Les promesses de la CAQ financées par des économies de 838 millions

François Legault dit avoir été «très clair» auprès de son équipe gouvernementale: «d’aucune façon ça ne va affecter les services». «Ça ne touchera pas les services», a-t-il réitéré devant les caméras de télévision.
Photo: Justin Tang La Presse canadienne François Legault dit avoir été «très clair» auprès de son équipe gouvernementale: «d’aucune façon ça ne va affecter les services». «Ça ne touchera pas les services», a-t-il réitéré devant les caméras de télévision.

Le premier ministre François Legault estime « raisonnable » de dégager des économies de 838 millions de dollars en une seule année (2019-2020) sans nuire aux services à la population.

Il en va de la concrétisation des promesses électorales phares faites par les candidats de la Coalition avenir Québec, comme le retour à un tarif de garde unique, l’injection de 200 millions de dollars dans les soins à domicile, l’uniformisation du taux de taxe scolaire à la grandeur du Québec. « Ces promesses-là vont être respectées », a affirmé M. Legault en marge d’une séance du Conseil des ministres, à Gatineau, mardi.

Ce n’est pas le ministère où il y a une promesse qui va devoir financer lui-même toutes les promesses qui ont été faites dans son ministère

Le chef du gouvernement a répété qu’il misait sur l’instauration de meilleures pratiques d’approvisionnement (148 millions) et une amélioration de la gestion en informatique (53 millions) de la part des ministères ainsi que sur d’autres « gains d’efficacité » pour couvrir le coût des promesses faites durant la campagne électorale.

Une omission

M. Legault s’est toutefois abstenu de rappeler que la CAQ s’est engagée l’automne dernier à procéder à une « évaluation de programmes » de l’État pour économiser 150 millions ou encore à une attrition dans l’administration publique pour épargner 93 millions, seulement en 2019-2020, en plus de demander aux sociétés d’État d’accroître les dividendes qu’elles versent à l’État à hauteur de 100 millions.

« Ce n’est pas le ministère où il y a une promesse qui va devoir financer lui-même toutes les promesses qui ont été faites dans son ministère. C’est l’ensemble des ministères à qui on a demandé, comme on l’avait dit dans le cadre financier, de faire des gains d’efficacité, d’éliminer de la bureaucratie », a déclaré M. Legault dans un impromptu de presse. « On a fait des arbitrages », a-t-il ajouté à environ deux mois du dépôt du budget du Québec.

Services protégés

M. Legault dit avoir été « très clair » auprès de son équipe gouvernementale : « d’aucune façon ça ne va affecter les services ». « Ça ne touchera pas les services », a-t-il réitéré devant les caméras de télévision.

La vice-première ministre, Geneviève Guilbault, s’est engagée à « protéger à tout prix les services aux citoyens » tout au long de cet exercice budgétaire. « On a reçu effectivement chacun, dans nos ministères, des cibles de réduction… mais, appelons ça de réaménagement des dépenses pour être capable de dégager des marges de manoeuvre à l’intérieur des enveloppes qui sont déjà disponibles. […] J’ai fait ce travail comme tous mes collègues », a-t-elle affirmé. Mme Guilbault s’est néanmoins gardée de dévoiler la « modeste » cible de réduction des dépenses fixée pour le ministère de la Sécurité publique au terme de « tractations », affirmant que celle-ci est « privée à ce moment-ci ».

Estimant que le ministère de la Famille « a assez donné » durant les années libérales, son confrère Mathieu Lacombe entrevoit la possibilité d’effectuer des gains d’efficacité en réduisant la « paperasse ». Il a invité ses collègues à se serrer les coudes afin de mettre fin à la modulation des tarifs selon le revenu des parents des centres de la petite enfance (CPE) et des garderies privées subventionnées. « Ne vous attentez pas à ce que ce soit le ministère de la Famille qui finance à lui seul le retour au tarif unique. Ce n’est pas comme cela que ça va fonctionner. C’est un effort collectif », a-t-il insisté.

Laïcité : Legault justifie les questions posées

Le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) recueille des données sur le port de signes religieux dans la fonction publique pour donner tort à ceux qui arguent que le projet de loi sur la laïcité entraînera des pertes d’emplois. « Il y a des commissions scolaires et des groupes qui disent : “Ah, il va y avoir plein de gens qui vont perdre leur emploi”, donc on leur demande : “Ah oui ? Avez-vous le nombre ?” », a exposé mardi le premier ministre François Legault. « On n’a pas commencé à faire un dénombrement de ceux qui portent des signes religieux », a-t-il insisté en mêlée de presse en marge de la rencontre de son conseil des ministres, qui se tenait à Gatineau. Dans le cadre de l’élaboration de son projet de loi, le ministre responsable du dossier de la laïcité, Simon Jolin-Barrette, a demandé des statistiques sur cette question aux ministères de la Justice, de la Sécurité publique et de l’Éducation. « On a pu constater que du côté des policiers de la Sûreté du Québec, il n’y a pas de policiers qui portent de signes religieux, même chose pour les juges », a-t-il relaté à l’issue de la rencontre du cabinet caquiste. Les commissions scolaires ont pour leur part signalé que l’information n’était pas disponible. Le ministre Jolin-Barrette a soutenu qu’« à partir du moment où ces statistiques n’existent pas, ça se termine là ».

