Les jeunes libéraux veulent un chef le plus tôt possible

L’ancienne ministre de l’Économie, Dominique Anglade, l’ex-ministre des Transports, André Fortin, et la nouvelle élue Marwah Rizqy se sont tous dits intéressés dans les derniers mois par le poste de chef du Parti libéral du Québec.
Photo: Jacques Boissinot Graham Hughes La Presse canadienne L’ancienne ministre de l’Économie, Dominique Anglade, l’ex-ministre des Transports, André Fortin, et la nouvelle élue Marwah Rizqy se sont tous dits intéressés dans les derniers mois par le poste de chef du Parti libéral du Québec.

Pour éviter les divisions internes, les jeunes libéraux estiment qu’il est urgent que le Parti libéral du Québec (PLQ) se dote d’un chef et souhaitent que celui-ci soit choisi avant mai 2020. L’aile jeunesse croit également que le parti devra réorienter son image pour mettre davantage en avant l’environnement plutôt que le fédéralisme.

« On ne va pas se le cacher, la course à la chefferie a commencé le 1er octobre quand on a perdu l’élection », souligne Stéphane Stril, président de la Commission-Jeunesse du PLQ. Des personnes ont commencé à tâter le terrain et à faire des rencontres. Dans les faits, les équipes ont commencé à se former, et la course est lancée. »

Plusieurs députés libéraux lorgnent en effet la chefferie depuis le départ de Philippe Couillard. L’ancienne ministre de l’Économie, Dominique Anglade, l’ex-ministre des Transports, André Fortin, et la nouvelle élue Marwah Rizqy se sont tous dits intéressés par le poste dans les derniers mois.

À l’externe, plusieurs noms de personnalités continuent à circuler, notamment celui de l’ancien maire de Montréal, Denis Coderre, ainsi que celui de l’homme d’affaires Mitch Garber.

Si le premier n’a pas fait de commentaires, le deuxième a assuré sur Twitter ne pas être désireux de se lancer dans la course à la direction.

L’aile jeunesse libérale croit que plus rapidement la course à la chefferie sera mise en branle, plus rapidement les membres du parti pourront « relancer la machine pour regagner la confiance des Québécois » d’ici la prochaine élection provinciale de 2022.

« Ce qu’on dit, c’est qu’il ne faut pas que ça dure trop longtemps parce que ça peut créer des clans et il ne faut pas que ça nous divise parce que plus longtemps ça dure, plus ça peut causer des cicatrices », explique M. Stril.

Le principal obstacle au recrutement et à la mobilisation des membres est d’ailleurs l’absence d’une figure de proue, soutient M. Stril.

« C’est plus difficile de convaincre des gens de s’impliquer lorsqu’on n’a pas de projet à leur proposer, pas de nouvelles idées à leur soumettre et qu’on n’a pas de figure de proue à la tête du parti prête à devenir le prochain premier ministre du Québec », mentionne-t-il.

Le chef intérimaire, Pierre Arcand, n’a pas souhaité commenter la sortie des jeunes libéraux rappelant qu’il a un devoir de réserve. Il a par ailleurs rappelé que les règles de la campagne à la chefferie seraient annoncées lors du conseil général qui se tiendra les 4 et 5 mai à Drummondville.

Environnementalistes

L’élection de leur nouveau chef devra s’accompagner du renouvellement de l’image du parti, dit l’aile jeunesse.

« Pendant un bon moment, le simple fait d’être [le parti] fédéraliste suffisait à gagner des élections, la question nationale était tellement présente que la majorité se ralliait à nous quasiment par automatisme […] Aujourd’hui, on ne peut plus simplement être vu comme le parti fédéraliste, ce n’est plus suffisant », indique M. Stril.

Les jeunes libéraux souhaitent que le parti soit vu en 2022 comme celui de l’environnement. « De la même façon qu’on pense au fédéralisme et aux libertés individuelles, on veut que lorsqu’on pense au Parti libéral du Québec on pense à l’environnement », dit-il.

« Il faut qu’on change la perception que les gens ont de nous, qu’on rajeunisse notre image, qu’on se modernise comme parti », ajoute-t-il.

M. Stril rappelle qu’en début de campagne, le vote des jeunes était favorable aux libéraux selon les sondages avant le début de la campagne électorale.

« On était premiers chez les jeunes et, dès que la campagne a commencé, les jeunes ont regardé les différents programmes et ont réalisé qu’on ne parlait pas beaucoup d’environnement […] Forcément, ils se sont dirigés vers Québec solidaire, mais je ne pense pas que la majorité des jeunes qui ont voté pour QS soient des marxistes ou des gens d’extrême gauche », dit M. Stril.

D’ailleurs, le président de l’aile jeunesse croit que son parti devra faire preuve d’audace en matière d’environnement. « Il faudra être courageux et proposer des mesures contraignantes. On ne peut plus rester simplement dans l’incitatif pour la réduction des gaz à effet de serre et la protection de la planète », insiste-t-il.

Il donne l’exemple de l’interdiction des pailles en plastique proposé par Philippe Couillard en campagne, qui selon lui ne va pas assez loin.

« Il va falloir arrêter de proposer des mesurettes qui au final n’auront pas un grand impact. Interdire les pailles, c’est nécessaire, mais je pense que plutôt que de proposer de petites mesures comme ça, il faut avoir une réflexion plus large sur l’utilisation du plastique dans notre société et notre dépendance au plastique », soutient-il.

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