Transports: les ministres s’entendent sur certains points, pas sur d’autres

Les ministres des Transports des provinces, ainsi que le ministre des Transports fédéral, Marc Garneau, étaient réunis lundi.
Photo: Adrian Wyld La Presse canadienne Les ministres des Transports des provinces, ainsi que le ministre des Transports fédéral, Marc Garneau, étaient réunis lundi.

Les ministres des Transports du pays ont reporté, lundi, l’idée d’installer des ceintures de sécurité dans les autobus scolaires et ne sont pas parvenus à s’entendre pour mettre en place une cible pour les véhicules à zéro émission, mais ils ont convenu de mettre en place une norme sur la formation de base offerte aux conducteurs de véhicules commerciaux.

Les ministres des Transports des provinces, ainsi que le ministre des Transports fédéral, Marc Garneau, étaient réunis lundi dans un hôtel du centre-ville de Montréal pour discuter de plusieurs sujets, et la tragédie des Broncos de Humboldt a apparemment pris beaucoup de place dans les discussions. En avril dernier, un camion semi-remorque était entré en collision avec l’autocar de l’équipe de hockey, faisant 16 morts et 13 blessés.

Les ministres se sont donc entendus pour que les conducteurs de véhicules commerciaux suivent une formation de base. Les gouvernements provincial et fédéral élaboreront cette norme de formation d’ici 2020.

Lors de l’annonce, M. Garneau était d’ailleurs aux côtés de Lori Carr, la ministre des Routes et de l’Infrastructure de la Saskatchewan, province où des normes de formation obligatoires seront en place dès le mois de mars.

Le ministre québécois des Transports, François Bonnardel, a souligné que le Québec avait déjà des normes en la matière. « Il y a déjà une formation importante qui est donnée aux camionneurs, a-t-il indiqué. Maintenant, s’il y a un minimum autre de formation qui est demandé, on s’ajustera, on réévaluera. »

Sur d’autres sujets, cependant, il ne semble pas y avoir eu d’avancées concrètes au terme de la rencontre.

Ceintures de sécurité

Concernant l’installation de ceintures de sécurité dans les autobus scolaires, les ministres ont décidé de former un groupe de travail pour mieux étudier cette question, en compagnie notamment des commissions scolaires et des constructeurs d’autobus scolaires.

« Il y a des implications si on rend le port de la ceinture obligatoire, a souligné le ministre Garneau. On reconnaît que ça va augmenter la sécurité, mais on doit aussi savoir quelles sont les implications. »

M. Garneau n’a pas voulu donner d’échéancier précis pour que le groupe de travail remette un rapport, mais il a assuré que ce serait « le plus rapidement possible ».

En juin dernier, le gouvernement fédéral avait annoncé que tous les nouveaux autocars devraient être munis de ceintures de sécurité à compter de septembre 2020, mais cette mesure ne touchait pas les autobus scolaires.

Une étude menée en 2010 par Transports Canada indiquait que les ceintures de sécurité pourraient aider à éviter des blessures lors de capotages et lors d’accidents où une camionnette ou un véhicule de grande taille s’écraserait sur le côté, ou ceux où il y aurait une « élévation verticale importante de l’habitacle de l’occupant ».

Pas d’accord sur les cibles

Quant aux véhicules à émission zéro, le gouvernement fédéral voulait établir des cibles, mais il n’a pas réussi à rallier l’ensemble des provinces. Le ministre québécois des Transports, François Bonnardel, a laissé entendre que ce n’était pas le Québec qui s’était opposé au projet.

« C’est certain qu’il y avait des provinces qui étaient un peu plus sur le frein », a-t-il indiqué en entrevue.

Invité à préciser de quelles régions du pays étaient ces provinces récalcitrantes, M. Bonnardel a dit qu’elles pouvaient être situées « un peu à côté de chez nous, et vers l’ouest ».

Le ministre Garneau n’a pas non plus voulu dévoiler quelles sont ces provinces ni quels étaient leurs motifs.

« C’est pas tout le monde qui était exactement sur la même page, mais pour nous, c’est important au fédéral d’avoir des cibles concrètes et je vais maintenant retourner à Ottawa et nous déciderons au niveau fédéral quelle sera notre prochaine décision, parce que nous voulons bien sûr sortir une stratégie sur les véhicules à zéro émission », a-t-il déclaré.

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