6 commentaires
  • Yvon Pesant - Abonné 30 janvier 2019 04 h 11

    Le CHANGEMENT, MAINTENANT

    Comment appelle-t-on cette danse chantée déjà? Celle avec des pas de côté et des pas derrière qui veut que l’on recule quand on la « câlle ». Le « Reel du beau parleur », je crois.

    CAQ et PLQ, François Legault et Jean Charest: bonnets blancs et blancs bonnets?!? Ça commence drôlement à se ressembler comme changement, maintenant.

    • Clermont Domingue - Abonné 30 janvier 2019 10 h 32

      On le savait avant l'élection, mais on voulait changer de danseurs. Ce n'est pas demain que nous changerons de danse, car le " câlleur" ( le

      monde de la finance) ne connait qu'un "reel"

    • Gilles Théberge - Abonné 30 janvier 2019 16 h 05

      On avait pourtant le choix d'autres danseurs. Mais la loi de la facilité a jouée à plein.

      Alors donc vous chantiez le changement, le changememnt... Et bien dansez maintenant.

      Et habituez-vous, vous en avez pour quatre ans...

  • Sylvie Latendresse - Inscrit 30 janvier 2019 09 h 40

    Sans toucher aux services... vraiment?

    Il faudrait aller chercher l'argent où il se trouve, dans les juteux contrats informatiques et le recours abusif à des "consultants" grassement payés, par exemple. Diminuer la base opérationnelle est toujours une mauvaise idée et résulte systématiquement en diminution de services.

  • Pierre Beaulieu - Abonné 30 janvier 2019 11 h 30

    Bonnet blanc! Blanc Bonnet!

    Comme les dirigeants de classe aisée se ressemblent! Pourquoi notre premier ministre tient-il se discours à l'effet que ses investissements et ses dépenses devront être contenus dans une équation en équilibre, sans déficit?
    C'est simple à comprendre, les gens fortunés, la plupart du temps, croient que ceux qui ne le sont pas sont des paresseux, des dépensiers, des irresponsables, alors ils ont ce qu'ils méritent lorsque des services leur sont enlevés.
    Ils se disent qu'ils n'auront qu'à travailler plus fort, être plus économes et ainsi ils pourront se payer eux-mêmes les services dont ils ont besoin.
    En plus, dans le cas de M. Legault, comme les Charest et Couillard avant lui, ils ont toujours confondu dépenses et investissements, les intégrant dans la même équation qui doit, au pire, demeurer en équilibre, soit le déficit zéro.
    Il leur semble impossible de comprendre que les investissements, généralement, rapportent dans le futur et donc qu'il est équitable de partager la facture avec les futures générations.
    Les deux postes de déboursés ne devraient pas faire partie de la même équation, donc ils ne devraient pas être financés de la même façon.
    Plus encore, les termes alloués à une dette d'état ne devrait pas recevoir la même considération que celle d'un individu. Dans la cas de l'état, il y a des considérations qui lui son propre comme l'inflation, le pouvoir de taxation, l'accès aux richesses naturelles... alors que l'individu n'a que ses revenus d'emploi destinés à diminuer avec l'äge.
    En fait ce qui compte pour les citoyens, ce n'est pas la richesse en soi, mais la qualité de vie. Le Québec en est encore la preuve dans notre beau Canada, même si le salaire moyen n'est pas le plus élevé, l'obsession de M. Legault.
    Il faut arrêter de s'attaquer à ce modèle économique québécois qui fonctionne. L'un des meilleurs dans le monde, mais fragile. Un autre terme à la Charest et Couillard et ce ne sera plus possible.

  • Gilbert Talbot - Abonné 30 janvier 2019 11 h 49

    Aller chercher l'argent là où il se trouve

    L'argent est dans les banques, dans les comptes d'épargnes des plus riches, pas chez les plus démunis. Les administrations publiques pourtant ne tiennent pas compte de ces inégalités sociales quand vient le temps de rationaliser leur dépenses et là je parle autant du PLQ que du PQ ou de la CAQ. La source de tous les problèmes est là dans cette inégalité de revenus et de services maintenue et accrue d'un gouvernement à l'autre. Pour lutter contre ces inégalités, il faut hausser le revenu minimum, augmenter les services publics, investir dans l'environnement et relever l'impôt des plus riches. Mais la CAQ est un Parti bien trop pépère pour aller dans ce sens là. Et en attendant que la tendance s'inverse, il y aura bien des protestations, des grèves, des organisations populaires qui devront continuer à lutter pour que tout cela change pour de bon, sinon ce sera la révolte sociale, comme en France présentement..