Mécontentement chez des organisations religieuses

Pour la communauté juive, se dresser contre le projet de loi «est d’abord et avant tout une question de principe plus qu’une question de répercussion concrète dans la vie de tous les Juifs», <span style=souligne David Ouellette, directeur de la recherche et des affaires publiques au Centre consultatif des relations juives et israéliennes du Québec." height="530" width="828" class="img-responsive">
Photo: Paul Zinken Associated Press Pour la communauté juive, se dresser contre le projet de loi «est d’abord et avant tout une question de principe plus qu’une question de répercussion concrète dans la vie de tous les Juifs», souligne David Ouellette, directeur de la recherche et des affaires publiques au Centre consultatif des relations juives et israéliennes du Québec.

Les représentants de quelques organisations religieuses ont fait part de leur grande insatisfaction au sujet du projet de loi sur la laïcité, jeudi.

« Nous déplorons qu’au nom de la laïcité, ce projet de loi fasse entorse à des droits et libertés fondamentaux, comme celui de la liberté de culte », explique David Ouellette, directeur de la recherche et des affaires publiques au Centre consultatif des relations juives et israéliennes du Québec.

Pour la communauté juive, se dresser contre le projet de loi « est d’abord et avant tout une question de principe plus qu’une question de répercussion concrète dans la vie de tous les Juifs. Notre conception de la laïcité en est une qui repose sur un devoir institutionnel, et non personnel. Nous ne croyons pas que le port de signes religieux compromette la laïcité. Nous ne croyons pas qu’on peut mesurer le respect du principe de laïcité à partir de l’apparence des gens, tout simplement », souligne M. Ouellette.

Haroun Bouazzi, porte-parole de l’Association des musulmans et des Arabes pour la laïcité au Québec, s’inquiète quant à lui du message qu’un tel projet de loi envoie à la population. « Le gouvernement définit ce qui est moral dans une société à travers ses lois. Or, il est clairement en train de nous dire que, pour lui, il est correct d’enlever des droits et de discriminer des minorités sans raison valable. On peut très bien imaginer que ça va légitimer d’autres types de discrimination, pour les minorités concernées et d’autres minorités, et cela pourrait même augmenter le nombre d’actes haineux dans notre société », explique-t-il en entrevue au Devoir.

M. Bouazzi constate par ailleurs que l’actuel débat exacerbe une « fatigue psychologique » chez les musulmans québécois. « Les gens sont tannés d’être jetés en pâture de manière cyclique dans le débat public », regrette-t-il.

L’Organisation mondiale sikhe du Canada a aussi indiqué dans un communiqué qu’elle était « profondément déçue » du projet de loi.

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