Vers la parité dans les représentations du Québec à l’étranger

La diplomatie québécoise doit prendre «un virage plus économique», a insisté Mme Girault.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne La diplomatie québécoise doit prendre «un virage plus économique», a insisté Mme Girault.

La ministre des Relations internationales, Nadine Girault, s’engage à instaurer la parité homme-femme dans les représentations du Québec à l’étranger.

« On va faire une réforme totale du processus de nomination pour s’assurer que ce soit les meilleurs éléments qui dirigent le corps diplomatique et que celui-ci aussi soit paritaire », a annoncé l’élue caquiste lors de son interpellation à l’Assemblée nationale lundi. « Dans les délégations, on est loin de la parité. Donc, on va s’assurer d’avoir la parité au niveau des délégations à travers le réseau », a-t-elle ajouté.

La parité homme-femme est à portée de main, à tout le moins dans les postes de chefs de mission. En effet, 14 des 32 représentations québécoises (délégations générales, délégations, bureaux, antennes et autres représentations), qui sont dispersées dans 18 pays, sont à l’heure actuelle dirigées par des femmes.

La dernière recrue du gouvernement caquiste est Catherine Loubier. L’ex-directrice de cabinet et adjointe du premier ministre assume les responsabilités de déléguée générale du Québec à New York depuis le 11 février dernier.

En revanche, les activités de 17 postes diplomatiques sont coordonnées par des hommes. Cela dit, Jean-François Lépine dirige à lui seul les bureaux du Québec à Beijing et à Shanghai, ainsi que les antennes de Qingdao et de Shenzhen.

Inquiétudes

Le Parti libéral du Québec s’inquiète aujourd’hui moins de la représentation des femmes dans le réseau diplomatique québécois que de la chaise vide laissée par le Québec au sein de la Délégation permanente du Canada auprès de l’UNESCO depuis le départ de Maria Mourani. « Est-ce qu’on va pouvoir préserver nos acquis ? » a demandé la députée Paule Robitaille à Mme Girault.

L’absence de porte-parole du Québec dans les instances de l’UNESCO témoigne d’une mise sous tutelle de la diplomatie québécoise par le ministère de l’Économie, selon l’élue libérale.

Le député péquiste Joël Arsenault a déploré le « manque d’ambition » du gouvernement caquiste dans le monde.

La diplomatie québécoise doit prendre « un virage plus économique », a insisté de son côté Mme Girault.

Dans cet esprit, le ministère de l’Économie et de l’Innovation prépare une « réforme [des] façons de faire » au ministère des Relations internationales, et ce, de concert avec Investissement Québec. « Les représentations du Québec à l’étranger devront se réinventer, elles doivent devenir des carrefours en appui aux villes, aux universités, aux producteurs culturels, aux investisseurs, aux PME et aux entrepreneurs québécois qui souhaitent conquérir l’international », a averti la ministre en commission parlementaire.

Mme Girault s’est engagée à déposer une stratégie internationale de conquête des marchés étrangers au plus tard à l’hiver 2020. Elle se dit persuadée que « le temps est venu pour nous de tirer davantage profit de notre engagement et de notre crédibilité à l’étranger ».

Enfin, le député caquiste Ian Lafrenière a vanté le « leadership » du Québec dans le jeu diplomatique international. Pour preuve, il a pointé les « courriels de personnes, des richissimes, qui viennent du continent africain, qui veulent [lui] léguer des millions, milliards de dollars, mais qui ont certains petits problèmes avec leurs boîtes courriel ». « Alors, ils me demandent, à moi, comme personne ayant un grand leadership francophone, de les aider là-dedans », a-t-il lancé à la blague.