Biométhanisation: Québec garde le cap malgré tout

Malgré la présence d’un généreux programme de subventions, seulement 4 villes ont construit ces dernières années de telles usines: Montréal, Varennes, St-Hyacinthe (sur la photo) et Rivière-du-Loup.
Photo: Brigitte Masse Ville de Saint-Hyacinthe Malgré la présence d’un généreux programme de subventions, seulement 4 villes ont construit ces dernières années de telles usines: Montréal, Varennes, St-Hyacinthe (sur la photo) et Rivière-du-Loup.

Les ratés des centres de biométhanisation dans la région de Montréal ne découragent pas la ville de Québec d’aller de l’avant avec son propre projet pour lequel plus de 100 millions $ viennent d’être réservés pour les trois prochaines années.

105 millions de dollars ont été prévus pour ce projet dans le plan triennal d’immobilisations présenté cette semaine. À Québec, il s’agit du projet à mobiliser le plus de fonds après le transport en commun et le tramway.

Or les mauvaises nouvelles se succèdent pour les centres de biométhanisation au Québec. À Montréal, on a appris cette semaine que le projet avait coûté deux fois plus cher que prévu et la Presse a révélé, la semaine dernière, que Longueuil envisageait sérieusement de larguer le sien.

Malgré la présence d’un généreux programme de subventions, seulement 4 villes ont construit ces dernières années de telles usines : Montréal, Varennes, St-Hyacinthe et Rivière-du-Loup. Cette dernière a par ailleurs connu son lot de difficultés puisque les revenus qu’elle prévoyait récolter en vendant le gaz naturel qu’elle allait produire ne se sont pas concrétisés.

Mais la ville de Québec est confiante. « On est à l’intérieur de nos coûts », a expliqué la membre du comité exécutif responsable du dossier, Suzanne Verreault. « On a plus du tiers des contrats qui sont adjugés et on est 1 % en bas de nos prévisions. »

Mme Verreault avait d’ailleurs convié les médias à une présentation technique sur le projet mercredi afin de dissiper les inquiétudes de citoyens suscitées « par les histoires dans la région de Montréal ».

Le modèle de l’amphithéâtre

La biométhanisation permet de transformer les déchets organiques en biogaz. L’usine que projette de construire la Ville doit être construite près des terrains du port de l’incinérateur dans le quartier Limoilou.

Une fois collectées, les matières organiques transiteront d’abord par un centre construit à côté de l’incinérateur où elles seront triées.

Pourquoi ce serait différent à Québec de Montréal ? « On a pris le modèle de l’amphithéâtre par lots ce qui veut dire qu’on n’a pas laissé à un seul entrepreneur toute la gestion des appels d’offre et des fournitures », répond la conseillère.

L’endroit choisi va aussi faire la différence, selon elle. « On va construire notre usine tout près de l’usine des eaux usées alors les boues vont arriver directement au Centre de biométhanisation. »

Or à Québec, comme à Montréal, le projet a été maintes fois retardé. Présenté pour la première fois en 2011, il a été mis sur la glace pendant plusieurs années et devrait finalement être opérationnel en 2022. Si les coûts dépassent les prévisions, ce sera à cause de l’inflation due aux délais, indique toutefois la conseillère Verreault.

Quant à savoir si Québec, comme Rivière-du-Loup pourrait avoir de la difficulté à vendre le biogaz produit par le centre, Mme Verreault souligne que les deux projets sont différents car Rivière-du-Loup voulait produire du « gaz liquéfié » alors que Québec comptait générer du gaz compressé.

Contrairement à la plupart des municipalités, Québec brûle ses déchets au lieu de les enfouir. L’administration municipale estime que l’arrivée de l’usine de biométhanisation va permettre de réduire de 18 % le temps dédié à la destruction des matières.