Le Projet Saint-Laurent prend forme à Québec

La «zone d’innovation du redéveloppement du Littoral Est» vise à décontaminer et à revitaliser des terrains vacants le long du fleuve pour y attirer des entreprises de pointe. D’une superficie totale de 3,9 km2, ces terrains s’étirent de la zone portuaire jusqu’à la chute Montmorency.
Photo: Pierre Lahoud La «zone d’innovation du redéveloppement du Littoral Est» vise à décontaminer et à revitaliser des terrains vacants le long du fleuve pour y attirer des entreprises de pointe. D’une superficie totale de 3,9 km2, ces terrains s’étirent de la zone portuaire jusqu’à la chute Montmorency.

Le Projet Saint-Laurent, cher à François Legault, commence à prendre forme à Québec. Lundi, la Ville a adopté une entente avec le gouvernement pour investir 50 millions dans de futures « zones d’innovation » à proximité du fleuve.

« C’est au coeur de la vision économique du gouvernement et de notre vision », a résumé le vice-président du comité exécutif Rémy Normand, lundi, lors de l’adoption du protocole d’entente liant la Ville au gouvernement et permettant à cette dernière de mettre la main sur 50 millions.

De quoi parle-t-on au juste ? Ce n’est pas très clair, se sont plaints les oppositions de Québec 21 et Démocratie Québec. « On en sait encore très peu », a déploré le chef de Québec 21, Jean-François Gosselin. « Rappelons qu’on vise à exproprier certaines entreprises. »

« L’information que nous avons à l’heure actuelle, elle est un peu mince », a quant à lui fait valoir Jean Rousseau, de Démocratie Québec.

Présentée pour la première fois en février, la « zone d’innovation du redéveloppement du Littoral Est » vise à décontaminer et à revitaliser des terrains vacants le long du fleuve pour y attirer des entreprises de pointe. D’une superficie totale de 3,9 kilomètres carrés, ces terrains s’étirent de la zone portuaire jusqu’à la chute Montmorency.

La Ville dit ainsi vouloir répondre au manque de places dans les parcs industriels en attirant dans le Littoral des entreprises des sciences de la vie et des technologies propres notamment.

Questionné sur l’appui de la Ville à l’agrandissement du port juste à côté, M. Normand s’est défendu d’être en contradiction. « Ce n’est pas contradictoire. […] Ils font leurs choix, et je n’ai rien à dire sur leurs choix. Nous, c’est tout le secteur qui est à côté qu’on veut revitaliser et requalifier. »

Sur mesure pour la CAQ

L’initiative a été conçue sur mesure pour cadrer avec le Projet Saint-Laurent présenté par François Legault en 2014 dans son livre Cap sur un Québec gagnant.

Cinq ans plus tard, le politicien désormais premier ministre a réservé 320 millions à des zones d’innovation dans son premier budget, sans toutefois les associer nécessairement au fleuve.

« Dans certaines municipalités du Québec, des terrains à fort potentiel de développement demeurent sous-exploités en raison des travaux importants à réaliser pour permettre leur valorisation », pouvait-on lire dans le plan budgétaire.

Le plan réservait 100 millions à l’est de Montréal, 50 millions à Québec, 70 millions pour les villes de Gatineau, de Laval, de Lévis, de Longueuil, de Sherbrooke, de Trois-Rivières et de Saguenay, et 100 millions de dollars pour des projets à venir. Déjà, d’autres villes lèvent la main pour avoir leur part, dont Shawinigan.

Il y a toutefois loin de la coupe aux lèvres. Dans le cas de Québec, par exemple, seulement 5 millions seront investis dès cette année pour clarifier la nature du projet. La Ville se donne ainsi jusqu’au 30 septembre pour produire un « document présentant la vision » et son échéancier.

Un comité doit aussi être nommé pour en faire le suivi avec des représentants du ministère de l’Économie, du Service de développement économique de la Ville, de l’Université Laval, de la Coalition Force 4.0, du Conseil régional de la Ville de Québec ainsi qu’un expert urbaniste et un membre de la communauté.