Bérubé nie l’existence d’un débat sur les signes religieux au sein du PQ

Le chef intérimaire du Parti québécois, Pascal Bérubé
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne Le chef intérimaire du Parti québécois, Pascal Bérubé

Le chef intérimaire du Parti québécois, Pascal Bérubé, nie l’existence d’un débat à l’intérieur de sa formation politique sur la portée d’une éventuelle interdiction de port de signes religieux au sein de l’État.

Le deuxième groupe d’opposition devra toutefois affiner sa position en fonction du projet de loi que le gouvernement caquiste soumettra à l’Assemblée nationale, a-t-il convenu. Le PQ pourrait par exemple exiger l’élargissement de l’interdiction du port de signes religieux aux employés des directions d’école. « Il y a des professeurs qui pourraient, par exemple, travailler dans les directions d’école. Est-ce un symbole d’autorité, une direction d’école ? Il y a des chances que oui », a soutenu M. Bérubé tout en disant vouloir clore le débat sur la laïcité de l’État. « Le moment est venu d’adopter une loi qui va permettre en tout cas de régler une bonne partie des questionnements qu’on a », a-t-il mentionné, plus d’une décennie après le dépôt du rapport de la commission Bouchard-Taylor.

Pas de débat pour l’instant

M. Bérubé tenait pour acquise l’adhésion complète des neuf autres députés au programme politique du PQ, qui a été adopté en septembre 2017. Le document faisait l’« unanimité des candidats de la dernière élection », y compris les dix qui ont crié victoire le 1er octobre dernier, a noté M. Bérubé. « On n’a pas à débattre. On a la même position. On ne l’a pas changée. On attend le projet de loi », a-t-il ajouté en marge d’un lac-à-l’épaule de deux jours des dix élus « indépendantistes », « sociaux-démocrates » et « humanistes » dans la région des Laurentides.

Il y a des professeurs qui pourraient, par exemple, travailler dans les directions d’école. Est-ce un symbole d’autorité, une direction d’école? Il y a des chances que oui.

 

Le Devoir et Le Journal de Québec rapportaient mercredi que l’inclusion d’un « droit acquis » ou encore l’interdiction empêchant les éducatrices en garderie ou en CPE d’afficher leurs convictions, y compris religieuses, font débat au sein du parti. « S’il y a des choses à discuter, on en discutera. Pour l’instant, il n’y a rien », a affirmé le président du caucus, Harold Lebel. Le député de Bonaventure, Sylvain Roy, s’est pour sa part refusé à tout commentaire sur le sujet. « Je n’ai pas à me positionner », a-t-il dit.

« Collaborer » et « critiquer »

Le caucus du PQ entreprendra les travaux parlementaires avec le « souci d’améliorer » les projets de loi du gouvernement caquiste, promet M. Bérubé.

Dans cet esprit, le PQ a présenté mercredi trois propositions visant à favoriser la présence des aînés sur le marché du travail, dont une « intéressante » tirée du programme du Parti libéral du Québec. « Ce serait bon pour eux [les aînés]. Bon aussi pour l’économie du Québec. […] Ils veulent participer à l’économie de la région. Actuellement, la fiscalité les empêche de le faire », a fait valoir M. Lebel.

L’élu rimouskois invite notamment l’équipe de François Legault à permettre aux travailleurs de 65 ans et plus de cesser de cotiser au Régime de rentes et d’assurer la représentation des aînés à la Commission des partenaires du marché du travail. « Vous allez trouver cela un peu spécial. On fait une proposition que les libéraux ont faite en campagne électorale, c’est-à-dire de permettre le report de la rente de retraite jusqu’à 75 ans », a-t-il poursuivi, soulignant que le poids démographique des personnes âgées de 65 ans et plus augmente.

Ces trois mesures « vont contribuer à résorber un peu les besoins de main-d’oeuvre », estime le chef intérimaire du PQ. « On a beaucoup parlé d’immigration. On a beaucoup parlé de formation. Il y a une main-d’oeuvre qui est disponible, compétente, motivée et qui a besoin d’un signal », a conclu M. Bérubé.

LE COURRIER DE LA COLLINE

Chaque jeudi, l'équipe du Devoir à Québec résume l'essentiel de la semaine parlementaire. Retrouvez aussi la note de Michel David, notre chroniqueur politique. Inscrivez-vous, c'est gratuit!


En vous inscrivant, vous acceptez de recevoir les communications du Devoir par courriel.