Les libéraux de Charest accusés de protéger ceux d'Ottawa

Québec — La procédure judiciaire exceptionnelle utilisée par le gouvernement Charest pour porter des accusations dans le scandale des commandites vise à «protéger les libéraux d'Ottawa», accuse l'Action démocratique.

La députée adéquiste de Lotbinière, Sylvie Roy, a affirmé hier à l'Assemblée nationale que la manoeuvre du ministre québécois de la Justice dans ce dossier visait à «protéger les amis libéraux d'Ottawa dans le scandale des commandites».

Mme Roy a rappelé que les accusations portées contre deux des présumés responsables du scandale des commandites, Charles Guité et Jean Brault, l'ont été en vertu d'une mise en accusation privilégiée (en anglais: preferred indictment).

«Cette procédure fait en sorte qu'il n'y aura pas d'enquête préliminaire, pas de témoignages devant les tribunaux à brève échéance, et que le procès ne débutera qu'en septembre prochain», a dit la députée Roy. «Le hasard fait bien les choses. Il n'y aura pas d'enquête préliminaire ni de procès pendant que les libéraux fédéraux feront campagne pour se faire réélire», a-t-elle poursuivi. Les élection fédérales sont attendues le 28 juin.

Mme Roy n'y voit qu'une seule explication possible: «On veut protéger nos amis libéraux d'Ottawa. Pendant que les libéraux fédéraux tentent de mettre l'affaire sous le tapis, la succursale libérale de Québec agit de la même façon, pour les mêmes motifs.»

Le ministre de la Justice, Jacques Dupuis, a rejeté ces accusations.

La décision de recourir à une procédure spéciale devant les tribunaux a été prise par un procureur de la Couronne «chevronné et expérimenté», Me Jacques Dagenais, a expliqué le ministre Dupuis. De plus, pour ce faire, il a obtenu l'aval du sous-ministre adjoint de la Justice et du sous-procureur général.

M. Dupuis a dit qu'il n'avait personnellement rien eu à voir avec cette décision et que la procédure choisie est conforme à la loi et à la jurisprudence.

«La décision n'a pas été discutée avec celui qui vous parle. Je n'aurais jamais accepté. Je n'ai pas participé à cette décision en aucune façon», a conclu le ministre libéral et député de Saint-Laurent.