Mise à jour de sécurité à l’Assemblée nationale

En plus de consacrer 60 millions de dollars à la construction d’un nouveau centre des visiteurs et de nouvelles salles de commission parlementaire, la direction de l’Assemblée nationale a ordonné la «modernisation» des systèmes de contrôle d’accès et de vidéosurveillance dans l’hôtel du Parlement et des bâtiments adjacents, érigés à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle.
Photo: Jarvis Baker Getty Images En plus de consacrer 60 millions de dollars à la construction d’un nouveau centre des visiteurs et de nouvelles salles de commission parlementaire, la direction de l’Assemblée nationale a ordonné la «modernisation» des systèmes de contrôle d’accès et de vidéosurveillance dans l’hôtel du Parlement et des bâtiments adjacents, érigés à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle.

L’Assemblée nationale achève un vaste chantier visant à renforcer la sécurité sur la colline Parlementaire. Le Devoir a obtenu des informations sur les mesures retenues afin de couvrir d’une armure cette « cible potentielle pour quiconque voudrait déstabiliser une démocratie » selon l’ex-président Jacques Chagnon grâce à des documents obtenus en vertu de la Loi d’accès aux documents publics.

En plus de consacrer 60 millions de dollars à la construction d’un nouveau centre des visiteurs et de nouvelles salles de commission parlementaire, la direction de l’Assemblée nationale a ordonné la « modernisation » des systèmes de contrôle d’accès et de vidéosurveillance dans l’hôtel du Parlement et des bâtiments adjacents, érigés à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle. « Depuis, les besoins des parlementaires et de la population ont évolué de façon considérable. En ce sens, les infrastructures en matière de sécurité et d’accueil sont désuètes », a-t-elle écrit dans un appel d’offres public datant du printemps 2016.

En août de la même année, l’Assemblée nationale a chargé l’entreprise Logic-Contrôle de procéder au remplacement de quelque 230 caméras, à la relocalisation d’interphones ainsi qu’au démantèlement et remplacement du système de contrôle d’accès, afin d’y intégrer environ 320 portes. Moins de deux années après la fusillade au Parlement d’Ottawa s’étaient écoulées.

Il s’agit d’une liste « ni exhaustive ni limitative » des travaux à réaliser, précise l’Assemblée nationale.

En effet, celle-ci a aussi commandé au fil des derniers mois à Logic-Contrôle des équipements de contrôle comme des portillons automatiques, des portes tournantes, des appareils à rayons X et des arches de détection de métaux.

Dans la cour intérieure et dans le nouveau centre des visiteurs, environ 50 nouvelles caméras, 70 nouvelles portes à contrôler, et un nouveau système d’interphone seront également installés avant l’ouverture, qui est prévue le printemps prochain.

Les agents de sécurité pourront alors suivre les allées et venues dans l’hôtel du Parlement, à partir d’un poste de contrôle unifié (PCU).

L’ancien président de l’Assemblée nationale, Jacques Chagnon, avait plaidé pour un renforcement des mesures de sécurité sur la colline parlementaire. Il citait un rapport de la Surêté du Québec, produit en 2011 puis actualisé au lendemain de la fusillade dans la capitale fédérale, selon lequel il existe plusieurs lacunes dans le dispositif de protection.

L’Assemblée nationale est quitte pour une facture de près de 3,3 millions de dollars seulement de Logic-Contrôle.

Le Parlement a brandi la Loi sur l’accès aux organismes publics pour refuser de transmettre les renseignements dont « la divulgation aurait pour effet de réduire l’efficacité d’un programme, d’un plan d’action ou d’un dispositif de sécurité destinée à la protection d’un bien ou d’une personne ».

Avec Dave Noël

Une bombe irlandaise?

Le 11 octobre 1884, le parlement de Québec est la cible d’un double attentat à la bombe qui entraîne l’effondrement d’une partie du mur de la façade. « Le choc fut si violent que la plupart des vitres des différents bureaux publics et des résidences voisines volèrent en éclats », lit-on dans Le Courrier du Canada. « Ce fut une vraie panique et plusieurs crurent que c’était la fin du monde. » On ne dénombre cependant qu’un blessé parmi les ouvriers chargés de la construction du palais législatif.

Selon certains, cette opération terroriste serait commanditée par un rival de l’entrepreneur responsable du chantier du parlement. Pour d’autres, il s’agirait plutôt de l’oeuvre des Féniens irlandais luttant pour l’indépendance de leur île natale. L’attentat est d’ailleurs revendiqué par la Fenian Brotherhood de New York. Le mystère perdure.

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