Eric Girard, le climat et l’accent

Le député Eric Girard n’en est pas à ses premiers pas en politique. Il n’avait que 28 ans lorsqu’il s’est fait élire comme conseiller municipal à Saint-Nazaire.
Photo: Francis Vachon Le Devoir Le député Eric Girard n’en est pas à ses premiers pas en politique. Il n’avait que 28 ans lorsqu’il s’est fait élire comme conseiller municipal à Saint-Nazaire.

Qui sont les 67 recrues de l’Assemblée nationale ? Comment vivent-elles leurs premiers pas en politique ? Quatrième portrait d’une série de huit sur quelques-uns des nouveaux visages du Parlement.

Cinq semaines après les déclarations qui ont embarrassé son parti sur le réchauffement climatique, le député caquiste de Lac-Saint-Jean, Eric Girard, répète qu’il n’est pas climatosceptique et que sa production agricole biologique témoigne de son attachement à l’environnement.

En entrevue avec le HuffPost Québec pendant la campagne, l’agriculteur du Lac-Saint-Jean avait notamment affirmé que le climat était « une science difficile à évaluer ». « On se base sur quoi ? » avait-il lâché, en se demandant si on est « certains à 100 % » que le réchauffement climatique des dernières années ne fait pas partie d’un cycle de températures normal.

Questionné à ce sujet lors d’une rencontre au parlement, le nouveau député s’est dit « content » de pouvoir s’expliquer. « Je suis très conscient des changements climatiques et c’est très important pour moi comme agriculteur. La météo, je la vis tous les jours et ma conjointe a une technique en protection de l’environnement. »

M. Girard et sa conjointe sont copropriétaires d’une entreprise agricole de production bovine et de céréales biologiques. Le député présente d’ailleurs son recours au bio comme une preuve de plus de son souci de l’environnement.

A-t-il changé d’avis depuis ? S’est-il mal exprimé ? La réponse du député n’est pas limpide mais, chose certaine, s’il a déjà eu des doutes sur la question, il n’en affiche plus désormais. « Je vous dis que les changements climatiques, j’y crois, et que, oui, on est en partie en cause [dans] ces changements-là. »

Dans le feu de l’action

Contrairement à plusieurs nouveaux députés, Eric Girard n’en est pas à ses premiers pas en politique. Il n’avait que 28 ans lorsqu’il s’est fait élire comme conseiller municipal à Saint-Nazaire. Quatre ans plus tard, il était élu maire.

Il n’en était pas à ses premiers pas à l’Assemblée nationale non plus ces derniers jours. Il se rappelle notamment avoir accompagné un citoyen de Saint-Nazaire honoré comme bénévole de l’année alors qu’il était maire.

Quand même, ce n’est pas la même chose d’être un élu, convient-il. « Quand on entre au Parlement, c’est plus grand que nous », dit-il. On comprend aussi qu’il a hâte de prendre part à la joute parlementaire. « J’ai hâte de commencer la session. Je vais être dans le feu de l’action. Il y a la télé, mais maintenant, c’est moi qui suis dans le feu de l’action. »

De nouveau, contrairement à d’autres, Eric Girard n’en était pas cet automne à sa première tentative pour devenir député, puisqu’il était candidat de l’Action démocratique du Québec (ADQ) dans la même circonscription en 2007. « Ça m’a donné une super expérience qui m’a aidé beaucoup cette fois-ci », observe-t-il.

D’autant plus qu’à l’époque, la bataille dans Lac-Saint-Jean avait été l’une des plus captivantes de la campagne, avec dans l’arène Alexandre Cloutier pour le Parti québécois et Yves Bolduc pour le Parti libéral. Dans les circonstances, Eric Girard avait jugé en 2007 qu’il s’en était bien tiré avec les 21 % de suffrages récoltés.

Ses modèles politiques

Mais lorsqu’on lui demande qui sont ses « modèles » en politique, il ne parle pas de Mario Dumont, mais de Lucien Bouchard. Son « premier contact » avec la politique, il l’a vécu avec lui. Alors dans la jeune vingtaine, il reçoit un appel téléphonique de son grand-père qui habite à côté. « Il me dit : “Eric, viens me trouver, il y a quelqu’un dans la maison.” Alors, je vais le trouver. »

Le « quelqu’un, c’était Bouchard, alors en campagne électorale, probablement pour le Bloc québécois, en 1993 [il n’est pas certain de la date] ».

« J’avais été très impressionné, là. Lucien Bouchard avec mon grand-père… qui discutaient. Ça m’avait donné le goût. Il avait beaucoup de charisme. C’était quelqu’un de très connaissant. Tu sentais qu’il était proche de nous. »

On connaît désormais la suite. Quant à savoir comment il compose avec la présence d’un autre Éric Girard au sein de la députation (le député de Groulx et nouveau ministre des Finances), celui qu’on appelle « Eric du Lac » rétorque que lui porte son prénom sans accent… aigu.

Mais, reconnaît-il en riant, si on se fie à son autre accent — celui du Lac —, on ne risque pas de le confondre avec son collègue !

En cinq points

Âge : 48 ans

Ville natale : Labrecque

Profession : producteur agricole

Modèle : Lucien Bouchard

Dossiers clés : restent à définir

 
Les portraits des nouveaux élus reflètent la représentation des députés de chaque parti à l’Assemblée nationale en excluant les membres du Conseil des ministres.

LE COURRIER DE LA COLLINE

Nouvelle infolettre

Chaque jeudi, l'équipe du Devoir à Québec résume l'essentiel de la semaine parlementaire. Retrouvez aussi la note de Michel David, notre chroniqueur politique. Inscrivez-vous, c'est gratuit!


En vous inscrivant, vous acceptez de recevoir les communications du Devoir par courriel.