Legault promet de tout faire pour minimiser les pertes d’emplois

François Legault
Photo: Ryan Remiorz Archives La Presse canadienne François Legault

Le premier ministre François Legault, a promis jeudi de « mettr[e] tout en œuvre pour minimiser le nombre de pertes d’emplois » chez Bombardier et « pour aider les employés touchés à trouver un nouvel emploi ». « C’est une journée triste », a convenu l’homme politique, qui avait fait de la création d’« emplois bien rémunérés » le thème de sa campagne électorale.

Le ministre de l’Économie et de l’Innovation, Pierre Fitzgibbon, s’est pour sa part engagé à élaborer un « plan de remédiation », dont il discutera le déploiement avec des acteurs clés de la grappe aérospatiale du Québec lundi prochain. « Pour rassurer les travailleurs, j’aimerais leur dire que l’industrie de l’aérospatiale est solide, est en santé. Votre gouvernement est là pour [notamment] remplacer les emplois perdus. […] On va travailler très fort pour qu’il y ait zéro impact », a-t-il déclaré à Montréal, jeudi.

M. Fitzgibbon s’est dit désolé d’apprendre de la part de patrons de Bombardier ― qui lui ont fait « un appel de courtoisie » mercredi après la fermeture des marchés ― des mises à pied qui frapperont « de plein fouet 2500 travailleurs et leur famille » au cours des prochains mois. Il s’est cependant abstenu d’accabler la direction de la multinationale spécialisée dans la construction de matériels de transports. « Je ne veux pas faire le procès de Bombardier. […] Mon travail n’est pas de questionner la stratégie de Bombardier [qui est] une compagnie en restructuration depuis plusieurs années. Mon travail, encore une fois, c’est de m’assurer que l’industrie va bien aller et que nous mettons en œuvre, au gouvernement, les initiatives pour bien performer… et on va le faire », a affirmé l’élu caquiste. « Bombardier est un joueur important, mais n’est pas le seul joueur », a-t-il précisé.

Le ministre s’est montré tout à fait disposé à appuyer financièrement de nouveaux projets de joueurs de l’industrie aérospatiale. « Le gouvernement, nous existons pour pouvoir, de façon proactive, prendre des grappes industrielles pour les soutenir », a soutenu M. Fitzgibbon.

Expertise

La porte-parole de l’opposition officielle en matière d’économie, Dominique Anglade, s’est dite préoccupée par la sauvegarde de l’expertise développée par les travailleurs de l’industrie aérospatiale visés par l’annonce de l’état-major de Bombardier. « Il va falloir qu’on soit capable de maintenir cette expertise-là au Québec. De quelles manières ? C’est ça qu’il faut regarder présentement. Il faut être extrêmement proactifs », a-t-elle fait valoir lors d’un impromptu de presse sur la colline Parlementaire, jeudi. « Le gouvernement fédéral a un rôle énorme à jouer là-dedans également. »

L’ex-ministre de l’Économie a rappelé que les emplois liés à la fabrication des appareils de la C Series ― désormais connus sous l’appellation Airbus A220 ― sont quant à eux saufs jusqu’en 2041, en vertu d’une entente commerciale controversée conclue par le précédent gouvernement libéral.

Le chef du Parti québécois, Pascal Bérubé, a demandé aux hauts dirigeants de Bombardier de renoncer aux majorations salariales qu’ils se sont consenties au fil des derniers mois. « Il y a plus qu’un symbole. Il y a une question de dignité et il y a une question de respect des citoyens qui, par leurs taxes et leurs impôts contribuent massivement [à la survie du fleuron québécois] », a-t-il affirmé, avant d’appeler le gouvernement caquiste à « limiter la gloutonnerie des hauts dirigeants qui bénéficient d’aide substantielle de l’État ».

« De toute évidence, la direction de Bombardier, ça ne les dérange pas de s’en mettre plein les poches en s’abreuvant avec des fonds publics, pendant que, de l’autre main, ils mettent à pied des milliers de Québécois et Québécoises, à la veille de Noël en plus », s’est aussi désolé le co-porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois.

De son côté, M. Fitzgibbon a dit ne « pas [avoir] de commentaires à poser sur la gouvernance de Bombardier ». « Mais, je comprends la frustration que les employés peuvent avoir », a-t-il lancé.