François Legault n’ira pas à la prochaine conférence de l’ONU sur le climat

Au cours des derniers jours, la pression s’était accentuée sur François Legault afin qu’il participe à la COP24.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Au cours des derniers jours, la pression s’était accentuée sur François Legault afin qu’il participe à la COP24.

Le nouveau premier ministre François Legault n’assistera pas à la Conférence des parties à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (COP24).

Le chef de la Coalition avenir Québec y voit un événement trop « technique sur le plan des rencontres et des mesures qui doivent faire l’objet d’un suivi », a justifié lundi une source gouvernementale.

Le Québec sera néanmoins représenté à l’événement, qui doit avoir lieu du 3 au 14 décembre à Katowice, en Pologne. La nouvelle ministre de l’Environnement, MarieChantal Chassé, y sera envoyée.

« C’est un événement important », a insisté une source caquiste. « On a un intérêt évident. C’est normal qu’on y participe et on veut y participer. Mais est-ce que c’est nécessaire qu’un chef d’État y assiste ? On a jugé que non », a ajouté cette personne.

Jusqu’ici, le gouvernement fédéral a opté pour la même approche que celle du Québec. Ottawa a choisi d’envoyer sa ministre de l’Environnement, Catherine McKenna, à la conférence, mais n’a toujours pas confirmé la présence du premier ministre, Justin Trudeau.

Des convictions remises en doute

Au cours des derniers jours, la pression s’était accentuée sur François Legault afin qu’il participe à la COP24.

Lundi, les adversaires politiques du premier ministre ont tôt fait de lui rappeler la « sincère préoccupation pour les défis environnementaux » qu’il a pris soin d’évoquer lors du dévoilement de son conseil des ministres, le 18 octobre. « François Legault dit qu’il accorde de l’importance à l’environnement. À la première occasion de le prouver, il démontre tout le contraire. Son refus de participer à la COP24 atteste clairement de son désintérêt pour la lutte contre les changements climatiques », a écrit sur Twitter la critique libérale en environnement, Marie Montpetit.

L’an dernier, Philippe Couillard ne s’est pas rendu à la COP23. Il a préféré y envoyer sa ministre de l’Environnement, Isabelle Melançon. L’ex-premier ministre n’a cependant pas boudé l’événement tous les ans. C’est notamment en marge de cette conférence qu’il a annoncé en 2015 la fin du projet d’exploration pétrolière sur l’île d’Anticosti.

Les porte-parole péquiste et solidaire en matière d’environnement ont eux aussi soulevé des doutes sur les préoccupations du premier ministre au sujet de l’environnement.

« François Legault rate l’occasion de mettre en pratique ce qu’il a annoncé à l’assermentation. […] Il se défile. Il préfère laisser cela à la ministre. Pas rassurant ! » a réagi Sylvain Gaudreault.

« M. Legault a manqué une bonne occasion d’envoyer un message encourageant sur sa soi-disant récente préoccupation pour les changements climatiques. Il doit maintenant présenter son propre plan en matière de diminution des GES, et ce, rapidement », a ajouté Ruba Ghazal.