Le PLQ se plaint de l’austérité post-électorale

Pierre Arcand invite la classe politique à augmenter le financement des partis politiques.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Pierre Arcand invite la classe politique à augmenter le financement des partis politiques.

Déplorant des finances « serrées », le chef intérimaire du Parti libéral du Québec, Pierre Arcand, invite la classe politique à augmenter le financement des partis politiques. La démocratie l’exige, selon lui.

« Suite à l’élection, on a beaucoup moins de revenus qu’on avait. Et ça, je pense que, pour la démocratie, c’est quelque chose qu’il faut regarder », a-t-il soutenu jeudi.

En 2013, les élus ont fait passer, « dans un grand geste théâtral », la contribution maximale pouvant être versée par un électeur à un parti politique de 1000 $ à 100 $ par année. « Tout le monde a dit — là, on était dans la vertu totale à ce moment-là — [que] c’était limité à 100 $. Bon, on a tous accepté que ce soit ça », a-t-il rappelé, non sans regrets, à la presse. Des revenus d’appariement de 2,50 $ pour chaque dollar amassé en contributions auprès des électeurs avaient été prévus dans la loi, mais aucun mécanisme d’indexation. Plus de cinq ans plus tard, M. Arcand propose aux autres formations politiques d’en re-« discuter un moment donné ».

Le chef péquiste, Pascal Bérubé, s’y refuse. « Je n’en suis pas là », a-t-il dit, rappelant que le PQ amasse « le plus de dons populaires et de petits dons ». « On n’a jamais été un parti qui avait les forces de l’argent, mais on a la force du nombre. […] On s’organise en conséquence. »

La ministre de la Justice, Sonia LeBel, a aussi dit ne pas appuyer une hausse du don maximal autorisé par électeur. « À coups de 100 piastres, influencer un gouvernement, ça devient beaucoup plus difficile », a fait valoir l’ex-procureur en chef de la commission Charbonneau.

Les électeurs ont imposé, le 1er octobre dernier, l’austérité au PLQ et au PQ. Le financement public des formations politiques étant en partie proportionnel aux suffrages exprimés, chaque vote vaut son pesant d’or — ou plutôt 1,58 $ par année. L’effondrement du vote libéral (-756 034 votes ou -17 points de pourcentage) et péquiste (-386 125 votes ou -8 points de pourcentage) se traduit par une baisse du financement public annuel de 1 535 000 $ au PLQ et de 754 000 $ au PQ. « Je ne peux pas me réjouir de ça », a dit M. Arcand. « On doit se redéfinir non seulement sur le plan politique, mais également sur le plan de l’organisation », a-t-il ajouté.

Le PLQ et le PQ devront tous deux engloutir, au cours des quatre prochaines années, des sommes importantes dans l’organisation d’une course à la chefferie, puis de la campagne électorale 2022. « On doit faire de plus en plus d’animation », a fait remarquer le chef intérimaire libéral.

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