Legault n’exclut aucune évaluation du projet Énergie Saguenay

Le premier ministre François Legault a passé une partie de la matinée vendredi à rencontrer des enfants hospitalisés à l’hôpital Sainte-Justine, à Montréal. Il était notamment accompagné du ministre Lionel Carmant, longtemps médecin dans cette institution. «Le courage des enfants que j’ai rencontrés me va droit au cœur», a-t-il indiqué après sa visite.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le premier ministre François Legault a passé une partie de la matinée vendredi à rencontrer des enfants hospitalisés à l’hôpital Sainte-Justine, à Montréal. Il était notamment accompagné du ministre Lionel Carmant, longtemps médecin dans cette institution. «Le courage des enfants que j’ai rencontrés me va droit au cœur», a-t-il indiqué après sa visite.

Peu importe ce qu’en dit le ministère de l’Environnement, le premier ministre Legault a soutenu vendredi qu’il n’y a « rien d’exclu » en matière d’évaluation environnementale en ce qui concerne le projet Énergie Saguenay.

« Il est trop tôt pour dire quelles seront les évaluations environnementales qui auront lieu » au sujet du projet d’usine de liquéfaction de gaz naturel de l’entreprise GNL Québec, a affirmé François Legault au terme d’une visite de l’hôpital Sainte-Justine. « Il n’y a rien d’exclu pour le moment. »

Interrogé pour savoir s’il souhaite que l’évaluation environnementale provinciale qui sera faite tienne compte des émissions de gaz à effet de serre (GES) associées à l’approvisionnement en gaz naturel — donc des impacts à la source, en Alberta —, M. Legault a répondu « oui ». « Pour l’instant, le projet n’est pas déposé, a-t-il ajouté. Donc, on va attendre qu’il le soit, et on va s’assurer [ensuite] qu’il n’a aucun impact environnemental. »

Contradiction

La position de M. Legault semble contredire celle exprimée vendredi dans Le Devoir par le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques. En réponse à des questions initialement adressées à la ministre MarieChantal Chassé, le ministère soutenait ainsi que GNL Québec ne sera « pas tenu d’évaluer les impacts potentiels associés à la production de gaz naturel [en Alberta], puisque son projet ne comprend pas cette activité ».

Sur la question plus précise des GES, le ministère a indiqué que l’évaluation environnementale pourra tenir compte des émissions à la source seulement si on peut déterminer le type d’extraction utilisé pour le gaz importé — façon traditionnelle ou fracturation hydraulique (gaz de schiste ou gaz de réservoirs étanches).

Or, la distinction pourrait être impossible à faire. GNL Québec a prévu d’alimenter ses installations en connectant, en Ontario, un nouveau gazoduc de 750 km à une conduite appartenant à TransCanada. Celle-ci transporte du gaz en provenance de l’Alberta. Et selon l’Office national de l’énergie, « il n’y a pas de distinction faite entre les méthodes utilisées pour la production » du gaz de cette conduite.

« Personne n’est en mesure de préciser ce point, puisque le système de transport actuel de gaz naturel au Canada est intégré. Les molécules sont mélangées et sont au bout du compte identiques », ajoutait vendredi la vice-présidente aux affaires publiques chez GNL Québec, Marie-Claude Lavigne.

Le projet Énergie Saguenay comprend une usine de liquéfaction de gaz naturel et un terminal maritime d’exportation qui sera situé à Grande-Anse, sur la rivière Saguenay. Ce nouveau complexe exporterait chaque année 11 millions de tonnes de gaz naturel liquéfié.

LE COURRIER DE LA COLLINE

Nouvelle infolettre

Chaque jeudi, l'équipe du Devoir à Québec résume l'essentiel de la semaine parlementaire. Retrouvez aussi la note de Michel David, notre chroniqueur politique. Inscrivez-vous, c'est gratuit!


En vous inscrivant, vous acceptez de recevoir les communications du Devoir par courriel.

Chassé a du « potentiel »

François Legault s’est fait demander vendredi s’il est satisfait de la performance de la ministre Chassé depuis son entrée en fonction, il y a tout juste deux mois. Et selon lui, il faut donner du temps à MarieChantal Chassé.

Mme Chassé a éprouvé certaines difficultés de communication lors de points de presse, notamment lorsqu’elle a eu à expliquer le b.a.-ba du Fonds vert ou la taxe carbone fédérale.

Sans répondre directement à la question posée vendredi, le premier ministre a dit qu’il est « normal que les ministres soient encore en train de s’approprier les dossiers. J’ai confiance que [la ministre Chassé] a le potentiel. C’est une ingénieure qui a eu du succès en affaires et qui comprend bien les enjeux environnementaux, a-t-il affirmé. Donc, j’ai confiance, il faut qu’elle apprenne à ne pas être intimidée par les journalistes. »

De « façon générale », M. Legault se dit « satisfait des ministres. J’ai pris un risque en demandant à mes ministres de venir en Chambre pendant deux semaines, de venir répondre à vos questions [dès la fin de novembre]. J’ai hésité, j’avais pensé à commencer tout ça après Noël.