Merci pour tout, Monsieur le Premier Ministre

Lors d’une conférence de presse, aux côtés de Maxime Laporte (à droite), président de la SSJB, en 2014
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Lors d’une conférence de presse, aux côtés de Maxime Laporte (à droite), président de la SSJB, en 2014

Le grand patriote de Verchères, M. le premier ministre Bernard Landry, nous a quittés. C’est ainsi qu’une page de l’histoire récente du Québec se tourne. J’ai perdu un mentor, un maître à penser, un modèle et un guide.

Je l’ai bien connu au début des années 2000, pendant son mandat de premier ministre. J’étais alors président du comité national des jeunes du Parti québécois. Sa seule présence m’impressionnait. Ses connaissances, son expérience et sa culture m’intimidaient. Mais le savoir de mon côté me donnait de la force.

M. Landry m’a enseigné une foule de choses. Sur la politique, bien sûr, mais également sur l’être humain, sur la vie. Entre autres, il m’a appris qu’il n’y avait pas de geste plus fort ni de plus noble que celui qu’on fait pour sa patrie. Je me le rappelle tous les jours.

Il m’a aussi montré par l’exemple qu’on ne peut s’élever qu’en favorisant l’épanouissement de celles et de ceux qui nous sont chers. C’est pour les Québécois que M. Landry se levait avec enthousiasme chaque matin et qu’il s’affairait à transformer le monde. […]

Il croyait profondément aux régions, à leur potentiel de développement et à l’importance de leur contribution. Il connaissait la valeur de l’effort et faisait confiance aux entrepreneurs, comme aux travailleurs, pour tracer des voies d’avenir. En économie et dans les autres domaines, la vision de Bernard Landry était globale, mais il n’a jamais perdu de vue que chaque pas en avant est inévitablement le fruit d’une seule personne. […]

Bien sûr, il y a aussi Bernard Landry, le grand patriote. Celui qui a consacré sa vie, ses énergies et ses talents à promouvoir le Québec sur toutes les tribunes possibles. Il s’est totalement consacré à ce Québec qu’il aimait tant. Il souhaitait plus que tout en faire un pays fier, fort et francophone. En faire un État comme les autres. Un État souverain, qui dispose de tous ses pouvoirs, mais qui est aussi entièrement responsable de ses décisions. […]

Immédiatement après ma nomination comme chef parlementaire du Parti québécois, je me suis rendu auprès de M. Landry. Il aura été disponible pour nous, pour ses amis, jusqu’à la fin. C’est admirable, et très représentatif de l’homme généreux, loyal et plein de considération qu’il était.

Monsieur Landry, je vais suivre vos conseils. Je m’efforcerai de vous rendre fier. Comme vous l’avez fait, je tâcherai, chaque jour, de convaincre davantage de personnes de joindre nos rangs. Je suivrai votre exemple de loyauté et d’abnégation. Jamais je ne me laisserai distraire. Même s’il y a des embûches, même si on doit affronter un vent de face. J’ai la foi. Vous me l’avez transmise, Monsieur Landry.

Grâce à vous, je sais que les convictions n’ont de valeur que si elles sont accompagnées d’honnêteté, de sincérité. J’avais cette notion en tête lorsque j’ai prêté serment le 19 octobre dernier. Toujours, je serai fidèle et loyal au peuple du Québec.

Je pèse bien le sens de ces mots. Comme vous l’avez fait, toute votre vie.

Merci pour tout, Monsieur le Premier Ministre.