«Venez au Québec»: François Legault lance un appel aux entrepreneurs français

Après avoir rencontré Emmanuel Macron, François Legault a fait de même avec une trentaine de grandes entreprises.
Photo: Ludovic Marin Archives Agence France-Presse Après avoir rencontré Emmanuel Macron, François Legault a fait de même avec une trentaine de grandes entreprises.

Le premier ministre François Legault a exhorté mardi les entrepreneurs français à « venir au Québec », « porte d’entrée en Amérique du Nord ».

Un jour après l’opération de séduction du président français Emmanuel Macron, baptisée « Choose France » et vantant les mérites de la France auprès de chefs d’entreprises étrangères réunis au château de Versailles près de Paris, c’est dans la très symbolique Bourse de Paris que le numéro un québécois a réuni mardi midi 350 intervenants, dont de nombreux entrepreneurs.

« Je lance l’invitation aux entrepreneuses et entrepreneurs français. Vous voulez investir en maximisant les rendements et en diminuant les risques ? Il y a un nouveau gouvernement québécois prêt à vous accueillir à bras ouverts », a claironné M. Legault, en clôture d’une visite officielle de trois jours à Paris à l’accent économique, avant le Forum économique de Davos en Suisse.

« Nationaliste », mais non indépendantiste, M. Legault se présente comme l’exemple de la coopération « transatlantique », à l’image de la compagnie aérienne québécoise Air Transat, qu’il a fondée avec des associés français.

« Nous pouvons faire de la relation privilégiée » entre Paris et Québec un tremplin pour bâtir un « axe économique Québec-France », qui serait la tête de pont des marchés européen, à Paris, et américain, à Montréal, grâce au Traité de libre-échange nord-américain entre le Canada, les États-Unis et le Mexique.

Répétant son mantra depuis le début de sa visite à Paris, M. Legault a dit vouloir « doubler » les échanges commerciaux entre les deux États, qui ne sont pas à la hauteur de leurs liens d’amitié étroits et de l’attraction que le Québec exerce sur de nombreux Français qui décident de s’y implanter.

Les échanges commerciaux plafonnent à moins de 5 milliards de dollars canadiens, soit moins de la moitié des échanges entre le Québec et le Texas, par exemple.

La menace Trump

Les États-Unis absorbent actuellement 70 % des exportations du Québec ; or « les menaces protectionnistes » accroissent la « nécessité de diversifier nos relations commerciales », a-t-il estimé en référence à la politique du président Donald Trump.

M. Legault a rencontré lors de son déplacement parisien « une trentaine de grandes entreprises », dont le p.-d.g. de L’Oréal, Jean-Paul Agon, et le patron de Fleury-Michon, Régis Lebrun.

Donald Trump et sa politique protectionniste sont « une très belle opportunité pour le Québec pour relancer les échanges avec la France », a confirmé Benjamin Cohen, vice-président de la société française Zalis, qui offre des conseils en stratégie et fusion. « Il y a de plus en plus de Français qui veulent acheter des entreprises au Québec », assure M. Cohen, qui représente Zalis à Montréal.

« Oui, il y a de très grosses opportunités au Québec, en particulier dans la haute technologie et l’intelligence artificielle », a-t-il déclaré à l’AFP.

« L’intelligence artificielle est un domaine particulièrement fécond », a renchéri dans un discours lors du déjeuner le ministre français de l’Action et des Comptes publics Gérald Darmanin, qui a dit croire en « une opportunité formidable d’augmenter encore nos échanges ».

« Montréal est la capitale mondiale de l’intelligence artificielle », assure Emmanuel François, président de SBA, une association française de promotion de la ville Intelligente.

« Il y a à Montréal une compétence, un bon terreau et une volonté. Et ça s’est accéléré avec la fuite des cerveaux due à l’arrivée de Trump », ajoute M. François, qui compte ouvrir une représentation au Québec « cette année ».

Attirés par « la philosophie de travail »

D’autres entrepreneurs, présents au déjeuner de mardi à la Bourse, ont souligné leur attirance pour « la philosophie de travail au Québec », comme le souligne Stéphane Desbat, de l’entreprise Luxendi, distributeur de composants électroniques pour l’éclairage durable.

« C’est plus accueillant. On n’a pas le sentiment d’avoir des tensions sociales. Il y a de vraies opportunités », ajoute M. Desbat, qui élabore un projet d’implantation au Québec.

« Le Québec est la première porte d’accès à l’Amérique. Et au Québec, c’est plus simple. Il y a une approche pragmatique », ajoute Bruno Chiaverini, directeur des relations internationales à la région Auvergne-Rhône-Alpes, dans le centre est de la France, qui compte « une centaine d’entreprises implantées au Québec ».

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