Marwah Rizqy veut un chef du PLQ au service de la «patrie»

Marwah Rizqy dit qu’elle «n’a pas fermé la porte» à l’idée de tenter sa chance lors de la future course à la direction.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Marwah Rizqy dit qu’elle «n’a pas fermé la porte» à l’idée de tenter sa chance lors de la future course à la direction.

Ce n’est pas tant d’un chef jeune que d’un leader capable de « faire passer la patrie avant le parti » dont les libéraux ont besoin, estime la députée Marwah Rizqy. Celle-ci ne réfute pas un certain intérêt pour le poste.

Nouvellement élue à l’Assemblée nationale, Mme Rizqy dit qu’elle « n’a pas fermé la porte » à l’idée de tenter sa chance lors de la future course à la direction. « Mais la course n’est pas déclenchée, rappelle-t-elle. J’entamerai ma réflexion quand ce sera déclenché, et en me demandant si c’est la bonne chose à faire pour le Québec et le parti. »

Dimanche, l’ancien ministre Pierre Moreau a indiqué en entrevue à Radio-Canada qu’il sera « important que le prochain chef puisse incarner cette génération montante, celle des 30-40 ans ». Lui-même a choisi de passer son tour.

Or, les noms qui circulent comme candidats possibles à la succession de Philippe Couillard au Parti libéral du Québec (PLQ) sont tous âgés de moins de 45 ans : Dominique Anglade (44), Mme Rizqy (33), André Fortin (36) ou Sébastien Proulx (43). Seul non-élu associé à ce groupe, Alexandre Taillefer a 46 ans.

Mais pour Marwah Rizqy, l’âge que devrait avoir le prochain chef n’est pas une qualité en soi. « On voudra quelqu’un qui fait passer la patrie avant le parti », dit-elle en évoquant le souvenir de l’ancien premier ministre péquiste Bernard Landry. « Il a toujours eu le désir ardent de servir le Québec », une qualité essentielle à ses yeux.

Surtout, elle estime qu’« avant de parler de qui serait le bon chef, il faut revoir les propositions qu’on veut présenter aux Québécois. On a compris le message du 1er octobre : c’était clair que les Québécois n’étaient pas emballés [par le PLQ]. Ils sont habitués à un parti qui a de l’ambition. »

Le président du PLQ, Antoine Atallah, mène présentement une tournée à travers le Québec pour recueillir l’opinion des militants et tenter de déterminer les causes de la défaite du 1er octobre. « Toutes les pierres seront retournées », a-t-il promis.

Mme Rizqy espère que l’exercice permettra de comprendre « pourquoi autant de libéraux sont restés chez eux » le jour du vote. Des données compilées par Le Devoir en octobre montraient que le vote libéral s’est replié dans des circonscriptions à plus forte composition non francophone, et parmi celles où le taux de participation a été le plus bas.

Jeune

Cela dit, les libéraux devraient-ils suivre la proposition de Pierre Moreau et confier les rênes du parti à une personne qui serait dans la trentaine ou la quarantaine ? Pas nécessairement, répondent deux observateurs.

Chargé de cours à l’UQAM et doctorant en science politique, Félix Mathieu estime que le PLQ doit surtout chercher une « figure rassembleuse pour les différentes générations ». Les problèmes du PLQ sont profonds, dit-il : auprès des jeunes, des francophones ou des électeurs en région, les libéraux ont du chemin à faire un peu partout.

Un air nouveau

Au-delà de l’âge, le « changement viendra de quelqu’un qui, dans sa manière d’être, son attitude, va apporter un air nouveau ». Dit autrement : « Quelqu’unqui n’a pas été là pendant les 15 années » du règne libéral, pense M. Mathieu.

En ce sens, la décision de Pierre Moreau de ne pas se présenter lui apparaît bonne : impossible de marquer la rupture avec les années Charest et Couillard quand on a été un des piliers de ces gouvernements, dit-il.

Félix Mathieu avance que dans ce contexte, Dominique Anglade aurait les atouts nécessaires. « Elle représenterait une nouveauté incontestable au sein de ce parti [Mme Anglade était présidente de la Coalition avenir Québec il y a cinq ans], tout en ayant exercé le pouvoir comme ministre », fait-il valoir.

Le politologue Guy Lachapelle, de l’Université Concordia, estime lui aussi « qu’un chef plus jeune ne serait pas une solution » miracle aux problèmes fondamentaux du PLQ.

