Signes religieux: le «droit acquis» refait surface avant le caucus du PQ

Le chef intérimaire du Parti québécois, Pascal Bérubé, lors d’une rencontre à Montréal en novembre dernier
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne Le chef intérimaire du Parti québécois, Pascal Bérubé, lors d’une rencontre à Montréal en novembre dernier

L’octroi d’un « droit acquis » aux employés de l’État, advenant une obligation de retirer leur signe religieux par le gouvernement caquiste, refait débat au sein du Parti québécois.

Les dix élus du groupe de deuxième opposition à l’Assemblée nationale discuteront cette semaine des conditions de leur appui au projet de loi sur la laïcité de l’État dans les cartons de l’équipe de François Legault. Certains élus appellent à biffer la « clause grand-père » de la liste des demandes du PQ.

En campagne électorale, l’équipe de Jean-François Lisée proposait d’« interdire aux personnes en autorité, aux éducateurs en garderie ou en CPE et aux enseignants des niveaux préscolaire, primaire et secondaire d’afficher leurs convictions, y compris religieuses ». « Un droit acquis s’appliquera », pouvait-on lire dans le programme politique du PQ adopté en congrès au printemps 2018.

Réunis dans un hôtel-spa de Sainte-Agathe-des-Monts, les députés péquistes situeront leur « ligne rouge » dans le sempiternel débat sur le port de signes religieux chez les employés de l’État.

Le PQ choisira avec soin les batailles qu’il mènera contre le gouvernement de François Legault. La laïcité ne doit pas en faire partie, estime plus d’un.

D’autre part, le PQ n’appelle plus à renoncer à l’uniformisation du taux de taxe scolaire promis par la CAQ, qui se traduirait par un manque à gagner de 700, voire 900 millions de dollars par année. Mais il demandera à l’équipe de François Legault de prévoir un mécanisme garantissant non seulement aux propriétaires, mais également aux locataires un répit fiscal. « On a des choses importantes à dire et on va les dire, a prévenu M. Bérubé à deux semaines du retour des députés à l’Assemblée nationale. On ne lâchera pas. »

Le Canada, « trop petit »

Après avoir cherché en vain à établir une seule déclaration de revenus, gérée par Revenu Québec, le premier ministre François Legault « réalise déjà les limites d’une province », estime M. Bérubé. « Le Canada est trop petit pour les ambitions du Québec, a-t-il lancé. « Soit on accepte le Canada, soit on est pour le Québec. »

Le PQ a profité de son lac-à-l’épaule dans les Laurentides — où il s’est fait lessiver lors des élections générales du 1er octobre dernier — pour tenir un « 6 à 8 » à la Brasserie Les 2 Richard. Le resto-bar était bondé en ce « mardi italien » à la sauce PQ.

Le chef intérimaire du PQ, Pascal Bérubé, et le nouveau chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, s’y sont présentés bras dessus, bras dessous sous des applaudissements nourris. « Ça va bien », a répété M. Blanchet devant quelques dizaines de militants. Puis, il leur a confié avoir passé la nuit au domicile du député de Matane-Matapédia il y a quelques semaines. « Même dans les bonnes périodes, Pauline n’a pas dormi chez Gilles. Et Lucien n’a pas dormi chez Jacques », a-t-il ajouté.

Le chef bloquiste a dit avoir reçu un « truck de messages d’insultes » de la part d’anglophones dans la foulée d’une entrevue au réseau de la CBC. « Quand ils ne sont pas contents, on a peut-être des raisons de l’être », a-t-il affirmé.

Le dégel de la relation entre le PQ et le Bloc s’est fait « naturellement » après l’arrivée de l’ex-ministre péquiste à la tête du parti fédéral, explique un stratège péquiste. « Avec Martine, c’était moins évident. »

La suite

La présidente du PQ, Gabrielle Lemieux, et la vice-présidente, Ève-Mary Thaï Thi Lac, ont fait la route jusque dans Les Pays-d’en-Haut pour discuter avec les députés péquistes de façons de « renouveler l’approche du PQ », de « moderniser [ses] structures » et d’être « représentatif de la société québécoise », mais aussi de poser les jalons d’ici aux prochaines élections générales. Le moment de la désignation du prochain chef — avant ou après l’adoption du programme 2022 ? — demeure à déterminer.

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