Québec promet d’accélérer les réductions de GES

Avec ces investissements, l’objectif de 100 000 voitures électriques (sur un parc automobile de près de cinq millions de véhicules), fixé par le gouvernement Couillard, devrait être atteint d’ici deux ans.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Avec ces investissements, l’objectif de 100 000 voitures électriques (sur un parc automobile de près de cinq millions de véhicules), fixé par le gouvernement Couillard, devrait être atteint d’ici deux ans.

Aux prises avec le retard du Québec en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre, le gouvernement caquiste espère accélérer la transition énergétique en misant sur des mesures qui ciblent le secteur industriel et celui des transports, les deux principaux émetteurs de la province. On promet aussi de présenter sous peu une « approche bonifiée » de lutte contre les changements climatiques.

Le gouvernement s’inscrit dans la continuité des libéraux en prolongeant le programme Roulez vert, qui finance le « rabais à l’acquisition » pour les voitures électriques ou hybrides. Le budget prévoit ainsi 434 millions sur deux ans afin d’ajouter, espère-t-on, 66 000 véhicules électriques sur les routes du Québec, mais aussi des bornes de recharge à domicile et en milieu de travail.

Avec ces investissements, l’objectif de 100 000 voitures électriques (sur un parc automobile de près de cinq millions de véhicules), fixé par le gouvernement Couillard, devrait être atteint d’ici deux ans. Qui plus est, le plan budgétaire évoque déjà la prolongation du programme au-delà de 2021.


Secteur industriel

En plus du secteur des transports, qui représente 43 % du bilan de gaz à effet de serre (GES) du Québec, le gouvernement Legault souhaite réduire les émissions du secteur industriel, qui compte pour plus de 30 % du bilan. Le plan budgétaire prévoit ainsi 410 millions de dollars au cours des cinq prochaines années afin d’« accompagner les entreprises dans leur transition énergétique ».

De ce montant, 320 millions seront consacrés à des « mesures d’accompagnement pour les grandes entreprises industrielles ». Celles-ci bénéficieront donc de nouveaux programmes — Technoclimat et ÉcoPerformance. Dans le cadre de ce dernier volet, doté d’un budget de 100 millions de dollars, le gouvernement compte réserver 45 millions pour la « conversion » des entreprises industrielles de la Côte-Nord au gaz naturel liquéfié.

En plus de ces millions réservés pour amener le secteur industriel vers une « transition » énergétique, le gouvernement prévoit déjà de réserver un montant supplémentaire de 190 millions de dollars « pour amorcer la mise en oeuvre de mesures d’accompagnement adaptées aux besoins des grandes entreprises industrielles ». Celles-ci sont toutefois à préciser.

L’objectif est clair : le Québec répondra à l’urgence climatique, et il le fera en s’assurant que les Québécois ne sont pas pénalisés

S’il planifie d’investir des centaines de millions de dollars pour soutenir les entreprises dans leurs efforts de réduction des GES, le gouvernement limite le financement des mesures d’adaptation aux changements climatiques à 69 millions, et ce, sur cinq ans. De ce montant, 21 millions seront consacrés à des mesures pour les municipalités. Une enveloppe de 38 millions de dollars est en outre prévue pour le « développement des connaissances » en matière d’adaptation et d’« expertise climatique ».

Approche bonifiée

Puisque la crise climatique représente un « défi de taille », le gouvernement de la CAQ s’engage par ailleurs à élaborer une « approchée bonifiée » de lutte contre le réchauffement global, et ce, « au cours de la prochaine année ».

« L’objectif est clair : le Québec répondra à l’urgence climatique, et il le fera en s’assurant que les Québécois ne sont pas pénalisés », a fait valoir jeudi le ministre des Finances, Eric Girard, en présentant les grandes lignes de ce premier budget du gouvernement de François Legault.

En clair, Québec devrait présenter au cours des prochains mois le plan qui doit permettre d’atteindre les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2030, soit 37,5 % par rapport aux émissions de 1990. Même si la réduction avoisine aujourd’hui les 10 %, le ministre de l’Environnement, Benoit Charette, a dit avoir confiance jeudi de respecter la cible fixée pour la prochaine décennie.

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