Maison Boileau: le notaire n’avait pas été suffisamment patriote, selon la ministre David

La maison Boileau à Chambly, récemment rasée par la municipalité
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir La maison Boileau à Chambly, récemment rasée par la municipalité

Dans des documents obtenus en vertu de la Loi sur l’accès à l’information, Le Devoir a appris que la maison du patriote Boileau à Chambly, récemment rasée par la municipalité, avait été jugée par le ministère de la Culture et des Communications « représentative de l’architecture traditionnelle québécoise », du moins selon une lettre de la sous-ministre Marie-Claude Champoux.

Toutefois, selon le ministère, cette demeure ne constituait pas « un exemple remarquable », sans compter que les « travaux majeurs nécessaires pour sa remise en état risquaient de compromettre son intégrité ». En conséquence, le ministère n’avait pas jugé bon d’intervenir « pour sauvegarder cette maison ».

À l’Assemblée nationale, le 20 avril 2016, la ministre avait dans la foulée indiqué qu’on ne pouvait pas protéger toutes les maisons des patriotes de 1837-1838. « Que voulez-vous, dans ce coin-là, il y a 11 maisons de patriotes qui sont classées, il y a quatre églises, il y a une cloche, il y a un calvaire, il y a un manoir, il y a une prison. »

En commission parlementaire, le 21 avril, la ministre laissait entendre que les maisons des patriotes étaient encore très nombreuses : « Vous savez combien il y a de patriotes au Québec, hein ? […] II y en a 5000, patriotes. Alors, quand tu as 5000 patriotes, tu ne peux pas classer 5000 maisons parce qu’il y a eu un patriote dans la maison. »

La maison du notaire René Boileau représentait néanmoins, de son avis, un intérêt patrimonial à l’échelle locale. C’est ce qu’elle indiquait dans une lettre adressée le 29 avril 2016 au maire de Chambly, Denis Lavoie, dont Le Devoir a obtenu copie.

Dans cette lettre, la ministre David affirme que le patriote René Boileau a joué un rôle « dans l’histoire chamblyenne » mais qu’il « ne s’est toutefois pas démarqué de manière significative au sein du mouvement et du parti patriote pour conférer un intérêt national à la maison ».

La ministre y regrette par ailleurs que le maire n’ait « pas retenu l’option qui [lui] a été proposée par [son] Ministère de restaurer la maison Boileau afin d’y installer la bibliothèque municipale ». L’aide du ministère à cette reconversion était acquise pour Chambly, mais Québec insistait pour dire à la municipalité que la préservation du patrimoine dans ce dossier lui revenait.

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