« La priorité sera de reconnecter avec leur base francophone, et partout au Québec », relève-t-il. Ça, et « redéfinir leur programme et leur vision du fédéralisme ».

7 commentaires
  • Alain Lavallée - Abonné 18 décembre 2018 06 h 05

    Beau discours racoleur

    Visiblement Mme Rizqy a compris les leçons de la dernière élection et elle suit les conseils avisés des politologues qui recommandent au PLQ de faire en sorte que ""« La priorité sera de reconnecter avec leur base francophone, et partout au Québec »... alors il fait bon de citer Bernard Landry

    • Christiane Gervais - Inscrite 18 décembre 2018 09 h 08

      Tiens, je croyais le mot "patrie" tabou chez ce parti qui divise, depuis des décennies, les citoyens en divers électorats à cibler pour mieux les diviser.

  • Jean-Marc Simard - Abonné 18 décembre 2018 08 h 36

    Le PLQ est-il aveugle ou quoi ?

    Pas possible que les dirigeants du PLQ recherchent encore les raisons de leur défaite, voire de leur débandade aux dernières élections...Sont-ils aveugle ou quoi ? Pour moi leur défaite ne s'explique que par les nombreuses insinuations liées à la corruption, à la collusion et au traffic d'influences...Je l'ai toujours dit que le PLQ se comportait comme un parti infesté par les mafieux...Sous le règne PLQuiste la caisse de dépôt a perdu au-delà de 40 milliards de $; sous leur règne a eu lieu l'une des plus imposantes commission d'enquête sur la corruption, la collusion impliquant des membres du PLQ sans que ceux-ci soient condamnés ou incriminés, et pourtant le peuple sait qu.ils sont coupables; sous leur règne a eu lieu de nombreuses transactions immobiliaires douteuses mettant en cause des immeubles appartenant à l'État, qui,semble-t-il, aurait enrichi certains hauts placés PLQuistes; sous le règne PLQuiste le Québec est devenu une simple succursale du gouvernement d'Ottawa et a perdu davantage ses élans autonomistes; sous leur règne les nombreux problèmes liés à la santé, à l'éducation et à la prospérité du Québec n'ont jamais été réglé et se sont même envenimés; sous leur règne l'État du Québec a reculé au lieu de prospérer, et j'en passe...Le problème du PLQ est qu'ils ont gouvernés qu'en fonction des ptits amis et non en fontion des besoins du peuple québécois...Et leur problème actuel est qu'ils sont incapables de s'en rendre compte...Le PLQ a un sérieux examen de conscience à faire et des corrections à apporter avant d'être capable de gouverner le Québec de nouveau...C'est leur mentalité de mafiosis qu'il faut changer et leur parti pris idéologique en faveur du néo-libéralisme...IL serait temps que les membres PLQuistes se réveillent enfin...

    • Pierre Raymond - Abonné 18 décembre 2018 22 h 21

      « IL serait temps que les membres PLQuistes se réveillent enfin... » J-M Simard

      Monsieur Simard, les simples membres au PLQ n'ont jamais eu droit au chapître et à la veille de la dernière élection, le grand Parti Libéral du Québec avait moins de membres que les trois autres partis réunis i.e. 29 00 membres alors que le PQ avec sa cuisante défaite compte encore 81 000 membres !!!

      Quand vous parlez de réveil... à qui référez-vous ?

  • Cédric Gagnon-Ducharme - Abonné 18 décembre 2018 15 h 43

    Le changement sera la nouveauté !

    Merci à ce chargé de cours à l’UQAM et doctorant en science politique, Félix Mathieu, qui, de son analyse fort étoffée, nous enseigne que le changement viendra du nouveau ! Merci aussi au Devoir d'ainsi m'éclairer sur la politique en projetant de la lumière sur celle-ci !!

  • Gilles Bonin - Abonné 18 décembre 2018 18 h 23

    Oh! là, là

    Ce que le PLQ ne dira pas ou ne fera pas semblant de faire pour reprendre du poil de la bête (ici le vise le mouton tout frisé de nos anciens défilés de la Saint-Jean...)

  • Michel Bibeau - Abonné 19 décembre 2018 21 h 57

    Patrie

    Dans le titre, pourquoi le mot «patrie» est-il entre guillemets? Serait-ce qu'il prend un sens mystérieux quand on l'associe au PLQ ? Auquel cas, j'aimerais bien des précisions...