Jean-François Roberge dit vouloir revoir l’encadrement des stages

Le ministre de l’Éducation Jean-François Roberge
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le ministre de l’Éducation Jean-François Roberge

Le ministre de l’Éducation Jean-François Roberge réfléchira dans les prochains mois à la rémunération et l’encadrement des stages, et il n’exclut aucun scénario, sauf celui du statu quo.

« On avance, ce n’est pas pour qu’à la fin, on dise que tout était correct. Il y aura à la fin, dans les scénarios, des reconnaissances, des compensations financières. La nature est à déterminer », a soutenu M. Roberge au cégep régional de Lanaudière, à Terrebonne, après sa rencontre avec les membres de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) et de l’Union étudiante du Québec (UEQ).

À l’automne dernier, des milliers d’étudiants ont fait une grève pour réclamer la rémunération des stages et une meilleure protection des stagiaires. Ils menaçaient de reprendre la rue cet hiver.

M. Roberge, qui s’était dit ouvert à examiner la question à l’époque, s’est entretenu à huis clos avec les associations étudiantes pour annoncer ses intentions samedi matin et les deux parties semblaient assez satisfaites de la rencontre à leur sortie.

Pendant les prochains mois, le ministre a l’intention de consulter les associations étudiantes, les directions d’établissements, les partenaires du marché du travail et les autres ministères concernés pour évaluer les différents scénarios. En avril, il devrait avoir un meilleur portrait de la situation.

M. Roberge estime que cette consultation de plusieurs mois est nécessaire pour prendre la bonne décision et impliquer tous les intervenants concernés.

« Il y a des implications importantes, quand on parle des stages du Québec, on parle de dizaines de milliers de personnes, on ne peut pas régler ça sur un coin de table », a-t-il plaidé.

En ce moment, les stages sont rémunérés dans seulement certains programmes précis. Par exemple, l’ancien gouvernement Couillard avait accepté de rémunérer les étudiants en enseignement pour leur quatrième stage et les étudiants au doctorat en psychologie. Les Comités unitaires sur le travail étudiant (CUTE), qui ont organisé la mobilisation de l’automne dernier, réclament que tous les stages, sans exception, soient payés.

Des mesures concrètes attendues

La FECQ et l’UEQ semblaient encouragés de leur échange avec le ministre Roberge, et elles sont prêtes à attendre encore un peu si cela donne des résultats concrets.

« Ce n’est pas une fin en soi, il va falloir qu’il y ait des résultats probants qui soient mis de l’avant, autant pour payer les stagiaires que pour leur donner des protections minimales qui sont offertes aux travailleurs et aux travailleuses », a souligné Guillaume Lecorps, président de l’Union étudiante du Québec.

« Pour la FECQ, des actions concrètes, ce sont des stages compensés, des stages encadrés par une loi », a renchéri Fred-William Mireault, président de la Fédération étudiante collégiale du Québec.

MM. Lecorps et Mireault s’attendent à voir des résultats dès la présentation du prochain budget.

« Laisser la chance au coureur »

L’encadrement des stages est une revendication de longue date des associations étudiantes, mais ils reconnaissent que le ministre a besoin de temps pour prendre une décision.

« Il faut avoir des données pour bien chiffrer les mesures qui pourront aider de façon optimale les stagiaires, a indiqué M. Lecorps. Ça va être très crucial pour nous d’avoir ces données-là et de rapidement faire le travail. »

La grève n’est toutefois pas exclue si la consultation ne mène pas aux résultats escomptés.

« On va laisser la chance au coureur, on va regarder comment le chantier va évoluer, mais s’il n’y a pas d’actions concrètes qui sont prises avec ce chantier, les membres en jugeront en réévaluant les moyens en conséquence », a conclu M. Mireault.

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