Le PQ se fait doubler par QS

Québec solidaire a damé le pion au Parti québécois en devenant la deuxième opposition. On voit ici les co-porte-parole Manon Massé et Gabriel Nadeau-Dubois, photographiés lors du conseil national de leur parti en décembre dernier.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne Québec solidaire a damé le pion au Parti québécois en devenant la deuxième opposition. On voit ici les co-porte-parole Manon Massé et Gabriel Nadeau-Dubois, photographiés lors du conseil national de leur parti en décembre dernier.

Qu’ils le veuillent ou non, les élus du Parti québécois (PQ) forment désormais le troisième groupe d’opposition, a tranché le président de l’Assemblée nationale, François Paradis, mercredi.

Moins de dix jours après le départ de l’élue de Marie-Victorin, Catherine Fournier, du groupe parlementaire du PQ, Québec solidaire peut se targuer de former le deuxième groupe d’opposition, a indiqué M. Paradis. Il a dit ne pouvoir ignorer que QS compte dix députés contre neuf pour le PQ. « La voix de notre mouvement politique sera plus forte que jamais à l’Assemblée nationale du Québec ! » s’est aussitôt réjoui le leader parlementaire solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois.

Bouillonnant de colère, la députée péquiste Lorraine Richard a quitté précipitamment le Salon bleu pendant la période des questions. Elle a accusé la nouvelle « députée souverainiste indépendante » Catherine Fournier de s’employer à détruire le PQ.

Le PQ s’était abrité derrière l’« Entente relative au fonctionnement de l’Assemblée » dans laquelle les partis politiques avaient convenu, en novembre 2018, sur la base des résultats électoraux du 1er octobre dernier, « de reconnaître, pour la durée de la 42e législature, le Parti québécois comme deuxième groupe parlementaire d’opposition et Québec solidaire comme troisième groupe parlementaire d’opposition », mais en vain.

« L’entente du début de la législature a donc été conclue en fonction de la composition de l’Assemblée qui prévalait alors. Maintenant, on peut difficilement prétendre que l’entente a pour effet de figer l’Assemblée dans l’État où elle était au début de la législature, et ce, sans égard aux changements à la composition de l’Assemblée pouvant survenir », a fait valoir M. Paradis en chambre mercredi matin.

Il a aussitôt déposé un nouveau plan du Salon bleu, éloignant les neuf élus péquistes du triangle formé des sièges du premier ministre, du chef de l’opposition officielle et du président de l’Assemblée nationale.

Le leader parlementaire du PQ, Martin Ouellet, a dit « pren[dre] acte » de la décision de M. Paradis. « [Celle-ci] ne change en rien la représentation que nous aurons des citoyens et citoyennes qui nous ont tous élus. Que ce soit du siège de la deuxième opposition ou de la troisième opposition, nous continuerons à les défendre sans relâche. Nous serons la première force de proposition officielle », a prétendu M. Ouellet, après avoir rappelé que le PQ a fait élire dix députés et obtenu 17 % des votes le 1er octobre dernier.

À 72 heures du conseil national du PQ, les députés péquistes gardent le moral, a précisé M. Ouellet. « Mais ça nous affecte […] Ce n’est pas une bonne nouvelle. »

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