Québec vise une baisse de 20% de la consommation d’eau potable

À Montréal, la production d’eau potable a diminué de 24% depuis 2001, mais elle demeure élevée, à 767 litres par personne par jour. Les pertes dans le réseau souterrain sont aussi importantes avec un taux de 30%.
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir À Montréal, la production d’eau potable a diminué de 24% depuis 2001, mais elle demeure élevée, à 767 litres par personne par jour. Les pertes dans le réseau souterrain sont aussi importantes avec un taux de 30%.

Figurant parmi les cancres au Canada en matière de consommation d’eau, le Québec se fixe pour objectif de réduire de 20 % la quantité d’eau potable distribuée par personne d’ici 2025. Pour l’instant toutefois, le gouvernement Legault ignore l’ampleur des investissements requis pour retaper les infrastructures d’eau des municipalités.

À l’occasion de la Journée mondiale de l’eau, Québec a présenté vendredi à Québec la Stratégie québécoise d’économie d’eau potable 2019-2025.

La précédente édition de la stratégie, qui s’échelonnait de 2011 à 2017, avait permis au Québec d’enregistrer une baisse de consommation d’eau de 26 % par rapport à 2001. Reste que les Québécois ne peuvent pas se vanter de leur performance, puisque la quantité d’eau distribuée au Québec demeure plus élevée de 28 % que la moyenne canadienne et de 55 % supérieure à celle de l’Ontario. « On consomme 573 litres d’eau par personne par jour alors qu’en Ontario, c’est 203 litres de moins. Ça n’a aucun sens. Il faut agir vite », reconnaît la ministre des Affaires municipales, Andrée Laforest, en entrevue au Devoir.

Les fuites dans les réseaux demeurent toutefois importantes. D’ailleurs, les objectifs de réduction des pertes d’eau de 20 % de la stratégie précédente n’ont pas été atteints. « Au ministère des Affaires municipales, on reçoit de cinq à dix demandes de réfection d’aqueducs, de problèmes de fuite, chaque jour. C’est vraiment considérable », signale la ministre Laforest.

Québec promet d’accompagner les municipalités dans ce chantier. Mais pour l’instant, la ministre n’est pas en mesure de préciser l’ampleur des investissements qui seront requis au cours des prochaines années.

La stratégie resserra les règles en matière d’équipement de plomberie. Il sera notamment interdit d’installer des toilettes qui utilisent plus de 4,8 litres par chasse d’eau dans les habitations. Les pommeaux de douche ne devront pas avoir un débit de plus de 7,6 litres par minute.

573
litres d'eau sont consommés par personne par jour au Québec, alors qu'en Ontario, c'est 203 litres de moins.

Les bâtiments provinciaux, comme les hôpitaux et les écoles, devront aussi donner l’exemple en s’équipant de compteurs d’eau, précise la ministre. Ainsi, la proportion de bâtiments dotés de compteurs devra passer de 46 à 90 %.

Andrée Laforest n’entend pas imposer des compteurs pour les résidences : « Il faut respecter les gouvernements de proximité. C’est aux municipalités de décider. »

Montréal bleue

À Montréal, la production d’eau potable a diminué de 24 % depuis 2001, mais elle demeure élevée, à 767 litres par personne par jour. Les pertes dans le réseau souterrain sont aussi importantes avec un taux de 30 %.

Dans le cadre des consultations prébudgétaires qui débuteront la semaine prochaine, la Ville entend d’ailleurs solliciter l’opinion des citoyens au sujet d’outils d’écofiscalité qui pourraient être mis en place pour financer les infrastructures d’eau et ainsi améliorer le bilan de consommation d’eau.

La Ville évoque, outre un impôt basé sur la valeur foncière, des montants forfaitaires sur le nombre de logements ainsi que la tarification à la consommation.

À l’heure actuelle, Montréal compte dix structures fiscales différentes héritées des fusions/défusions. « On a une obligation légale, d’ici 2022, d’harmoniser cette tarification. On n’a pas le choix de se pencher là-dessus », indique Sylvain Ouellet, responsable du dossier de l’eau au comité de direction. L’élu ne croit cependant pas que les compteurs résidentiels soient la solution pour Montréal.

Montréal, de même que l’Université McGill, a par ailleurs reçu vendredi la certification « Communauté bleue », une attestation qui confirme l’engagement de villes et d’organisations à l’égard du droit de la personne à l’eau et d’une gestion publique de l’eau. Paris, Berlin et Madrid ont déjà obtenu cette certification.

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