Renvoi du lanceur d'alerte Louis Robert: la protectrice du citoyen enquête

L’agronome Louis Robert a transmis des informations à des journalistes concernant l’ingérence de l'industrie agricole dans les recherches publiques sur les pesticides.
Photo: Seth Perlman Archives Associated Press L’agronome Louis Robert a transmis des informations à des journalistes concernant l’ingérence de l'industrie agricole dans les recherches publiques sur les pesticides.

Nouveaux développements dans l’affaire Louis Robert, cet agronome du ministère de l’Agriculture congédié en janvier pour avoir dénoncé l’ingérence de l’industrie des pesticides dans la recherche : le Protecteur du citoyen mène actuellement une intervention au ministère, tandis que M. Robert déposera bientôt un grief pour contester son congédiement.

Dans une lettre déposée à l’Assemblée nationale mardi, la protectrice du citoyen, Marie Rinfret, a fait savoir qu’elle mène un processus d’investigation au ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation en vertu de la loi sur les lanceurs d’alerte.

La lettre de la Protectrice du citoyen

Or, M. Robert a été considéré comme un « lanceur d’alerte » et il a été limogé le 24 janvier pour avoir transmis un document confidentiel à un journaliste, ainsi que pour avoir contrevenu à ses obligations de discrétion, selon la lettre de congédiement rendue publique.

En entrevue mardi après-midi, la porte-parole du Protecteur du citoyen, Carole-Anne Huot, a refusé de confirmer que l’enquête portait précisément sur Louis Robert, puisqu’il s’agit d’une intervention menée privément.

Cependant, la lettre indique que l’organisme mène son intervention « à la lumière des échanges et débat intervenus dans les derniers jours à l’occasion de la reprise des travaux parlementaires ».

Rappelons toutefois que le Parti libéral a demandé précisément une enquête du Protecteur du citoyen, tandis que le ministre de l’Agriculture lui-même, André Lamontagne, avait dit espérer qu’une enquête soit menée.

Mme Huot a refusé de préciser sur quels motifs porterait l’intervention du Protecteur du citoyen, ni l’étendue de son investigation, à savoir si elle pouvait porter par exemple sur l’influence de l’industrie des pesticides, les pressions subies par les fonctionnaires, etc.

Pour sa part, le Syndicat des professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ), qui défend son membre, estime que l’intervention du Protecteur du citoyen est insuffisante.

En entrevue mardi avec La Presse canadienne, le président du SPGQ, Richard Perron, a déclaré que l’intervention du protecteur du citoyen « est strictement limitée à des questions techniques pour dédouaner le ministre et cela ne va pas au fond des choses ».

Par ailleurs, une source bien au fait du dossier a confirmé que M. Robert allait déposer bientôt un grief pour contester son congédiement. En vertu des règles, l’ex-employé a un mois, soit jusqu’au 25 février, pour déposer son grief.