) l'égalité homme-femme? Si au contraire, nous voulions prouver que nous sommes avant-gardistes. Nous avons souffert pendant des siècles de l'hégémonie religieuse. On le voit au grand jour aujourd'hui, nous étions dominés et castrés par des pervers. Les signes religieux, on baignait dedans. Nous n'en voulons plus de religions, elles sont sources de conflits et de massacres depuis des millénaires. Libre à tous d'en pratiquer une, mais n'emmerdez personne avec toute forme de prosélytisme.

    Ceci va à l'encontre des valeurs du peuple québécois, et renie par le fait même, le serment fait par le nouvel arrivant.
    https://www.ledevoir.com/opinion/editoriaux/550984/la-laicite-de-l-etat-un-projet-de-loi-legitime

    http://www.journaldemontreal.com/2017/03/27/londre

    https://www.ledevoir.com/lire/524748/l-homme-qui-tutoie-l-islam


    Catherine Dorion s'en prend aux adversaires de la laïcité sans ménagement.

    Les graves insinuations de Catherine Dorion…

    Catherine Dorion et ses insinuations, potentiellement criminelles, sont indignes de la fonction de députée qu’elle occupe.

    https://www.journaldequebec.com/2019/03/26/les-graves-insinuations-de-catherine-dorion

    • Marc Lacroix - Abonné 30 mars 2019 16 h 45

      D'accord avec vous, QS vient de faire la démonstration de son manque de jugement et de son incohérence en refusant toute interdiction des signes religieux pour faciliter l'intégration de femmes qui, en fait, ne veulent pas s'intégrer.

      Une dame convertie à l'Islam s'est offerte pour expliquer sa foi dans un article du Devoir paru il y a un certain temps:

      https://www.ledevoir.com/opinion/libre-opinion/492457/musulmans-du-quebec-je-vous-ecoute

      Lisez les commentaires de Suzanne Chabot - Inscrite. Je ne mets pas en doute la bonne foi de cette dernière, elle a eu le courage d'être honnête dans son témoignage du 24 février 2017 à 12 h 20. Elle y a écrit:

      "Je suis d'accord avec la majorité de la culture Québécoise, mais pas avec tout, et vous savez à peu près tous, en général, ce qui m'oppose à vous. Vous avez raison, je n'y crois pas à l'égalité homme femme. Je ne crois pas non plus à l'homosexualité. Je ne mange pas de porc, ne bois pas d'alcool, ni ne prend aucune drogue.[...] J'ai une autre vision des choses."

      Ce que je trouve paradoxal, c'est qu'on cherche à défendre par la Charte des droits et libertés dans personnes qui refusent l'égalité homme/femme et considèrent "péché" l'homosexualité. Pourtant que la charte prône l'égalité des sexes et refuse la discrimination sur une base d'orientation sexuelle.

      Dans le même commentaire, Madame Chabot indique aussi:

      "Si vous voulez continuer à vous battre contre moi, eh bien continuez, mais ne considérez-vous pas que votre ennemi est peut-être plus fort que vous le pensez? Il faudra bien qu'un jour vous vous accommodiez de l'islam, car il est là pour rester. Il est la 2e plus grande religion du monde et il est en expansion rapide. Cette religion tant décriée par vous est en passe de devenir majoritaire sur le globe. Elle est présente dans tous les pays. même les plus reculés."

      Je vous laisse conclure !

    • Christian Montmarquette - Abonné 30 mars 2019 19 h 16

      @Marc Lacroix,

      "QS vient de faire la démonstration de son manque de jugement et de son incohérence en refusant toute interdiction des signes religieux pour faciliter l'intégration de femmes qui, en fait, ne veulent pas s'intégrer."-Marc Lacroix

      1 ) La cohérence, c'est l'interdiction pour tout le monde ou pas du tout. Et comme l'interdiction pour "tout le monde" est impossible, et bien, c'est "aucune interdiction" qui est la position la plus juste. la plus équitable et la plus cohérente.

      2 ) L'interdiction des signes religieux ne facilitera certainement pas l'intégration des musulmanes et des autres à la société québécoise, en entravant leur droit au travail qui constitue avec la langue un des premiers, sinon LE premier facteur d'intégration en plus de stigmatiser ce segment déjà fragile de la population.

      Et il est même démontré qu'une telle entrave et exclusion des communautés musulmanes et autres favorise au contraire le repli identitaire et le communautarisme ethnique et religieux*.

      Bref, cette loi liberticide et discriminatoire se tire dans le pied.

      * Référence :

      "L’invisibilité de ces femmes trop visibles "

      - Mariam Hassaoui, professeure de sociologie de l'UQÀM

      https://www.youtube.com/watch?v=dInXDh6lek0

      .

  • Christian Montmarquette - Abonné 30 mars 2019 14 h 18

    Une position cohérente

    Je ressens un soulagement face à cette prise de position de QS.

    La posture est cohérente et est la même pour tout le monde.

    Il me semble qu'en matière de droits humains et de droits fondamentaux, c'est essentiel.

    Plus on avançait, et plus on constatait que l'interdiction des signes religieux était inapplicable sans faire de multiples cas d'exceptions, comme dans le cas des CPE ou des écoles privées par exemples. Ce qui démontrait à sa face même son incohérence et son inapplicabilité, ou à tout le moins, sa grande difficulté d'application.

    Christian Montmarquette

    • Michel Barbeau - Abonné 30 mars 2019 16 h 57

      Votre soulagement va être de courte durée car vous allez devoir défendre cette non-décision comme jamais.
      Bon courage !

    • Christian Montmarquette - Abonné 31 mars 2019 09 h 08

      @ Michel Barbeau,

      "Votre soulagement va être de courte durée car vous allez devoir défendre cette décision comme jamais." - Michel Barbeau

      Il n'y a aucune difficulté à défendre la cohérence contre une loi inéquitable, liberticide et discriminatoire.

