«Beaucoup de promesses, peu de mesures concrètes»

Les oppositions libérale, péquiste et solidaire ont jugé que le discours du premier ministre Legault manquait de détails.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Les oppositions libérale, péquiste et solidaire ont jugé que le discours du premier ministre Legault manquait de détails.

François Legault n’a pas impressionné les partis d’opposition avec son discours d’ouverture. Celui-ci manquait cruellement de détails, selon les libéraux, les péquistes et les solidaires.

« Ça fait déjà deux mois que ce gouvernement-là est en poste, a commenté le chef intérimaire du Parti libéral, Pierre Arcand. On n’a pas entendu beaucoup d’avancées aujourd’hui de la part du premier ministre. »

M. Arcand parle d’un « discours qui est sans vision cohérente. Et on voit encore une fois que les sondeurs de la Coalition avenir Québec ont probablement préparé une grande partie de ce discours. »

Qualifiant le tout de « bel exercice de relations publiques », Pierre Arcand estime que c’était un discours avec « beaucoup de promesses, peu de mesures concrètes ». Il a détaillé : manque de contenu en éducation, en matière de changements climatiques (« clairement, le premier ministre essaie de gagner du temps »), beaucoup de mesures prévues sur un horizon très lointain, sans compter les oubliés (municipalités, agriculture, foresterie, temps d’attente dans les urgences…).

Le chef intérimaire du Parti québécois, Pascal Bérubé, a pour sa part relevé que « le premier ministre parle d’audace », avant de souligner que « son discours était surtout l’audace de ne rien dire ».

« On espérait avoir les détails sur le plan de la CAQ, mais on a eu une répétition d’énoncés d’intention vagues », a-t-il dit. « Je pense que les Québécois s’attendent à davantage de détails que : « On va être à l’écoute et on va aider les familles. » Les Québécois veulent du concret. Le premier ministre reste vague et flou. »

M. Bérubé a notamment dénoncé le manque d’attention porté aux thèmes de la culture (« tout ce que le premier ministre dit, c’est : « C’est important. » Aucun détail. ») et de l’environnement. « Ce n’est pas une priorité » pour François Legault, a-t-il soutenu en rappelant que « la section de son discours sur le troisième lien est aussi longue que celle sur l’environnement ».

Manon Massé, chef parlementaire de Québec solidaire, a quant à elle comparé le discours à « une belle tarte aux pommes. Tu sais, c’est beau, ça sent bon, mais on va en avoir pour quatre ans ».

Invitée à préciser si cela veut dire qu’elle a trouvé le discours bon ou mauvais, Mme Massé a précisé que son « image de la tarte aux pommes n’est peut-être pas 10 sur 10. Mais ce que je veux dire, c’est : Quand on entend des paroles, puis que ça sent bon, bien, il faut attendre d’y goûter pour voir si ça va être bon. »

Elle a dénoncé l’absence du thème de la lutte à la pauvreté, et n’a pas été convaincue par les paragraphes consacrés à l’environnement. « Je n’en reviens même pas que le premier ministre n’a pas cru bon d’inclure comme priorité la question de la lutte aux changements climatiques », a-t-elle dit. M. Legault a identifié trois grandes priorités dans son discours : l’éducation, l’économie et la santé.

Mme Massé a quand même salué l’engagement renouvelé de réformer le mode de scrutin (moins affirmatif qu’en campagne électorale, mais néanmoins présent), de même que le retour du tarif unique dans les CPE. « Mais j’ai hâte d’entendre ça va être combien, a-t-elle prévenu. C’est sûr que s’il est à 10 $, 15 $, on ne sera pas contents… ».