Legault prêt à utiliser la disposition de dérogation pour «protéger les valeurs» québécoises

Le premier ministre François Legault
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le premier ministre François Legault

Le premier ministre François Legault a déclaré mardi qu’il était tout à fait prêt à utiliser la clause dérogatoire pour protéger les valeurs québécoises.

« Je pense que c’est important quand on parle de protéger les valeurs, protéger notre langue, protéger ce qu’on a de différent au Québec, il faut être prêt à l’utiliser.

« On s’attendait à ce qu’il y ait certaines personnes, certains juristes qui ne soient pas contents de l’utilisation de la clause dérogatoire, mais ça a été fait par plusieurs premiers ministres », s’est-il défendu. En 1988, le premier ministre libéral Robert Bourassa avait eu recours à la clause dérogatoire afin d’imposer l’affichage unilingue français à l’extérieur des commerces au Québec, a souligné le premier ministre.

La CAQ appelle au calme

Selon toute vraisemblance, c’est jeudi que la Coalition avenir Québec (CAQ) déposera son projet de loi interdisant le port de signes religieux aux employés de l’État ayant un pouvoir coercitif (policiers, juges, procureurs, gardiens de prison) et aux enseignants. Elle inclurait toutefois une clause grand-père pour ceux qui en portent déjà, selon ce que rapporte La Presse.

Selon les informations colligées par Radio-Canada, le gouvernement entend également imposer l’interdiction du port de signes religieux aux agents de la faune et aux directeurs d’école. Il ne serait pas question toutefois d’étendre l’interdiction aux éducatrices en service de garde, que ce soit dans les écoles ou dans les CPE.

« Les discussions ne sont pas terminées », a affirmé M. Legault. Une réunion du caucus caquiste doit d’ailleurs se tenir mardi soir. Le ministre de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion, Simon Jolin-Barrette, qui est responsable du projet de loi sur la laïcité, invite d’ici là les groupes à baisser le ton.

« Je pense que c’est la responsabilité de tous les acteurs de l’espace public, de tous les intervenants, qu’ils soient politiciens, […] mais aussi les acteurs de la société civile, de baisser le ton, de pouvoir discuter, débattre, de parler sereinement », a-t-il dit.

« Il ne faut pas que la chaleur monte, je pense qu’on a une responsabilité collective […] de rester calme », a-t-il renchéri.

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