Legault songe à mieux protéger les lanceurs d’alerte

François Legault s’est gardé mardi d’annuler le congédiement de l’agronome Louis Robert.
Photo: Justin Tang La Presse canadienne François Legault s’est gardé mardi d’annuler le congédiement de l’agronome Louis Robert.

Le premier ministre, François Legault, s’est affairé mardi à dissiper l’impression que les lanceurs d’alerte sont des ennemis publics. Il n’a pas exclu la possibilité d’amender la législation afin de renforcer la protection qui leur est offerte. « On va regarder pour aller plus loin », a-t-il affirmé à l’Assemblée nationale.

La Loi facilitant la divulgation d’actes répréhensibles à l’égard des organismes publics (loi 34), qui a été adoptée par l’Assemblée nationale en décembre 2016, « n’allait pas assez loin », a-t-il mentionné.

Les élus de la Coalition avenir Québec s’étaient opposés à l’adoption de la loi 34, puisqu’elle ne s’appliquait pas aux municipalités. « On a insisté beaucoup pour qu’il n’y ait pas d’actes de représailles sur les lanceurs d’alerte qui possèdent un lien d’emploi avec l’organisme dans lequel ils dénoncent », avait soutenu l’élu caquiste André Spénard en décembre 2016.

M. Legault s’est toutefois gardé mardi d’annuler le congédiement de l’agronome Louis Robert, « décidé » par un sous-ministre « nommé par les libéraux », a souligné à gros traits le chef du gouvernement, puis « exécuté » par M. Lamontagne. « Si la protectrice du citoyen arrive à une autre conclusion, on agira en conséquence », a-t-il annoncé en chambre.

Le chef de l’opposition officielle, Pierre Arcand, s’en est désolé. « Un expert qui a travaillé toute sa vie pour protéger les citoyens du Québec doit maintenant attendre des mois, peut-être même des années, avant d’obtenir une décision », a-t-il déploré.

Même si le flou s’est épaissi sur les motifs du renvoi du fonctionnaire lanceur d’alerte Louis Robert, le premier ministre a réitéré sans hésitation sa confiance à l’égard du ministre André Lamontagne. Il a dit l’appuyer « à 100 % ».

Ce dernier a été mardi la principale cible des attaques des partis d’opposition. Par ses explications changeantes, M. Lamontagne a sapé la confiance du public à l’égard de l’État, a fait valoir l’élu libéral Gaétan Barrette.

« Devant n’importe quelle cour de justice, un témoin qui offrirait quatre, cinq, six, sept témoignages différents et contradictoires serait qualifié par n’importe quel juge de témoin non crédible », a-t-il dit.

Les partis d’opposition ont pressé M. Legault de juger de la conduite de M. Lamontagne avec la même sévérité que celle de MarieChantal Chassé. « Je veux que les doubles standards arrêtent. Si ici il y a un double standard, que M. Legault en prenne acte et agisse », a lancé la co-porte-parole de Québec solidaire Manon Massé. L’élue n’a toutefois pas voulu dire si M. Legault est, selon ses observations, plus clément avec M. Lamontagne qu’avec Mme Chassé, qui a été exclue du Conseil des ministres au début de l’année.

Le chef de l’opposition officielle, Pierre Arcand, a mentionné que les faits reprochés au ministre de l’Agriculture, qui a autorisé le renvoi du fonctionnaire lanceur d’alerte Louis Robert, sont plus graves que ceux évoqués par M. Legault pour justifier l’exclusion de MarieChantal Chassé de son équipe ministérielle.

« Madame Chassé avait certainementcertains problèmes de communication. Dans ce cas-ci, ce n’est pas juste des problèmes de communication. Je pense qu’il y a eu une question de jugement qui est en cause aussi », a-t-il fait valoir avant la période des questions.

Selon la députée solidaire Émilie Lessard-Therrien, « le fond du problème, c’est l’ingérence des entreprises privées dans l’État du Québec ».

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