Mine de lithium en Abitibi: un comité citoyen met Québec en demeure

Un échantillon de lithium
Photo: Petr David Josek Archives Associated Press Un échantillon de lithium

Un résident de l’Abitibi-Témiscamingue a mis en demeure le ministère de l’Environnement du Québec pour qu’il ordonne la tenue de consultations du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) concernant le projet minier de Sayona Mining.

Le résident en question, Rodrigue Turgeon, dirige le Comité de citoyens pour la protection de l’esker, qui réclame depuis plusieurs mois la tenue de consultations du BAPE sur ce projet.

Invité à réagir, le ministre de l’Environnement, Benoît Charette, a dit que cette mise en demeure ne changeait rien à ses plans. « Les règles et la loi sont claires à ce niveau-là. On a jusqu’au 20 mars pour indiquer nos intentions », a-t-il dit.

M. Turgeon a affirmé dans un communiqué qu’il avait déposé sa mise en demeure en réaction aux propos tenus la semaine dernière par le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon. « On ne va pas se soustraire aux règles. Il faut les respecter. […] On va essayer de voir si on peut aller sans BAPE […] dans un contexte où ça peut se faire », avait-il dit.

L’entreprise Sayona Mining souhaite creuser une mine de lithium à ciel ouvert de 200 mètres de profondeur sur une longueur d’un kilomètre. Le projet suscite des inquiétudes, car le site se trouve à 50 mètres d’une section de l’esker St-Mathieu Berry, une formation géologique produisant une source d’eau très pure.

En campagne électorale, la Coalition avenir Québec (CAQ) — comme les autres partis — s’était engagée à demander des consultations du BAPE sur ce projet. Or, après l’élection, le gouvernement a dit vouloir prendre davantage de temps pour y réfléchir.

Le climat de suspicion envers la minière est d’autant plus grand qu’elle a présenté un projet de production de 1900 tonnes par jour, juste en dessous du seuil de 2000 tonnes à partir duquel un examen du BAPE est obligatoire.

M. Turgeon appuie justement sa mise en demeure sur un avis légal de l’avocat en droit de l’environnement Me Marc Bishai, selon lequel le projet excède la limite réglementaire de 2000 tonnes par jour et doit être assujetti au BAPE.