Les finances de l'ADQ sont encore plus mal en point que prévu

Les problèmes financiers appréhendés par l'Action démocratique du Québec (ADQ) au lendemain de la débâcle électorale d'il y a un an ont doublé. Les états financiers pour l'année 2003, déposés auprès du Directeur général des élections, révèlent que l'ADQ est aux prises avec une dette de 1,5 million de dollars.

Les associations adéquistes des 125 circonscriptions ont accumulé une dette de 750 000 $, ce qui s'additionne à la perte de 658 000 $ sur le plan national, pour un total de 1 318 792 $. S'ajoute à cette somme un emprunt de 250 000 $. Dans les semaines ayant suivi l'élection du 14 avril 2003, l'ADQ prévoyait un déficit d'environ 800 000 $.

«C'est largement dû au fait que, dans 52 comtés, on n'a pas atteint 15 % des suffrages pour obtenir un remboursement. Les électeurs nous ont laissés tomber et ça représente plusieurs centaines de milliers de dollars», a affirmé au Devoir le chef adéquiste, Mario Dumont.

Selon ce dernier, cette situation n'a rien d'irrégulier après la tenue d'une élection. Son parti se donne deux ans pour effacer cette dette, qui n'entache pas son dynamisme, a fait valoir M. Dumont.

Ainsi, les troupes se préparent à la tenue, à l'automne, du congrès qui soulignera les dix ans d'existence de l'ADQ. À l'origine, le congrès devait se tenir ce printemps, mais le déclenchement probable d'un scrutin fédéral a amené les dirigeants adéquistes à le déplacer à l'automne.

Chose certaine, l'ADQ n'est pas la seule formation politique qui connaît des problèmes financiers. Du côté du Parti québécois, la dette atteint 647 285 $. «La dette est plus élevée que prévu de 150 000 $, en raison de la publicité lors de la campagne électorale. Mais ça ne fait pas peur; notre campagne de financement va très bien», a affirmé hier Pierre Châteauvert, directeur général du PQ.

Lors du conseil national de février dernier, le PQ avait prévu un déficit accumulé de 500 000 $. On estimait que la situation financière était un boulet, dans un contexte politique pourtant favorable au PQ. Les militants s'étaient donc laissés convaincre d'adopter une nouvelle formule de partage des revenus pour éponger cette dette. Selon M. Châteauvert, la formule fonctionne bien.

«On n'a jamais vu ça. L'accueil sur le terrain va très bien. Le mot d'ordre à tout le monde, c'est "payons nos dettes et mettons de l'argent de côté pour le congrès"», a précisé le directeur général du PQ. Le PQ a prévu la tenue d'un congrès au printemps 2005, qui viendra conclure le cycle de débats internes sur les statuts, le programme et l'option du parti, appelé la «saison des idées».

Le Parti québécois est le seul des trois plus importants partis à avoir fini l'année 2003 avec un petit excédent dans ses coffres, soit 44 870 $. Au 31 décembre 2003, l'ADQ avait une encaisse négative de 37 447 $ et le Parti libéral du Québec était dans une situation similaire avec un manque de liquidités de 41 361$.

Mais, chez les libéraux, on soulignait hier que le PLQ a réussi une campagne de financement totalisant 8,4 millions, amassés au cours de 175 événements. «Je suis très content des résultats. On a géré une campagne électorale en début d'année et on a été très efficace pour la campagne de financement», a souligné le directeur général du PLQ, Robert Parent.