Valérie Plante reçoit des messages haineux pour sa prise de position sur la laïcité

La mairesse Valérie Plante estime que le projet de loi sur la laïcité crée de la «division, de l’animosité et de l’insécurité».
Photo: Sean Kilpatrick La Presse canadienne La mairesse Valérie Plante estime que le projet de loi sur la laïcité crée de la «division, de l’animosité et de l’insécurité».

Valérie Plante a indiqué vendredi avoir reçu des messages parfois violents à la suite de sa prise de position concernant le projet de loi sur la laïcité.

« Je suis politicienne et ça fait partie de mon travail, mais depuis [jeudi], les messages que je reçois sont absolument épouvantables, a relaté la mairesse. On voit déjà que ça sort du cadre. C’est très frontal. C’est très agressif. C’est même violent par moments. »

« Mais je suis encore plus préoccupée par les enfants qui sont dans la cour d’école, qui peut-être se font juger et qui se demandent ce qui se passe pour leurs parents, leur mère qui porte le foulard », a-t-elle poursuivi.

La mairesse estime que le projet de loi crée de la « division, de l’animosité et de l’insécurité ». Jeudi, elle avait lancé un appel au calme et à la prudence, signalant que les insultes sur les réseaux sociaux ne feraient pas progresser le débat.

Montréal est une terre d’inclusion. On ne serait pas tous ici si ça n’avait pas été de l’immigration.

Elle a réitéré son message vendredi : « Il faut qu’on comprenne que, peu importe notre position, ce sont des humains dont il est question ici. Ce projet de loi va avoir un impact direct sur ceux et celles qui sont déjà ici et ceux et celles qui pourraient venir. »

« Montréal est une terre d’inclusion. On ne serait pas tous ici si ça n’avait pas été de l’immigration », a-t-elle dit.

La veille, Valérie Plante avait soutenu que le projet de loi sur la laïcité déposé par le ministre Simon Jolin-Barrette contrevenait à plusieurs principes des chartes des droits et libertés. La mairesse compte réclamer du gouvernement des modifications lors de la commission parlementaire.

Si elle est adoptée telle quelle, la loi s’appliquera à la fonction publique et au milieu scolaire, mais aussi à certains employés municipaux puisqu’elle interdira le port de signes religieux pour les policiers. Un chauffeur d’autobus pourrait aussi exiger d’un passager qu’il se découvre le visage à des fins d’identification s’il détient une carte à tarif réduit.

Dans l’entourage de Valérie Plante, on indique qu’une veille des médias sociaux est effectuée régulièrement concernant la mairesse et que, depuis le début de la semaine, les commentaires d’insultes se sont intensifiés à son sujet.

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