Le PLQ va revoir sa position sur la réforme du mode de scrutin

La réforme du mode de scrutin ne fera pas l’objet d’un référendum, a par ailleurs réitéré Mme LeBel mardi.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne La réforme du mode de scrutin ne fera pas l’objet d’un référendum, a par ailleurs réitéré Mme LeBel mardi.

Le Parti libéral du Québec n’a pas dit son dernier mot dans le débat sur le mode de scrutin. Les élus discuteront de la possibilité de revoir le non catégorique opposé par le gouvernement Couillard à la mise en place d’un mode de scrutin proportionnel mixte compensatoire à laquelle la CAQ, le PQ et QS souscrivent, a indiqué Marwah Rizqy.

« On va voir ce qu’on peut faire pour participer au débat. […] On va évidemment réfléchir en caucus à certains arguments qui ont été soulevés », a affirmé la députée de Saint-Laurent dans une mêlée de presse, mardi.

Derrière elle, la ministre de la Justice, Sonia LeBel, a réitéré son engagement à mettre sur pied un nouveau mode de scrutin, qui « saura mieux refléter le vote exprimé, tout en préservant la représentation des régions et en tenant compte de la stabilité des futurs gouvernements », à temps pour le scrutin du 1er octobre 2022.

Même si elle estime pouvoir modifier les règles du jeu électoral au moyen d’une simple loi adoptée par les 75 élus caquistes, les 10 élus péquistes et les 10 élus solidaires, Mme Lebel recherche un « vaste consensus » sur la nécessité d’instaurer un mode de scrutin proportionnel mixte compensatoire régional. « Un vaste consensus requiert des efforts d’information et d’éducation auprès de la population et des acteurs civils de la société », a-t-elle soutenu aux côtés de membres du Mouvement Démocratie Nouvelle (MDN), Jean-Pierre Charbonneau et Françoise David.

On n’est pas naïfs, personne, et on sait encore qu’il y a beaucoup de travail, beaucoup de résistance et beaucoup de récifs devant nous, mais on est confiants 

Dans cet esprit, le gouvernement québécois octroiera, au cours des deux prochaines années, 225 000 $ au MDN afin de mener une « campagne » d’information sur les « tenants et aboutissants de la réforme » promise.

Après avoir milité pendant une vingtaine d’années en faveur d’une réforme du mode de scrutin, l’ex-membre de l’Assemblée nationale Jean-Pierre Charbonneau « voit poindre la lumière au bout du tunnel ». « On n’est pas naïfs, personne, et on sait encore qu’il y a beaucoup de travail, beaucoup de résistance et beaucoup de récifs devant nous, mais on est confiants », a déclaré le président du MDN.

Pas de référendum

Selon le modèle actuellement retenu, 75 des 125 sièges de l’Assemblée nationale pourraient être réservés à des députés représentant des circonscriptions, dont les frontières épouseraient celles des circonscriptions québécoises de la carte électorale fédérale. Les 50 autres sièges seraient distribués entre les partis politiques en fonction de la proportion de votes qu’ils ont obtenue dans chacune des régions.

La réforme du mode de scrutin ne fera pas l’objet d’un référendum, a par ailleurs réitéré Mme LeBel mardi. « C’est suffisamment important pour que l’on consulte la population, mais je ne pense pas, et nous ne croyons pas à ce stade-ci que le référendum est la façon de consulter la population », a-t-elle fait valoir devant la presse.

La vice-présidente du MDN, Françoise David, est du même avis. « Le référendum n’est pas nécessaire. Il y a beaucoup d’autres façons de consulter la population, de s’assurer que le projet de loi est bien compris, d’aller chercher l’adhésion populaire », a affirmé l’ex-porte-parole de Québec solidaire, de passage sur la colline Parlementaire.

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