      C'est plutôt la CAQ qui va devoir ramer un bon coup, avec l'opposition de la Ligues des Droits et Libertés, la Fédération des Commissions scolaires du Québec et les syndicats les plus forts au Québec, tels la CSN, la FAE et la FIQ qui s'opposent déjà à PL-21. Et on ne parle pas de nombre de regroupements communautaires de défense de droits, et même, d'un possible recours aux Nations-Unies déjà évoqué par l'avocat Julius Gray.

      Or donc, au contraire Québec solidaire dispose désormais d'une position forte et cohérente pour combattre la CAQ qui ne pourra dire que nous sommes d'accord sur le principe de l'interdiction. Nous sommes contre toute interdiction, et à plus de 90% du Conseil national selon le chiffre même avancé par Bernard Drainville sur Twitter. D'autant plus que la CAQ démontre déjà son incohérence en interdisant les signes religieux dans les écoles publiques, mais pas dans les écoles au privées. Ou à certains travailleurs du public et pas à d'autres.

      La cohérence serait d'exiger de tout le monde de retirer TOUT signe religieux, et comme cela est inappliquable, alors l'équité, c'est aucune interdiction pour personne.

      En démocratie, on ne peut pas commencer à faire des lois qui s'appliquent aux uns et pas aux autres. Ce serait une aberration qu'on ne voit nulle part ailleurs. La loi doit être la même pour tout le monde ou pas du tout.

      Christian Montmarquette

    • Christian Koczi - Abonné 31 mars 2019 10 h 49

      Comme cohérence, on repassera ! Si j'ai bien pigé, QS est d'accord avec le retrait du crucifix mais le président de l'assemblé nationale assis 2 mètres plus bas peut le porter autour du cou !
      CK

    • Christian Montmarquette - Abonné 31 mars 2019 13 h 20

      @ Christian Koczi,

      "QS est d'accord avec le retrait du crucifix mais le président de l'assemblé nationale assis 2 mètres plus bas peut le porter autour du cou!" - CK

      Un mur n'a pas de droits humains; il ne sollicite pas d'emploi ni n'occupe de poste dans la fonction publique.

      Étant donné qu'on ne peut exiger de tous qu'ils retirent leurs signes religieux, la cohérence autant que l'équité, exige qu'on n'impose de restrictions à personne. En démocratie la loi doit s'appliquer à tous sans exception ou pas du tout et particulièrement lorsqu'il s'agit de droits de la personne.

    • Christian Koczi - Abonné 31 mars 2019 16 h 42

      @ Christian Montmarquette

      J'estime avoir le droit de refuser de subir du prosélytisme contre mon gré, ne serait-ce que par signes affichés...

      CK

  • Germain Dallaire - Abonné 30 mars 2019 14 h 21

    Y’a queq’chose qui cloche là dedans!

    Incroyable mais vrai, QS a choisi de n’interdire aucun signe religieux. Avec cette prise de position, QS est maintenant candidat pour devenir une secte et son logo, un signe religieux. Il ne manque que le message de félicitations de Justin Trudeau qui ne saurait tarder et qui s'apparentera au baiser de la mort.
    Allez donc comprendre quelque chose là-dedans. Un sondage a montré qu’une très large majorité de québécois(e)s sont favorables au projet de loi caquiste. Parmi cette majorité, l’appui est encore plus important chez les francophones. Parallèlement, QS se dit indépendantiste. La souveraineté obtient année après année 35 à 40% d’appui dans l’ensemble de la population du Québec et encore plus chez les francophones. De tous les leaders politiques lors de la dernière élection, Manon Massé était de loin celle qui se revendiquait le plus souvent du peuple. La question est très certainement légitime aujourd’hui: de quel peuple parlait-elle?

    • Sylvie Lapointe - Abonnée 30 mars 2019 15 h 30

      Difficile de deviner de quel peuple exactement Manon Massé de QS se revendiquait il n’y a pas si longtemps. Mais aujourd’hui, j’ai comme l’impression que c’est le peuple de l’ex-PM Couillard qui l’intéresse…

    • Christian Montmarquette - Abonné 30 mars 2019 17 h 48

      @ Germain Dallaire,

      "Avec cette prise de position, QS est maintenant candidat pour devenir une secte.." - Germain Dallaire

      Ça ne changera strictement rien puisque ça fait 13 ans que les péquistes traitent QS de secte, même s'il s'agit d'une organisation publique, sans chef, à élections démocratiques qui dispose de 10 députés et de 1,5 million de financement par année.

      En fait, selon plusieurs définitions, tous les partis et y compris le PQ pourraient être qualifiés de "secte".

      "Le mot « secte » désigne d'abord un ensemble d'individus plus ou moins important qui s'est détaché d'un enseignement officiel philosophique, religieux ou politique pour créer leur propre doctrine, et qui travaillent à faire valoir et imposer leur point de vue.." - Wikipédia

      On voit bien que pire que des sectes, il y a des esprits mal tournés qui cherchent à faire des campagnes de peur et du terrorisme intellectuel et à poser des étiquettes, plutôt que de débattre des positions politique intelligemment.

    • Jean Jacques Roy - Abonné 30 mars 2019 18 h 04

      « Manon Massé était de loin celle qui se revendiquait le plus souvent du peuple. La question est très certainement légitime aujourd’hui: de quel peuple parlait-elle?«  @G. Dallaire

      Effectivement, de « quel peuple » se réclame chacun des dirigeants de partis?

      Pour QS, avec sa position, c’est évident. Tous et toutes nous sommes égaux devant l’État de droit.