Le CISSS du Centre-du-Québec reste à ce jour un vague projet

Lors de la réforme Barrette de 2015, le Centre-du-Québec a été la seule région administrative à ne pas se faire attribuer un CISSS.
Photo: iStock Lors de la réforme Barrette de 2015, le Centre-du-Québec a été la seule région administrative à ne pas se faire attribuer un CISSS.

Le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) a donné un signe de plus, mercredi, de son intention de revenir sur sa promesse de créer un nouveau Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) à Drummondville.

Après la période de questions mercredi, le député péquiste Sylvain Gaudreault a présenté une motion réclamant que « l’Assemblée nationale exige que le gouvernement du Québec dote la région du Centre-du-Québec de son propre CISSS ».

Le député Sébastien Schneeberger (Drummond–Bois-Francs) s’est levé pour la rejeter. Or il faisait partie des candidats de la CAQ à avoir promis exactement cela pendant la campagne.

« La région [du Centre-du-Québec] doit être autonome en santé, déclarait-il en août. C’est-à-dire qu’elle doit s’administrer elle-même. La fixation des priorités et la prise des décisions doivent se faire en fonction des besoins locaux sur une base régionale. »

Pour le député Gaudreault, le rejet de la motion confirme que la CAQ entend briser sa promesse : « Ça fait juste mettre en lumière [qu’ils] sont en train de reculer sur leur promesse […] La motion ne pouvait pas être plus claire que ça. On n’a même pas mis d’échéancier et ils l’ont refusée ! »

Lors de la réforme Barrette de 2015, le Centre-du-Québec a été la seule région administrative à ne pas se faire attribuer un CISSS. La décision du gouvernement libéral de plutôt l’intégrer à celui de la Mauricie n’a jamais été vraiment acceptée par la population de la région.

Pendant la campagne électorale, la CAQ, comme le PQ, s’est engagée à créer un nouveau CISSS. Une promesse qu’a réitérée André Lamontagne lorsqu’il a été nommé ministre responsable de la région en octobre. « Quand mon premier ministre m’a confié cette nouvelle charge, j’ai validé avec lui. Il m’a dit : “André, c’est ça qu’on a annoncé et c’est là qu’on s’en va” », avait-il déclaré en entrevue au Nouvelliste.

Or depuis, les dirigeants du CIUSSS de la Mauricie ont pris position contre le projet et les élus de la CAQ sont devenus de plus en plus vagues sur leurs intentions. Inquiète, la Chambre de commerce et d’industrie de Drummond (CCID) interpelle le gouvernement, depuis quelques semaines, pour s’assurer que le projet figure dans le prochain budget.

Face au rejet de la motion mercredi, sa présidente, Linda Desrochers, semblait résignée. « Là, on a l’heure juste. C’est sûr que c’est malheureux, se désolait-elle mercredi. C’était un enjeu qui était primordial pour le développement de la région. »

La présence d’un CISSS, selon elle, aurait eu un impact économique certain. « Avoir une autonomie en santé, ça aide au développement, à l’attractivité des entreprises pour la main-d’oeuvre. »

Invité à réagir, le maire de Drummondville, Alexandre Cusson, préférait quant à lui donner la chance au coureur. Pour lui, le rejet de la motion relève surtout du « jeu politique » et ne signifie pas nécessairement l’abandon du projet. « Je suis loin de paniquer », a-t-il dit.

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