Solidaires et maintenant syndiqués

La décision du TAT reconnaît 10 accréditations différentes, chaque employé étant rattaché au député pour lequel il travaille directement ou l’un des deux co-porte-parole (le patron).
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne La décision du TAT reconnaît 10 accréditations différentes, chaque employé étant rattaché au député pour lequel il travaille directement ou l’un des deux co-porte-parole (le patron).

La syndicalisation du personnel politique de Québec solidaire au Parlement est une première au Québec, mais risque de rester un cas isolé, si l’on se fie à la réaction des autres partis à l’annonce lundi.

Le Tribunal administratif du travail (TAT) vient d’autoriser la syndicalisation des 45 employés de Québec solidaire qui épaulent les députés au Parlement ainsi que dans les bureaux de circonscriptions.

À la Confédération des syndicats nationaux (CSN), qui les représente, on fait remarquer que c’est une première au Québec pour le personnel politique.

« Les employés du NPD à Ottawa sont syndiqués avec une autre organisation, mais ce n’est pas le même Code [du travail] qui s’applique », note le vice-président du Syndicat Jean Lacharité.

« Ça veut dire que même les attachés politiques d’autres partis politiques pourraient être intéressés par une syndicalisation. »

La décision du TAT a ceci de particulier qu’elle reconnaît 10 accréditations différentes, chaque employé étant rattaché au député pour lequel il travaille directement ou l’un des deux co-porte-parole (le patron). Cela signifie qu’en théorie, les employés d’un seul député d’un autre parti pourraient se syndiquer si la majorité d’entre eux le souhaitaient.

Scepticisme chez les autres partis

Jointes au téléphone lundi après-midi pour savoir si cela pourrait intéresser certains des leurs, les porte-parole de la CAQ et du PLQ se sont montrées sceptiques.

À la CAQ, la porte-parole n’a finalement pas fait de commentaires, alors qu’au PLQ, on a rappelé que le chef intérimaire, Pierre Arcand, avait déjà fait valoir que la nature du travail et les horaires du personnel politique rendaient la syndicalisation difficile à appliquer.

M. Lacharité, de la CSN, concède que c’est un secteur « plutôt atypique ». « Évidemment, ce sont des gens qui sont soumis aux aléas de la politique au sens où, à chaque élection, si les députés perdent leur comté, ces gens-là perdent leur emploi, mais au moment où ils sont en emploi, nous, ce qu’on va tenter de faire, c’est de négocier les meilleures conditions de travail pour eux dans le meilleur environnement possible. »

Enfin, au Parti québécois, on semblait moins surpris par la démarche. À Montréal, les employés de la permanence sont syndiqués « depuis de nombreuses années », a fait remarquer un porte-parole, qui précise toutefois que le parti n’a reçu « aucune demande d’accréditation » des employés de l’aile parlementaire.


Une version précédente de cet article affirmait que les employés à la permanence de Québec solidaire à Montréal faisaient partie des 45 employés autorisés à se syndiquer. Or, il s'agit des employés qui épaulent les députés au Parlement ainsi que dans les bureaux de circonscriptions. Nos excuses.

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